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Pensée...


"Mort aux vaches,
vive l'anarchie"
(G. Brassens)

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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 07:26

 

Bavard comme je suis, je ne peux m’empêcher de proposer quelques remarques personnelles sur « #Merci Brassens », émission à laquelle je me suis référé dans le billet précédent concernant d’éventuels regrets sur la non candidature de M. Hollande aux présidentielles (http://le-bosse-fort.over-blog.com/2017/02/m.hollande-j-en-suis-a-me-demander-si-nous-n-allons-pas-finir-par-vous-regretter.html), l’émission en question étant actuellement en ‘replay’ sur http://pluzz.francetv.fr/videos/merci_brassens_,153664205.html et probablement sur d’autres sites.

 

Il est toujours sympa de réaliser des émissions en hommage à Brassens mais, à mon sens, nombre de chanteurs qui y participent, tant pour cette réalisation que pour d’autres qui l’ont précédée, font tout à la fois dans le super gentil par leur présence (…à risques !) et le giga massacre par leur prestation (d’où le risque lié à leur présence :D) - (1)

 

Nous en avons eu un bel exemple avec La chanson pour l’Auvergnat et Les passantes, totalement saccagées par Slimane qui, pourtant, était là avec une bonne volonté évidente. Peut-être aurait-il mieux fait de gazouiller qu’il n’avait jamais ôté son chapeau devant personne… au moins, il aurait donné une touche d’humour à cette espèce de galurin qu’il se croit obligé de visser sur l’arrière de son crane. Cela dit, c’est ici un avis très personnel puisque Hugues Aufray le félicite pour sa version de La chanson pour l’Auvergnat et lui déclare même que « c’était exactement ce qu’il fallait faire » (mn. 34.20) –(2)… Formule de politesse ?... Ma foi, c’est comme chacun le sent.

 

En tant que simple auditeur j’ai observé maintes fois, du fait de mes oreilles en état de grande souffrance, combien il est difficile de reprendre les chansons d’un autre. Et c’est sans doute particulièrement vrai pour celles de Tonton Georges. Cela provient sans doute en grande partie de la personnalité très particulière de l’auteur-compositeur lequel, sur scène, n’avait d’autre gestuelle que ses sourires complices, voire ses rires, ses yeux amusés, moqueurs ou tristes étant donné que ses bras et l’une de ses jambes, l’autre assurant l’équilibre, étaient occupés par sa guitare. De ce fait, lorsque Serge Lama entreprend des reprises avec force gestes et une diction terriblement accentuée, comme s’il jouait un pièce de théâtre, il donne son interprétation personnelle, ce qui est certes tout à fait son droit, mais à mon sens, il trahit celui auquel il entend rendre hommage. Et je passe sur Catherine Ringer qui bat le rythme avec son corps ou ses mains et donne un peu le sentiment de faire des exercices de gym, mais pas de chanter du Brassens… ou alors, elle en fait également un exercice très personnel et dans ce cas, est-il nécessaire de l’imposer à des milliers de téléspectateurs, car je ne pense pas avoir été le seul à ‘souffrir’ :D ?

 

Heureusement, comme je l’ai dit déjà (voir le billet précédent sur mes possibles regrets exprimés à M. Hollande), j’avais enregistré l’émission et j’ai pu jouer de la touche ‘Avance’ pour mettre fin à ce qui, bien franchement, et désolé pour les chanteurs concernés, attristait mes oreilles et mes yeux, nonobstant l’idée que, en simple et modeste ‘grattouilleur’ de guitare amateur, je peux me faire d’une reprise de Brassens.

 

Par ailleurs, Brassens expliquait lui-même « je fais en sorte que la musique souligne mes paroles mais sans trop prendre le pas sur elles. […] Je m’arrange pour que l’on ait l’impression que la musique n’existe pas. Je fais un peu comme sur une scène de film, il faut que le public l’entende, cette musique, mais qu’il ne soit pas trop tenté de l’écouter ; il faut qu’il la subisse» (h.1.18.30). Il paraît donc évident que pour lui, le verbe primait la mélodie et Amir semble l’avoir tout à fait assimilé avec sa version tout en finesse d’A l’ombre des maris (mn 36.30) ; c’était sobre, efficace et plaisant sans pour autant sombrer dans le simple plagiat de l’original.

 

Malgré cela, j’ai littéralement été scotché par Olivia Ruiz, non avec sa reprise bien modeste de Le vent, mais avec son Putain de toi (mn. 54.05, ne pas manquer, mn. 57.25, lorsqu’elle se déchaîne musicalement :-). Chapeau à celui (est-ce elle ?) qui a fait l’arrangement !... et qui a réussi à harmoniser le texte avec une musique qui le ‘dévore’ presque. Hugues Aufray l’applaudit sincèrement, puis la félicite de vive voix lorsqu’elle vient reprendre place à la table qu’ils occupent tous deux avec quelques autres invités. « C’est une vraie création », la félicite-il (mn. 59) avec raison n’oubliant pas d’applaudir également les musiciens, le tout en dragouillant ostensiblement Olivia Ruiz (c’est vrai qu’elle est mignonne et qu’elle a du charme la ‘Miss’ chocolat !... je n’avais jamais fait attention :D). Faire de l’Olivia Ruiz sur du Brassens avec un résultat agréable pour les oreilles et les yeux de l’auditeur / téléspectateur, chapeau (bis), il fallait le faire !! A noter qu’au niveau gestuel, exceptée une tentative d’envol avortée avec ses bras :D, elle se contente, à raison me semble-t-il, de se promener sur la scène.

 

J’ai souri en entendant Carla Bruni déclarer sans honte aucune après avoir interprété La cane de Jeanne : « j’aime beaucoup cette chanson car je n’y comprends riiiiiiieen ! » (h. 1.17.09). Bravo ! Je me sens moins seul :D. Je me suis toujours demandé s’il convenait ou non de rechercher un sens second à ce poème. N’étant pas un total ignare de 1ère classe en ce qui concerne Brassens (cf. http://le-bosse-fort.over-blog.com/article-georges-brassens-une-re-decouverte-par-un-gros-nul-119109651.html ), bien sûr que j’avais tenté de trouver la réponse dans les études de Bertrand Redonnet, auteur de Brassens poète érudit (préface de Denis Montebello, Arthemus, 2001 pour la première édition, 2003 pour la seconde, code ISNB 2-913544-23-6), ouvrage absolument introuvable sauf coup de chance chez un bouquiniste. Heureusement, l’auteur a mis en ligne sur son site la publication d’origine en la complétant http://lexildesmots.hautetfort.com/archives/category/brassens-poete-erudit/index-1.html. L’ennui est qu’il n’y a pas un mot sur ce texte.

 

L’essentiel de ce que je n’ai jamais trouvé comme information se niche sur un autre site web : http://www.analysebrassens.com/?page=texte&id=17&%23. La versification est parfaitement décortiquée, mais concernant la question posée, on n'y apprend pas grand-chose si ce n’est qu’il y est affirmé que la propriétaire de la cane serait Jeanne, ‘Hôtesse’ dans La chanson pour l’Auvergnat de l’impasse Florimont et pour laquelle Brassens écrira plus tard Jeanne.

 

On peut donc imaginer que j’étais ‘toutouille’ (ouiii, tout ouï, si vous préférez… et oui, d’accord avec vous, la bulle est stupide :D) sur ce qu’allaient commenter les autres participants à #Merci Brassens. En réalité, il y a comme un silence gêné car, visiblement, personne n’a de précisions à apporter (ou alors, personne ne s’était jamais posé la question), cela jusqu’à ce que Catherine Ringer prenne la parole et affirme, sur un ton péremptoire tout en semblant considérer Carla Bruni comme une extra-terrestre fraîchement débarquée sur terre et qui, à ce titre, pose des questions incongrues, que la chanson est très simple… Bref que c’est l’histoire d’une cane qui a un œuf, qui est morte et que la chanson a été créée pour s’amuser avec les mots, avec les vers.

 

Simple exercice de style de Brassens (pour le saisir, plutôt que d’écouter les propos passablement creux et simplistes de Catherine Ringer, se reporter au site web déjà cité http://www.analysebrassens.com/?page=texte&id=17&%23) ? C’est après tout possible. Mais jusqu’à preuve du contraire, je reste de l’avis de Carla Bruni. Cette chanson «est peut-être une espèce de métaphore, mais elle est mystérieuse […] ».

 

Qui connait le fin mot de ce « mystère » ? Ce serait sympa de le faire suivre :D.

 

Un autre moment à ne pas manquer. La gentillesse avec laquelle Serge Lama et Michel Fugain semblent d’abord hésiter puis, finalement, volent au secours de Joyce Jonathan qui, la pauvre, est en train de se planter lamentablement en interprétant Une jolie fleur (1.45.06)...

 

…Et Michel Fugain d’en profiter pour lui pincer gentiment la joue.

 

Décidément papy Aufray dragouillant Olivia Ruiz fait école.

 

On ne les tient plus les ‘vétérans’ dès qu’il y a un joli minois à proximité… :) !

 

 

(1) Pour un aperçu de reprises des années de 1970 – 1980, voir mn. 26.30. Chacun appréciera… mais, me concernant, l’un(e) des rares qui parvient à se tirer de l’exercice me semble être Françoise Hardy –mn. 25-37-. Voilà qui fera plaisir à Thomas Dutronc qui déclare, en fils aimant sa mère, le tout avec une mimique amusante « c’est la plus belle ma maman » -mn. 29.25- ; c’est meueueueueugnon – merci Mister Gad Elmaleh- ! Dans l’émission, il y a d’autres passages où des artistes… jeunes il y a quelques années :) tentent leur talent, notamment Coluche –mn. 53.34-… Un vrai massacre ! Et dire qu’il explique qu’il a commencé en chantant Brassens... :) Pauvre Brassens, il n'a pas mérité "ça" :D !

 

(2) Bien évidemment, les ‘chronométrages’ que j’indique sont approximatifs.

 

 

Découverte un moment après avoir mis en ligne ce post.

Je découvre tout à fait par hasard qu’Olivia Ruiz n’en était pas à son coup d’essai avec Putain de toi. Voici quelques liens :

https://www.youtube.com/watch?v=TzfqPzp2rlo ;

https://www.youtube.com/watch?v=KGxOtEdiMzk

... Et pour finir la version qu’elle proposa lors de l’émission #Merci Brassens, à mon avis la plus intéressante  https://www.youtube.com/watch?v=4i3eGo6tiTI

P.S. Il y a sur Youtube l’ensemble, ou presque, des reprises proposées par les différents artistes avant participé à #Merci Brassens

 

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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 07:10

 

Cela faisait plusieurs jours que je planchais sur un post dans lequel j’entreprenais de passer en revue les différents candidats aux présidentielles pour déboucher sur cette conclusion M. Hollande, j’en suis à me demander si nous n’allons pas finir par vous regretter...

Bien évidemment, pour arriver à cette ‘puissante et remarquable’ ;) éventualité, je taillais un complet veston trois pièces, avec nœud pape en prime, non seulement au programme souvent flou, mais encore à l’attitude discutable, au charisme souvent totalement absent, à la moralité parfois douteuse, etc. de chacun des candidats, les uns après les autres ; pas de jaloux.

Et puis, hier soir, comme rien ne me tentait dans les programmes TV, j’ai regardé ‘#Merci Brassens’, diffusé par France 2 le 18 février à 21h00 et présenté par Thomas Dutronc. Je l’avais enregistré car, le 18, j’étais de fiesta et n’avais pas pu le regarder en direct. De toute manière, j’enregistre toujours ces hommages chantés à Brel, Brassens ou Qui-il-vous-plaira car, dans les reprises, il y a souvent / toujours des interprétations qui me cassent les oreilles. Ainsi, dès qu’elles souffrent, je peux appuyer sur ‘avance’ et sauter la chanson à mon sens massacrée (voir le post suivant, Billet d’humeur sur #Merci Brassens, http://le-bosse-fort.over-blog.com/2017/02/billet-d-humeur-merci-brassens-france-2-le-18-fevrier-a-21h00.html )

Au cours de l’émission, j’ai bloqué sur ce que dit Serge Lama. « Aujourd’hui 25% des chansons de Brassens ne seraient plus acceptables, même dans un disque. […] Il y a une nouvelle bien-pensance et il y aurait des chansons qui seraient interdites à cause du féminisme (1), à cause de ceci, à cause de cela » (h. 1.51.52) – (2).

Mais il a raison le 'Sergio' ! Et il n'y a pas que Brassens qui est concerné, c'est la vie quotidienne qui est en cause...

A cause de ceci, à cause de cela… Voir Thomas Dutronc qui s’embourbe dans une critique de la tyrolienne, puis qui s’empresse de se lancer dans un périlleux sextuple back-flip, tout embarrassé qu’il est d’avoir lâché qu’il n’aimait pas la tyrolienne et que, injure grossière digne du piloris, il risquait de fâcher « nos amis tyroliens » (mn. 30.30).

A cause de ceci, à cause de cela…Vous verrez qu’un jour quelques douzaines de gaillardes de Brive-la-Gaillarde finiront par se grouper pour intenter un procès posthume à Brassens pour les avoir (… en tout cas au moins l’une d’entre elles) affublées de gigantesques fesses.

Le parler vrai est mort, place à la stupide susceptibilité de la nouvelle bien-pensance nonobstant les mensonges qu'elle induit, et je ne dirai pas qui il suffit d'écouter pour s'en convaincre !

J’ai alors réalisé que je perdais mon temps en tentant de modifier et modifier toujours et encore mon texte initial dans l’espoir vain de ne froisser personne. Lorsque l’on critique, les propos doivent être mordants faute de quoi les lecteurs (…et, pire, l’auteur !!) s’ennuient à mourir. Et lorsque, de surcroît, on a l’habitude d’user d’humour à la moindre occasion on réalise que le à cause de ceci, à cause de cela pourrait éventuellement se terminer devant les tribunaux pour diffamation. Je ne pense pas que mon texte initial comportait le moindre propos diffamatoire, mais face à des gens de plus en plus dépourvus d’humour, où commence l’idée ou le mot diffamant depuis qu’est en place la très fluctuante et indéfinissable notion de nouvelle bien-pensance ? La question est d’autant plus complexe qu’il y a toujours un crétin pour faire observer que votre bien-pensance standard n’est rien en comparaison de la sienne…

Et puis Merde in France, cacapoum, cacapoum ! comme le chantait le père de Thomas Dutronc (ce qu’il peut lui ressembler, y compris parfois dans des intonations de la voix !).

Oh !... Bien sûr qu’au jeu des probabilités, mon texte serait probablement passé inaperçu. Ce blog enregistre bien moins de lecteurs –et j’en suis heureux !- que Gala (j’allais, toujours snob, écrire que Le Monde, mais par les temps de débilités profondes qui sont nôtres, j’imagine que la presse people –je persiste à préférer l’appellation de presse à scandale- est plus lue que l’ ‘autre’… la vraie presse !). Mais il suffirait que, manque de bol, une connaissance d’un candidat soit mise au courant de ma prose, que mes bulles le mettent hors de lui pour que crac !... Et le Canard de se retrouver in ze KK jusqu’au cou par assaut de nouvelles bien-pensances au lieu de couler les jours heureux d’une retraite bien méritée.

J’ai donc décidé de laisser mon texte initial dans le « .docx » où il se trouve. Il va y faire un gros dodo… Requiescat in pace. Je me contenterai de noter ici que les propos, souvent très creux, des candidats à la présidentielle m’agacent, que la presse qui ne cesse de commenter le moindre de leur geste ou la plus insignifiante de leur déclaration m’exaspèrent, que j’ai ras la casquette (ou le galurin de Slimane –voir post suivant sur ‘#Merci Brassens- ;) du feuilleton nommé hypocritement « les affaires » ou « Pénélopegate » de l’un d’entre eux, et que ce n’est certainement pas l’immunité parlementaire derrière laquelle s’abrite une autre candidate pour ne pas se rendre à une convocation de la police judiciaire qui va enrichir le débat politique sur le fond !

Bref, je fais partie de ces plus de 50% de Français qui, lassés de tout ce vacarme qui n’a rien à voir avec une authentique campagne présidentielle, se demandent avec une certaine anxiété pour qui, finalement, ils vont voter… non pas « pour », mais « contre » ou « par défaut ».

Et si je m’abstenais ou effectuais un vote nul en préparant un bulletin au nom de Ramsou. Ramsou ? C’est le diminutif de Ramsès, mon chat. Un nom prestigieux pour un chat 100% pur ardéchois, en tout cas à la dernière génération parce qu’avant tout est possible :D. Il est le fils bâtard d’une chatte de ma sœur et d’un matou de passage, compte-tenu de son poil, peut-être du beau siamois d’une voisine. Dix-sept ans, toute ses dents, en pleine bourre, futé comme pas un et jamais faux-Q… en tout cas moins que nombre de nos candidats. Et lui, lorsqu’il a une idée en tête, il n’en change pas au gré du vent des critiques et des sondages sur le mode que-ne-ferais-je-pas-pour-être-élu ?…

Paris vaut bien une messe, c’est bien connu. Même si la phrase est vraisemblablement apocryphe, l’idée persiste.

Alors, j’y reviens : si M. Hollande décidait de ne pas respecter le jeu des primaires (d’autres ne l’ont-ils pas fait ?) et, finalement, s’il se portait candidat, je ne sais pas trop quelle serait ma réaction et, plus généralement, celle des électeurs. Car, M. Hollande, je finis par me demander si nous n’allons pas vous regretter... A force de passer notre temps à vous critiquer, nous avions oublié combien le monde politique est Nullité associée à Magouille and Co. C’est à la longue fatigant d’être pris pour des andouilles uniquement bonnes à être manipulées le temps de rafler des voix et de gagner une élection.

…Et celui qui écrit ces lignes avait pourtant poussé un grand « ouf ! » de soulagement lorsque notre actuel Président avait annoncé (ce qu’il faisait peine à voir lors de sa déclaration, c’était touchant… et je ne plaisante pas, pour une fois) qu’il renonçait à se présenter devant les électeurs pour un second mandat.

Enfin, consolons-nous comme nous le pouvons. Dans nos candidats déclarés, aucun n’arrive à la cheville d’Onc’Picsou (3) même si, parfois, est reconnue une admiration pour lui… et que des organisations criminelles peuvent apporter leur soutien au candidat Untel ou Unetelle. Un soutien qui est certes rejeté par l’intéressé(e), ce qui n’empêche pas de faire tache sur les idées propagées pour que l’organisation en question puisse se sentir concernée par l’idéologie du parti en question (http://www.bfmtv.com/politique/un-ex-chef-du-ku-klux-klan-apporte-son-soutien-a-marine-le-pen-1109277.html#xtor=AL-69).

Vous savez quoi ?

Nous sommes franchement dans la m*** !

 

(1) Pas de panique dans le rang des féministes pur(e)s et dur(e)s ! On se calme ;) Si Serge Lama ne cite que le féminisme avant de botter en touche avec son à cause de ceci, à cause de cela, c’est uniquement parce qu’il est mort de rire devant Joyce Jonathan qui proteste (pour le fun… quoi que… :-) face aux vers passablement misogynes (également pour le fun, faut-il le préciser ?) qu’elle vient de chanter… « Elle n’avait pas de tête, elle n’avait pas L’esprit beaucoup plus grand qu’un dé à coudre, Mais pour l’amour On ne demande pas aux filles d’avoir inventé la poudre… » (Une jolie fleur)

 

(2) Actuellement en replay sur http://pluzz.francetv.fr/videos/merci_brassens_,153664205.html et probablement sur d’autres sites. Bien évidemment, le timing, les ‘chronométrages’ que j’indique sont approximatifs, même si j’ai essayé d’être aussi précis que possible.

 

(3)Compte-tenu de la fortune de l’homme qui trompe énormément, le surnom d’onc’Donald, toujours fauché, ne lui convient en aucun cas me semble-t-il. Il est vrai toutefois que Picsou est un radin invétéré alors que l’individu concerné fait péter les $ à qui mieux mieux.

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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 07:17

Qui, après avoir vu ou revu Le Glaive et la Balance, ne s’est pas senti frustré de ne pas avoir réussi à dénicher les coupables… même si le réalisateur s’est ingénié à ce que personne ne puisse les identifier ? Une sorte de défi à l’impossible, ne serait-ce que pour tenter de prendre le réalisateur à son propre jeu…

Pour les ‘petits jeunots’ qui ne connaitraient pas le film sorti en 1963, indiquons qu’il fut réalisé par André Cayatte avec Jean-Claude Brialy, Anthony Perkins et Renato Salvatori.

Scénario bien classique, tout au moins au début. Le fils d’une milliardaire est enlevé et tué. Tout dans le film indique qu’il y a 2 ravisseurs sauf que… et c’est là où l’intrique sort de sa banalité, lorsqu’ils sont arrêtés vers un phare après une poursuite en chris-craft, ils sont 3...

Bien évidemment les suspects vont s’accuser les uns les autres tant et si bien que la police, le procureur, les jurés… et les spectateurs sont incapables d’identifier les deux coupables, rien n’interdisant d’ailleurs d’imaginer -même si l'idée est incompatible avec le scénario- que ce pourrait être un coup monté et qu’ils le sont tous les 3.

Objectif du film : montrer que le doute doit toujours bénéficier à l’accusé en application du principe de présomption d’innocence. Et c’est ainsi que les trois individus vont passer du statut de suspects à celui d’inculpés puis que, faute de preuve, ils seront acquittés par la cour d’assises devant laquelle ils ont été déférés.

Il y a une suite (pas très jolie, jolie…) à cet acquittement, mais je laisse à ceux qui ne la connaitraient pas le soin d’aller la découvrir en regardant le film. Outre une édition en DVD, il est disponible en streaming (sans inscription à quoi que ce soit) par exemple sur http://cinemavf.biz/le-glaive-et-la-balance-streamingvf.html (-> A la suite des vociférations ;-) de l'un de mes vieux et fidèles lecteurs, je viens de constater que, effectivement, il n'y a pas moyen de visionner le film sans s'inscrire sur ce site de streaming... Et pourtant j'y suis parvenu la semaine passée, et 2 fois de suite de surcroît ; une pour regarder le film que je n'avais pas revu depuis des années, une seconde pour capturer les images qui illustrent ce post. Essayez de purger vos cookies et d'utiliser les liens qui se trouvent sous l'image du générique. C'est ainsi que j'avais opéré. J'ajoute qu'en cherchant un peu, j'ai trouvé deux autres sites où le film peut être visionné sans être obligé de laisser au préalable son pedigree -> http://cinemavf.biz/le-glaive-et-la-balance-streamingvf.html ; http://www.filmsvostfr.biz/regarder-film-le-glaive-et-la-balance-streaming-vostfr.html. Bonne chance...)

J’ignore totalement, si ce film fait partie des classiques du cinéma et reconnais ne pas avoir cherché à le savoir. Tout ce qui m’intéresse est que, pour moi, Le Glaive et la Balance est un film culte, mieux un film culte de l’époque où j’y croyais et dont j’ai parfois, souvent, la nostalgie.

A sa sortie, je « courais » après mon Bac afin d’entrer en faculté de droit pour devenir avocat et défendre la veuve et l’orphelin.

Comme parvenu en faculté de droit j’ai découvert qu’être avocat était tout autre chose que défendre la veuve et l’orphelin en question (« qu’on est bête quand on est jeune, il est vrai qu’en vieillissant… » -Alphonse Allais- :-), j’ai fini par changer totalement d’orientation… Cela est une toute autre histoire, mais vous comprendrez pourquoi ce film remémore en moi l’époque où je croyais en l’homme et les valeurs saines (enfin à mes yeux) qu’il a patiemment élaborées au cours de millénaires de réflexion.

Est-il donc possible d’identifier des coupables ?

Bien sûr que non, puisque le film a été conçu pour l’interdire, faut-il le rappeler encore ?

Certes.

Voici néanmoins les 3 suspects alignés contre un mur percé de portes avec, de gauche à droite, Renato Salvatori, Anthony Perkins et Jean-Claude Brialy.

« Le Glaive et la Balance » versus valeurs démocratiques.

Les mêmes, avec un léger changement, puisque de gauche à droite se trouvent Renato Salvatori, Jean-Claude Brialy et Anthony Perkins.

« Le Glaive et la Balance » versus valeurs démocratiques.

Pour ceux qui souhaiteraient se reporter au film, je me dispense de toute indication sur le minutage puisqu’il est indiqué par le lecteur sous les illustrations, à gauche.

Ne saute-t-il pas aux yeux que deux des suspects ont des pantalons sombres, Renato Salvatori et Jean-Claude Briali, celui d’Anthony Perkins étant plus clair, voire franchement blanc ?

Ah ! Et y a-t-il moyen de tirer une argumentation de cette constatation ?

Je ne sais pas trop et vous soumets le problème.

Le seul moment où l’on voit les deux ravisseurs ensemble se trouve quand, poursuivis par la police, ils descendent une falaise pour tuer le malheureux gamin qu’ils ont enlevé et caché dans une grotte, puis rejoignent un chris-craft pour s’enfuir.

Voici une capture d’écran de la scène où, semble-t-il, un ravisseur porte un pantalon plus clair que son complice…

« Le Glaive et la Balance » versus valeurs démocratiques.

Vous voyez mal ?

« Mon » image est 100% pourrie (… au sujet de ce « mon », comme d’habitude lorsque j’emprunte une illustration couvert par un copyright, je m’engage à la retirer sur simple demande du ou des détenteurs des droits, mais ce serait sympa de fermer les yeux sur cet emprunt :-) – Merci) ?

Je l’agrandis malgré tout…

« Le Glaive et la Balance » versus valeurs démocratiques.

… S’il y avait eu 2 pantalons sombres, nous tenions les coupables mais, pas de chance, nous en avons un clair et un sombre, ce qui ne peut tendre qu’ à établir la seule culpabilité d’Anthony Perkins.

Son complice courait toujours, mais nous en aurions au moins identifié un… ce qui est mieux que zéro ; non ?

Oui, mais…

Ce pantalon clair serait-il dû à un effet des projecteurs installés pour éclairer la falaise (la scène se passe la nuit, et la zone éclairée se distingue nettement) ?

C’est toujours possible, notamment si la matière du pantalon est réfléchissante…

Serait-ce là un clin d’œil amusé que font parfois les réalisateurs aux spectateurs ?

Allez savoir…

En tournant la scène, y a-t-il eu inattention et a-t-on affublé Anthony Perkins (ou sa doublure) d’un pantalon clair sans songer qu’il serait visible à l’écran ?

Qu’en sais-je…

De toute manière, rien n’interdit d’imaginer qu’il aurait pu y avoir un troisième homme qui attendait dans le chris-craft. C’est là une possibilité jamais envisagée dans le film puisque le scénario est axé sur l’impossibilité d’identifier les deux coupables (le film n'a en effet de sens que si, parmi les trois suspects, il y a un innocent) et c’est là une légère une incohérence du scénario. Il manque au moins un gros plan montrant sans équivoque qu’il n’y a que 2 hommes à bord du chris-craft.

Cette incohérence n’est d’ailleurs pas la seule, et j’aimerais au moins noter que j’ai un mal fou à considérer que, dans la réalité juridique, une affaire aussi peu aboutie tant au niveau de l’enquête de police que de l’instruction aurait pu être déférée en cour d’assises.

Bref, tout bien pesé, la balance me semble pencher du côté de la catégorie "film un peu simpliste", et si un pénaliste passait par ces pages, il serait bienvenu qu'il donne son opinion et use éventuellement du glaive pour juger qu'il devrait même être rangé dans la catégorie "film au scénario incohérent"...

Il demeure que ledit scénario met en exergue le fait que le doute doit toujours bénéficier à l’accusé. S’il est impossible de prouver qu’il est coupable, même si cela paraît évident dans l’intime conviction de tout observateur, il doit être relaxé ou acquitté. C’est là l’application du principe de présomption d’innocence énoncé dans l’article 11 de la Déclaration universelle des droits de l’homme selon lequel « toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées […] », ce qui n’est jamais qu’une reprise de l’article 9 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789.

Il n’est peut-être pas inutile de rappeler que lorsque cette disposition fut adoptée par nos Révolutionnaires, il s’agissait de mettre un terme à l’absolutisme de nos rois lesquels, disposant des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, pouvaient , en toute légalité et principalement grâce à la lettre de cachet, faire « embastiller », et plus généralement emprisonner, quiconque avait simplement l’heur de ne pas leur plaire.

On comprend pourquoi, suivant en cela quelques-uns de nos philosophes dont, bien sûr, Montesquieu, fut également énoncé le principe fondamental de la séparation des pouvoirs.

Et pourquoi ce bien évident rappel, culturellement de la hauteur d’une tige de pâquerette ?

Tout simplement parce que nous débouchons sur un problème d’actualité qui fait débat, puisque certains de nos femmes et hommes politiques, « balancent » en veux-tu, en voilà, des idées qui martèlent qu’il ne faut pas se laisser enfermer dans « une fallacieuse conception de la démocratie » (http://portail.free.fr/actualites/france/6558702_20160912_sarkozy-pour-une-guerre-totale-contre-la-peste-noire-le-terrorisme-islamiste.html ) et remettent en cause quelques-uns des principes considérés comme fondamentaux dans notre république en proposant d’interner, par décision administrative, toute personne radicalisée, tout individu fiché « s » (Sureté de l’Etat) s’il présente des « critères de dangerosité » (http://www.ouest-france.fr/politique/nicolas-sarkosy/internement-de-fichiers-s-sarkozy-invoque-le-principe-de-precaution-4493468?utm_source=filinfo-free&utm_medium=fluxrss&utm_campaign=banquedecontenu )

Il a été répondu qu’il ne fallait en aucun cas mettre en place des "lois de circonstance" (http://www.voltairenet.org/article193189.html ), pendant que le Conseil d’Etat, interrogé sur la légalité de semblables mesures, arrêtait avec une saine logique, me semble-t-il, qu’ « il n’est pas possible d’autoriser par la loi, en dehors de toute procédure pénale*, la rétention, dans des centres prévus à cet effet, des personnes radicalisées » (http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/06/14/interner-tous-les-djihadistes-presumes-fiches-s-le-retour-d-une-proposition-inapplicable_4950347_4355770.html ).

L’un des auteurs de la proposition a récemment précisé et, sauf erreur, quelque peu modifié son projet initial, en évoquant l’intervention du judiciaire a posteriori et en rappelant la création de la Cour de sureté de l’État du général de Gaulle en 1963 (http://www.francetvinfo.fr/monde/terrorisme-djihadistes/terrorisme-sarkozy-prone-le-principe-de-precaution-face-aux-radicalises_1820041.html#xtor=AL-54-[article] ; article d’origine du JDD payant http://www.lejdd.fr/Politique/Sarkozy-Francois-Hollande-ne-met-pas-tout-en-oeuvre-pour-lutter-contre-le-terrorisme-808381).

Il a alors été notamment rétorqué : « [on] se trompe sur la méthode en essayant de tordre le cou à l’état de droit face à la menace » http://portail.free.fr/actualites/france/6556863_20160911_manuel-valls-nicolas-sarkozy-s-est-trompe-en-2012-sur-la-menace-terroriste-video.html ; http://www.non-stop-zapping.com/actu/politique/manuel-valls-nicolas-sarkozy-sest-trompe-en-2012-sur-la-menace-terroriste-video-41136 ).

Compte-tenu de la peur et l'horreur que provoque le djihadisme, doit-on remettre en cause quelques-uns des piliers de nos sociétés, les atténuer, les modifier car « c'est aux politiques et à eux seuls, parce qu'ils sont élus par le peuple, de modifier le droit quand cela apparaît nécessaire » (http://www.francetvinfo.fr/monde/terrorisme-djihadistes/terrorisme-sarkozy-prone-le-principe-de-precaution-face-aux-radicalises_1820041.html#xtor=AL-54-[article] ; article d’origine du JDD payant http://www.lejdd.fr/Politique/Sarkozy-Francois-Hollande-ne-met-pas-tout-en-oeuvre-pour-lutter-contre-le-terrorisme-808381) ? -Observons en passant que l'auteur de cette déclaration semble totalement "zapper" la voie référendaire-

C’est à chacun de répondre en réfléchissant aux conséquences tant d’un oui, que d’un non… et en réalisant également que prendre ces mesures d’internement qui viseraient dans leur immense majorité des personnes de confession musulmane est impossible en l’état de la législation et que, humainement, ce serait pénètrer de plein front dans le cadre de cette douloureuse déclaration faite au New York Time par une musulmane, jeune étudiante française de Toulouse « j ’ai peur un jour de porter une lune jaune sur mes habits, comme l’étoile de David pour les Juifs il n’y a pas si longtemps » (http://www.abidjanactu.com/Dur-d-etre-musulmane-en-France-Temoignages-de-femmes_a3708.html).

Et puis, en se souvenant du Glaive et la Balance dans lequel le troisième homme, totalement innocent, aurait pu être condamné à la peine de mort et exécuté**, ne convient-il pas de lancer « […] Argutie juridique, la présomption d’innocence […] ? » ( http://www.voltairenet.org/article193189.html ).

Supprimons-la et nous risquerions, des dérives possibles aidant, de retourner peu à peu à une situation voisine de celle de l’Ancien Régime.

Il reste que nous sommes en guerre, comme le répètent régulièrement les politiques de tout bord, et qu’en cas de guerre des mesures exceptionnelles s’imposent. Bien des libertés démocratiques sont alors suspendues et, en l’espèce, sont face à face le principe de la présomption d’innocence et le principe de précaution.

Lequel doit l’emporter dans la situation qui est aujourd’hui la nôtre ?

Bien franchement, je n’en sais plus rien.

Face à ce type de problèmes contradictoires qui mettent en cause la socialisation qui a été la mienne depuis ma naissance, je ne sais plus trop où j’en suis et finis par penser, à la suite de Bob Dylan, So now as I'm leavin' / I'm weary as Hell / The confusion I'm feelin' / Ain't no tongue can tell / The words fill my head / And fall to the floor...

...Et puisque des questions religieuses sont sous-jacentes à ce débat, j’ajouterai : If God's on our side / He'll stop the next war… (B. Dylan, With God On Ours Sides).

France TV présente une vidéo assez claire sur la question dont on peut toutefois regretter que l’esprit soit ramené à la simple querelle qui, depuis des années, anime (et soule !) le débat politique entre MM. Sarkozy et Hollande : Le match Hollande-Sarkosy sur la lutte contre le terrorisme http://www.francetvinfo.fr/monde/terrorisme-djihadistes/video-lutte-contre-le-terrorisme-quand-hollande-et-sarkozy-se-renvoient-la-balle_1823405.html#xtor=AL-54-[video]

* Outre ce qui a été dit, ces mesures préventives d’internement pose un autre problème juridique : à partir de quand la tentative d’un acte délictueux est-elle répréhensible ? Voilà un sujet d’examen traditionnel pour les étudiants en droit, et la réponse paraît trop complexe pour être donnée ici. De plus, il faut un texte clair et précis pour poursuivre l’auteur de la tentative en question, cela en vertu du principe que les juristes énoncent en latin nullum crimen, nulla pœna sine lege (nul crime, nulle peine sans loi).

** Le film date de 1963 et la peine de mort n'a été abolie en France qu'en 1981

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 07:57

En ces temps débiles où l’on utilise un camion pour massacrer de braves gens venus voir le feu d’artifice du 14 juillet, j’ai un peu honte de venir râler, et plus encore sourire de notre administration laquelle lutte, je suppose que c’est là le motif du gag que je vais conter, contre le trafic de pièces d’identité

Oui. Certes. Mais quand même… En ces temps où l’horreur semble ne connaître aucune limite, la stupidité (et je reste poli...)  n’en a-t-elle pas ?

 

Vendredi 15 juillet, je me rends à la mairie de mon domicile après avoir une fois encore vérifié -l’administration est si pointilleuse que l’on finit par douter que tout est en ordre !-, que j’avais bien toutes les pièces pour procéder au renouvellement de mon passeport.

 

Je suis reçu par une préposée qui, a priori, me semble disposer de toutes ses facultés mentales.

 

Le dialogue / examen ( ?) commence, après les formules de politesses de bon aloi.

- Ancien passeport, me demande-t-elle.

- Le voici, réponds-je.

- Photographie… Justificatif de domicile… Timbre fiscal… Carte d’identité… égrène-t-elle.

Œil méfiant et scrutateur à l’encontre de cette dernière pièce. Mais que lui a-t-elle fait !?

Lourd silence empli de suspense.

 

Mon interlocutrice prend un visage grave pour m’annoncer qu’elle ne peut accepter mon dossier, et de m’expliquer :

- Regardez, votre second prénom, Léon (navré, je ne suis plus de la prime jeunesse et j’ai en second prénom celui de mon grand-père paternel décédé quelques mois avant ma naissance). Sur votre carte d’identité, il est écrit « LÉON », sur votre ancien passeport « LEON ».

- Oui, et alors ?

- Il y a là un empêchement total à l’acceptation de votre dossier (je crois me souvenir qu’elle a utilisé l’expression pompeuse de « vice de forme »).

- Vous plaisantez, bredouillais-je avec un large sourire ?

 

Non, non ! Elle ne plaisantait pas du tout, la dame. Et ma question provenait plus d’une allergie à la bêtise que d’une observation attendant une réponse ; car affiche-t-on, même occasionnellement, un certain sens de l’humour dans la fonction publique en tout cas lorsque le préposé est dans l’exercice de ses fonctions ?

 

J’ai eu beau lui expliquer que bien des machines ont du mal à rendre un « É » (alt + 0201 pour obtenir un « é » en caractère majuscule, c’est dire si cette « savante » manœuvre sur un clavier de PC montre qu’accentuer les voyelles est d’usage courant !) ou que le prénom « leueueuon » sans « é » ne correspond à rien de rien…

 

... Rien de RRRRRien n’y fit !

 

J’ai alors tenté la flatterie en arguant que c’était sans toute une preuve de grande culture que de savoir que les voyelles accentuées en minuscule devaient également l’être, selon l'Académie Française, lorsqu’elles sont écrites en majuscule… sous-entendu mais qu’il ne fallait pas faire ch*** son monde.

 

Rien, nada, que d’tchi, va te faire voir le canard !...

Ta flagornerie énoncée avec un sourire enjôleur n’a aucun effet.

Peut-être que mon sourire n'est plus coté à l'argus de l'enjôleur (... enfin, qui essaie de l'être) ; on ne peut être et avoir été…

 

Et l’Enquiquineuse de poursuivre :

- Il faut impérativement me produire une copie intégrale de votre acte de naissance…

 

Là, une pause, un coup d’œil sur ma carte d’identité, et la Charmante de poursuivre :

- Vous avez de la chance, vous êtes né dans le xème arrondissement où nous sommes, et vous pouvez le faire établir instantanément…

Je coupe la Souriante pour objecter que je ne suis pas né dans le xème mais le yème.

 

Boum ! Sur ce coup, j’avais soulevé un lièvre !

 

Comparaison entre la carte d’identité et le passeport.

Cette première mentionne une naissance dans le xème , le second dans le yème

- Finalement, où êtes-vous né, interroge-t-elle manifestement soupçonneuse et irritée par tant de désordre ?

- Dans le yème

- Alors pourquoi votre carte d’identité mentionne-t-elle le xème ?

-  Aucune idée. Selon toute probabilité, c’est une erreur.

- Vous n’avez pas vérifié les mentions portées sur votre carte d’identité lorsque vous l’avez retirée ?

- Heuuuuu… Non. Je fais confiance à l’administration de mon pays. Ai-je tort (sourire intérieur malicieux) ?

- Il faut toujours vérifier les documents officiels, botta en touche la Souriante.

 

Et elle repartit sur son gros problème de « LEON » / « LÉON » justifiant que j’aille à la mairie du yème chercher une copie intégrale de mon acte de naissance d’autant qu’à présent il y avait la question de mon lieu de naissance incertain.

 

Mouaip ! « Ils » ont de graves problèmes dans l’administration…

 

Promenade à la mairie du yème  pour aller quérir le document demandé, puis retour à la case départ à celle du xème pour déposer toutes les pièces du dossier. A chaque fois, j’ai tenté de savoir à quoi correspondait ce pinaillage sur l’accent d’un « e ». Je n’ai pas pu obtenir de réponse claire.

 

 

Qui peut satisfaire ma curiosité ?

 

 

Ah ! J'allais oublié ZE FINAL gag -> MDR XXXXXXXXXL !!!

 

Sur la copie intégrale de ma déclaration de naissance, le préposé qui reçut mon père n'a pas écrit "Léon", mais "Lèon".

 

Vous ne me croyez pas ? Vous pensez que j'en ajoute une couche ?

 

Regardez vous-même...

 

Renouvellement de passeport refusé pour un accent sur un « e ».

Alors ! "Léon" ou "Lèon" ; accent aigu ou accent grave ?!

 

Vaste débat vis à vis duquel je soutiens que la réponse n'est pas évidente même si dans la liste officielle des prénoms je lis "Léon", car je suis intimement persuadé que le préposé qui reçut mon père au milieu des année de 1940 avait, avec peut-être un simple certificat d'études, une bien meilleure orthographe que la mienne... ainsi que celle de beaucoup-beaucoup-et-plus-encore d'autres... Et savez-vous qu'ici, je ne plaisante pas du tout ?!!

 

En tout cas, je me suis bien gardé de soulever ce super grave problème aux guichets des mairies que j'ai visités...

 

...La plaisanterie avait, me semble-t-il, assez duré.

 

Bonnes vacances à tous.

 

P.S. A mes plus fidèles lecteurs.

Je me dispense de donner sur ce blog des précisions sur mes travaux d'appartement (oui ! j'ai enfin terminé !) puisque j'ai rencontré ceux qui voulaient des tuyaux :) et que nous en avons parlé de vive voix.

 

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 09:15

Dans les pages de ce blog, je me suis… je vous ai… plusieurs fois interrogé sur les motifs qui peuvent pousser certains visiteurs d’Auschwitz à avoir une attitude qui, personnellement, me semble tout a fait déplacée en photographiant, en filmant… tout, sans hésiter en prime à se mettre en scène pour LA photo souvenir.

Voir notamment :

http://le-bosse-fort.over-blog.com/article-auschwitz-et-birkenau-impressions-d-un-pelerinage-73460976.html ;

  http://le-bosse-fort.over-blog.com/article-tourisme-a-auschwitz-je-ne-sais-plus-que-penser-115061882.html

 

En prenant connaissance des actualités du jour, je trouve un article qui m’avait totalement échappé puisqu’il est daté du 2 janvier 2016. Il est très bref, mais le Dr Serge Tisseron  y propose une explication qui semble intéressante, et la formule finale « je clique donc je suis » (osons donc un « clico ergo sum », avec nos excuses à René Descartes :) ainsi qu'aux latinistes puristes -et sans guère d'humour ?- de passage) paraît assez bien correspondre à ce que l’on peut observer et entendre ici ou là me semble-t-il.

Si vous êtes intéressés, c’est ici  -> "Tendance : tout filmer, tout le temps, une manière de se rassurer" http://www.francetvinfo.fr/culture/mode/tendance-tout-filmer-tout-le-temps-une-maniere-de-se-rassurer_1249409.html#xtor=AL-54-[video

 

Aujourd’hui, si j’en crois la date mentionnée sur  http://portail.free.fr/actualites/france/6201584_20160217_comment-la-revolution-de-la-robotique-va-faire-de-chacun-d39entre-nous-une-star-par-le-psychanalyste-serge-tisseron.html, Serge Tisseron, psychanalyste, propose une vidéo réalisée par le Huffington Post  qui va un peu dans le même sens « Comment la révolution de la robotique va faire de chacun d'entre nous une star ? »

Voir le lien précédent, ou encore http://www.dailymotion.com/LeHuffPost ou encore directement http://www.dailymotion.com/video/x3slrlw_comment-la-revolution-de-la-robotique-va-faire-de-chacun-d-entre-nous-une-star-par-le-psychanalyste_news

 

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 06:09

Cela faisait longtemps que je n’étais pas passé sur ce blog faire un coucou aux fidèles qui m’ont subi avec une patience angélique.

J’observe d’ailleurs que, depuis mon départ à la retraite, s’étiolent peu à peu les courriels, textos et autres appels téléphoniques que plusieurs d’entre vous me passaient assez régulièrement.

Dommage, mais logique. Vous avez d’autres préoccupations, et moi également.

Et comme nous ne nous voyons plus, ou si peu, nous nous connaissons moins.

Allez ; au diable la nostalgie !

 

J’imagine que plusieurs doivent penser que si je viens ici, c’est pour hurler contre la réforme de l’orthographe avec des exclamations à répétition de #Jesuiscirconflexe.

 

A vrai dire, non, pas vraiment, mais sur cette question, je pense simplement que lorsque l’on voit ceci…

Rappel - Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Rappel - Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

… qui est la version 2016 de ce que j’avais déjà observé au cours de l’hiver 2014 (rien n’a été changé depuis donc, probablement, tout le monde se tape royalement de cette exhibition publique de fautes un peu lourdingues) http://le-bosse-fort.over-blog.com/2014/01/le%C3%A7on-d%E2%80%99orthographe-%C3%A0-l%E2%80%99alpe-d%E2%80%99huez.html , il y a vraiment un malaise avec l’orthographe dans notre pays et qu’il va bien falloir se décider à faire quelque chose.

 

Solution 1 : L’orthographe n’a plus aucune importance et chacun écrit au gré de son inspiration du moment, comme sur le texte de la photo ci-dessus et, pire encore, sur certains forums / fora et autres blogs (autres beaux exemples dans la référence donnée ci-dessous dans l'ajout du 19 février). Après tout, cette anarchie ne serait pas historiquement nouvelle, et vive Voltaire ainsi que la réponse qu’il fit à l’un de ses éditeurs « vous vous moquez de me consultez sur la ponctuation et l’orthographe ; vous êtes le maître absolu de ces petits peuples-là » (http://le-bosse-fort.over-blog.com/article-l-orthographe-aaaaaaah-117945447.htm l).

Autrement dit, en lisant son correspondant, chacun imaginerait l’orthographe qui lui convient et tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes orthographique.

 

Solution 2 : Les enfants apprennent l’orthographe telle qu’elle était enseignée il y a au moins 60 ans, c’est-à-dire que nous revenons à ce que ma génération a connu : dissertation avec plus de 15 fautes d’orthographe = zéro, la tête à Toto ! Et comme, outre des fautes de distractions, il m’arrive, comme tant d’autres du même âge que moi, de faire malgré tout des fautes d’orthographe authentiques (http://le-bosse-fort.over-blog.com/article-l-orthographe-aaaaaaah-117945447.html , http://le-bosse-fort.over-blog.com/article-l-orthographe-et-le-francais-aaaaaaah-2-120221548.html ), ce dont je suis désolé, je me demande s’il ne faudrait pas remonter à l’enseignement que reçut ma grand-mère paternelle dont, je l’ai dit ailleurs dans ce blog, je tiens un volumineux cahier de cuisine. Jamais je ne l’ai véritablement prêté, mais j’ai plusieurs fois accepté que des proches y lisent une recette, moi tenant fermement le cahier pour éviter toute disparition (Oh ! Je ne suis pas spécialement méfiant, mais je connais trop bien, grâce aux trous qui ‘emplissent’ ma bibliothèque, ces livres que l’on a prêtés à de très bons copains qui avaient pourtant affirmé promis-je-te-les-rends-la-semaine-prochaine !) : jamais personne n’a relevé la moindre erreur tant orthographique que grammaticale, et ma mère-grand, pour m’exprimer comme Le Petit Chaperon Rouge, avait pour tout diplôme son Certificat d’étude.

 

Solution 3 : Nous nous décidons à réformer notre orthographe, mais nous ne le faisons pas dans l’improvisation et l’illogisme le plus complet, j’entends en simplifiant les mots sur lesquels buttent paraît-il le plus de francophones.

Ça, c’est de la réformette  digne de Monsieur Bricolage !

 

Je n’ai strictement rien contre l’écriture de nénufar à la place de nénuphar. Toutefois, en ancien potache bien casse-pieds, je m’entends lancer à la maîtresse M’dame pourquoi nénufar s’écrit-il avec un « f » alors que ‘orthographe’ et ‘pharmacie’ s’écrivent avec ‘ph’ pour rendre le son « f » ?

 

Réponse de la maîtresse ? Il était une fois une langue, la nôtre, qui était essentiellement issue du latin et du grec. Les Grecs, pour rendre le son « f », utilisaient une lettre, le « phi », que les latins ont rendu par « ph » et nous avons suivi cette habitude jusqu’au jour où des gens bien intentionnés, sous prétexte de simplifications, ont mis une belle pagaille en décidant que désormais certains mots en « ph » s’écriraient avec un « f ». Nénufar, parents des Nymphéas de Monet (au fait, va-t-il falloir écrire « nymféa » et « nymfe », voire « ninfe », car après tout, pourquoi conserver ce stupide « y », ainsi que le « m » ?), fait partie de ces simplifications supposées, mais ni pharmacie et orthographe n’entrent dans ce cadre. As-tu compris Canard du Bossefort ?

 

Pas trop, M’dame, mais en tout cas, je ne vois pas où est la simplification puisqu’elle crée des exceptions à une règle étymologique qui était pourtant assez simple en elle-même.

 

Bref, mon opinion personnelle est que la réforme en cours (provisoirement ?) ne va rien simplifier du tout mais, bien au contraire, accroître la jolie pagaille déjà existante ; il n’y aura plus aucun repère étymologique (pour les tordus qui ont encore quelques notions de grecs et de latin qui se demanderont si ce « f » est ou non un ancien « ph ») mais une simple question de mémoire.

 

Le vrai problème de l’orthographe en France est que jamais nous n’avons été capables de nous décider entre une orthographe réfléchie et « savante », car étymologique, et une orthographe simple, car phonétique.

 

Du coup, jugement de Salomon, les premières grandes réformes orthographiques ont coupé en deux les décisions délicates à prendre et l’on obtient, ici ou là, de sublimes incohérences du style bien connu de mon amour éternel et de mes amours éternelles, car les grands auteurs de la langue française que l’on utilisait également pour fixer l’orthographe que l’on allait enseigner aux bambins avaient utilisé le mot tantôt au masculin, tantôt au féminin. Comme personne n’eut suffisamment de cran et d’autorité pour trancher, on déboucha sur cette solution bâtarde, masculin au singulier, féminin au pluriel, qui, finalement, fait rire car elle procède d’un tempérament bien français.

Percer l’orthographe des Français, et vous percevrez une bonne partie de leur caractère :) !

 

Mais tout cela, d’Autres l’ont conté beaucoup mieux que je ne saurais le faire et, une fois encore dans ce bloc, je renvoie à Jean Duché, Mémoires de Madame la Langue Française, Olivier Orban, 1985…

 

… Oui, oui ! L’ouvrage a 31 ans, et n’a –sauf erreur- jamais été réédité.

Direction les bouquinistes avec une mention spéciale pour les curieux : pour € 13.50 + 2.99 de frais de port, il est disponible ici en date du 15 février http://www.amazon.fr/Memoires-madame-langue-fran%C3%A7aise-Duche/dp/285565291X/ref=sr_1_fkmr1_3?ie=UTF8&qid=1455526349&sr=8-3-fkmr1&keywords=jean+duch%C3%A9+m%C3%A9moire+de+madame+la+langue+fran%C3%A7aise .

 

Malgré son âge, l’ouvrage n’a guère pris de rides et, bien qu’il soit parfois peut-être un peu pédant, il est très facile à lire et assez souvent amusant en balançant quelques vérités premières sur l’histoire étonnante de notre orthographe.

 

Il faut, me semble-t-il, ajouter toutefois que, désormais, le problème de l’orthographe est devenu politique. Seule la bourgeoisie traditionnelle continuant à imposer à ses enfants le grec et le latin, l’orthographe étymologique c’est, pouah ! caca ! une orthographe de privilégiés vivant dans un monde intellectuellement caduque et débile…

Alor alon zi, passon a une ortografe fonétik mai zalon jusko bou !

 

Et tant pis pour la poésie et le côté amusant que cache parfois, souvent l’étymologie des mots…

… Et tant pis si cette orthographe d’incultes rappelle étrangement celle qu’avait utilisée E.P. Jacob pour illustrer Le Piège diabolique et marquer la décadence de notre civilisation…

 

De toute manière, je ne serai probablement plus là pour le voir ; alors après moi le déluge, comme disait le paternel de Noé ;-) !

 

Voila ètes-vou contens ?

 

Je vous ai en tout cas donné mon opinion sur la querelle orthographique qui s’engage et risque de faire pas mal de vagues.

 

Par ailleurs, j’aimerais rappeler combien, vous, mes étudiants, sembliez intéressés lorsque, dans la mesure de mes capacités, je vous donnais des indications étymologiques pour le fun… ou pour éviter des pièges orthographiques.

Je me souviens encore de vos visages ébahis le jour où je vous ai lancé, persuadé que vous le saviez tous, que « orthographe » était du grec qui signifie écrire droit au sens de correctement ou que « mardi » était du latin signifiant le jour du dieu Mars.

 

Si vous avez été intéressés - et pour avoir ce sentiment, je me base sur vos incessantes et pertinentes questions -, pourquoi d’autres ne le seraient-il pas ? A défaut de revenir à l’apprentissage quasi obligatoire du grec et du latin, pourquoi ne pas songer à des cours et des ateliers étymologiques pour tenter d'éveiller la curiosité sur le sens des mots et de régler certains problèmes orthographiques ?

Cela éviterait de jouer les démolisseurs des origines de notre orthographe, les destructeurs d’une partie de notre patrimoine historique et culturel, les iconoclastes de nos racines lexicales !

 

Notez que le marrant de l’aventure est que l’Académie Française nie avoir été consultée sur cette réforme orthographique (heuuu ! alors à quoi sert-elle si elle n’est pas impliquée dans des réformes de ce type ?), et Hélène Carrère d’Encausse, Secrétaire Perpétuelle la Vénérable Institution « d’enfoncer le clou, insistant sur le fait que l’Académie française n’avait eu « aucune part » dans cette réforme, « à l’inverse de ce que l’on a voulu faire croire » http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/02/13/l-academie-francaise-contre-toute-reforme-de-l-orthographe_4864931_3224.html

 

Autre situation « amusante ».

Lorsque l’on jette un regard sur des articles comme « Les 77 fautes d'orthographe les plus courantes dans les CV et les lettres de motivation ! » http://www.questionsdemploi.fr/2013/06/liste-77-fautes-orthographe-accord-grammaire-les-plus-courantes-dans-les-cv-et-les-lettres-de-motivation-candidature.html , on réalise pleinement que bien des demandes d’emploi farcies aux fautes d’orthographes passent directement à la corbeille.

Si vous en doutez, donnez par exemple un coup d’œil sur http://www.economiematin.fr/news-orthographe-relation-client-ecrit-business , bien que je me demande finalement si ce texte ne serait pas une pub pour le Certificat Voltaire :).

Et l’on veut modifier l’orthographe ?

... Et que va-t-il se passer si le lecteur-recruteur de la demande d’emploi n’est pas au courant de certaines réformes puisque, nous sommes bien d’accord, pour que ne s’élèvent pas de barricades dans les rues, nous allons pouvoir utiliser l’ancienne et la nouvelle orthographe…

…Et si le recruteur trouve ces réformes débiles ?

…Et si au contraire le lecteur ne supporte pas l’ancienne orthographe ?

Bref, outre assister à la mise en place de clans et clivages, nouvelle reprise de la querelles des anciens et des modernes, nous aurons au moins la consolation de créer un peu d’emploi à l’ANPE pour l’animation d’ateliers sur l’orthographe à utiliser lorsque l’on est demandeur d’emploi… et je me demande bien ce que l’on y dira si ce n’est que cette réforme (et probablement celles qui suivront, car si celle-ci est appliquée, il y en aura probablement d’autres du même acabit) a semé le souk dans une situation qui n’était déjà pas simple.

 

De toute manière, à quoi bon vouloir modifier l’orthographe ?

D’ici quelques années, tous les bambins apprendront à écrire sur des PC ou tablettes. Or, pour le langage courant, les correcteurs d’orthographe ne sont-ils pas satisfaisants (si toutefois l’utilisateur accepte de faire le suprême effort de tenir compte de la correction qui lui est proposée… et que, parfois, il soit capable de répondre aux options proposées) ?

Nous deviendrons encore plus dépendant de la machine que nous ne le sommes déjà, mais c’est là un tout autre débat pour lequel, soit dit en passant, je ne vois guère de solution.

 

 

Ajout du même jour (16 février 2016), peu après la mise en ligne de ce texte.

Voilà ! La partie de ping-pong sur la réforme orthographique semble engagée pour de bon.

Réponse de notre ministre de l’Education nationale à  Hélène Carrère d’Encausse.

Voir  Mme Vallaud-Belkacem fait part de son « étonnement » à l’Académie française http://www.lemonde.fr/education/article/2016/02/16/orthographe-mme-vallaud-belkacem-fait-part-de-son-etonnement-a-l-academie-francaise_4865910_1473685.html

 

Nouvel ajout, toujours le 16 février, en fin d'après-midi

Je ne vais pas tenir le journal de cette 'affaire' mais, à en croire http://www.francetvinfo.fr/politique/ps/najat-vallaud-belkacem/reforme-de-l-orthographe-la-querelle-entre-najat-vallaud-belkacem-et-l-academie-francaise-en-quatre-actes_1317303.html#xtor=AL-54-[article], ladite 'affaire' serait légérement différente de ce que j'avais cru comprendre, peut-être à tort.

Pour la suite, suivez-vous même les informations... :)

 

19 février : encore et toujours un ajout car l'actualité l'impose ;)

Parlant d'orthographe ainsi que de ses problèmes et conséquences sur la vie quotidienne, il est difficile de passer sous silence le récent reportage d'Envoyé spécial http://www.francetvinfo.fr/france/video-envoye-special-le-prix-des-fautes_1321885.html#xtor=AL-54-[video

Cela dit, stop : je cesse de mettre à jour ce topic... :)

 

 

 

A part ça, je suis toujours dans la rénovation de l’appartement que j’occupe avec ma compagne. En mars, cela fera un an que nous aurons commencé et je ne pense pas qu’elle sera achevée avant la fin de l’été de 2016, ne serait-ce que parce que j’ai quelques travaux de peinture à faire qui nécessitent un maximum de ventilation et que j’attends que la chaleur extérieure soit suffisante pour pouvoir laisser ouvert l’ensemble des fenêtres.

 

Mais de ces travaux de rénovation, nous parlerons une autre fois. Je sais que certains attendent des précisions.

 

 

A dire vrai, j’étais venu venu sur ce blog non pour parler orthographe ou travaux d’appartement, mais pour vous raconter mes aventures et mésaventures ;-) au cours du séjour à la montagne que j’ai effectué, bien évidemment, avant les vacances scolaires pour éviter l’affluence aux remontées mécaniques.

 

Innovation : je porte un casque… moi qui m’étais juré de ne plus jamais en remettre un le jour où j’ai abandonné toute velléité de compétition. Motifs ? Si ces s*** de casques donnaient un air de champions en champignons (la forme de certains casques de l’époque –milieu des années de 1960- impose cette remarque un peu idiote) et pouvaient grandement favoriser la drague, ils étaient trop inconfortables (sur ce plan il y a eu de très, très gros progrès) et étaient une entrave totale au parfum de liberté que procure le ski. Car quoi de plus sympa que le petit sifflement que fait le vent dans les oreilles, le crissement des carres sur la neige ou encore le bruit feutré des skis dans la poudreuse ? Avec un casque on n’entendait rien et, là, les progrès ne sont franchement pas terribles.

 

Cela étant, il y a des années que tout ce qui touche le ski et sa sécurité engage les glisseurs de tout poil à mettre un casque. J’ajoute, avec grande tristesse, que si ma mère en avait porté un, n’aurait pas eu de si graves conséquences sur sa santé physique et psychique le coup de spatule qu’elle reçut un jour sur une tempe.

 

En début de saison, ma vénérable fille m’a rapporté la conversation qu’elle avait eue avec la propriétaire d’un restaurant d’altitude, l’un de nos bistros favoris où nous allons non pour manger (prendre un vrai repas lors d’une journée de ski nous coupe les pattes ; chacun fait comme il le sent) mais nous désaltérer (et nous réhydrater en abondance… attention à la quantité d’eau que l’on perd sur les pistes !). C’est une ancienne monitrice et, devant les monstruosités d’incivilité et, pire encore, de conneries que l’on voit sur les pistes, il ne lui vient plus à l’idée de skier sans casque.

Même son de cloche un peu partout dans les milieu des sports d'hiver, avec lourde insistance de ma fille (qui n‘en porte un que très rarement !).

 

Vieillerie oblige, je skie désormais beaucoup moins vite qu’autrefois en multipliant, le plus souvent en bord de piste, les virages courts pour me ralentir ainsi que les arrêts 'bicoze' je n'ai plus de jambes :), et les skieurs plus rapides qui me doublent avec raison le font parfois / souvent (j’ai écrit parfois, souvent… donc tous ne sont heureusement pas concernés, inutile de se sentir visé ! :) avec une inexpérience qui fait peur, soit qu’ils vont plus vite que ce que leur permet réellement leur savoir-faire en la matière, soit qu’ils sont un peu, beaucoup, totalement bourrés ! Oui, oui ! Bourrés, et comme des coings prime !

Car comme toutes les grandes stations, celle que je pratique le plus souvent, Huez, a hérité de ces injures à la Dame Blanche que sont ces « boîtes de nuit... et de jour », les plus connues ayant pour nom Folie Douce. Pour Huez, en ce 15 février 2016, c’est par ex. ici http://www.lafoliedouce.com/fr/les-folie-douce/alpe-d-huez.html  (cliquer sur la 3ème icône montrant un disque).

Lorsqu’il est noté « après-ski », il est à observer que dans ces établissements, l’après-ski commence à 14h (et dans les faits, même bien avant !).

 

C’est ainsi qu’aux environs de 2 300m d’altitude, là où il y a peu encore se trouvait un restaurant d’altitude où, passées les heures de pointe, régnait silence, calme, petits et un peu plus gros zozios (dont mes copains les chocards à bec jaune :) ... et l'on évite de leur donner du gluten http://le-bosse-fort.over-blog.com/article-apn-hybride-vs-reflex-olympus-iii-prise-en-main-suite-99885920.html merci pour eux :) qui venaient, sans guère de timidité, vous demander de partager un peu votre nourriture se trouve désormais un machin qui balance des décibels pseudo musicaux à qui mieux-mieux avec des gugusses et des gugussettes qui dansent (avec des chaussures de ski, ça, je reconnais, c'est plutôt amusant :) et qui boivent, boivent, boivent… et sûrement pas de l’eau ou des jus de fruits, puis qui entreprennent de s'armer de skis ou snowboard pour redescendre à la station : un possible jeu de massacre pour eux... et les autres.

Dans le 1er cas, c’est leur problème (et celui des assurances en tout genre lorsqu’ils se blessent) ; dans le 2d, sauf votre respect, ils font ch*** (nonobstant, toujours et encore, des problèmes d’assurances mais, cette fois-ci, avec, en prime, les assurances de la victime qu’ils ont percutée) !

 

A bien y réfléchir, une partie de notre jeunesse n’a pas que des problèmes avec les accents circonflexes et le « ph » pour donner le son « f » ! Sa descente d’alcool est de plus en plus phénoménale, et il n’y a pas que l’alcool…

On ne cherche pas à se mettre dans un état second sans de sérieux problèmes psychologiques.

 

Si vous deviez avoir le moindre doute sur ce que je raconte, vous pouvez faire une petite enquête.

Consultez par exemple http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/02/25/01016-20140225ARTFIG00219-la-consommation-d-alcool-sur-les-pistes-un-phenomene-dangereux.php . Si tant est que les statistiques indiquées soient fiables, vous y apprendrez, comme moi, qu’en Autriche «un skieur sur cinq descendrait les pistes après avoir descendu au moins un verre d'alcool. Et toujours en Autriche, 29% de ceux qui étaient impliqués dans un accident avaient un taux d'alcoolémie supérieur au niveau légalement autorisé au volant d'un véhicule ».

Et je ne pense pas que la France soit mieux lotie que l'Autriche après avoir jeté un coup d’œil sur http://www.leparisien.fr/societe/video-sports-d-hiver-sur-les-pistes-aussi-l-alcool-fait-des-degats-15-02-2014-3593505.php .

Ajout du 19 février : s'impose également un coup d'oeil sur "Les rois du ski à petits prix" récemment diffusé sur D8 et actuellement visible sur http://www.d8.tv/d8-docs-mags/pid5198-d8-en-quete-d-actualite.html?vid=1214975. Aux environs de mn. 31, reportage sur La folie douce. Aux environs de mn. 48 les risques du ski. Ne pas manquer le policier qui enquête sur un skieur qui en a blessé un autre et a poursuivi son chemin. Il explique que les pistes de ski deviennent comparables en incivilité et en c*** (cela, c'est moi qui l'ajoute !) aux routes ; bien vu !

 

Vrai qu’il n’y a pas que des abrutis et/ou des poivrots sur les pistes, et c’est encore heureux !

Mais il y en a, de plus en plus me semble-t-il, et ils font peur… aux autres, et probablement parfois à eux-mêmes, tant qu’ils ont encore une vague lucidité.

 

Bref, sans doute en me souvenant plus ou moins consciemment de l’accident de ma mère, nonobstant celui, impensable, je persiste à le penser, de Michael Schumacher (http://le-bosse-fort.over-blog.com/2014/01/le-triste-%E2%80%98exemple-de-michael-schumacher%E2%80%99.html ), je me suis laissé convaincre par les attaques répétées de Miss ma fille.

Après en avoir essayé une bonne vingtaine, j’ai acquis un casque hyper léger avec des aérations un peu partout pour assurer une bonne ventilation et éviter la transpiration ; sur les oreilles un système permettant aux sons extérieurs de parvenir le plus possible jusqu’aux tympans et, enfin, la possibilité de régler le serrage de la tête.

 

Me voici donc casqué de neuf (ah, la trombine que je me paie ! :).

Le lendemain de ce brillant achat, ma fille et moi embarquons sur un télésiège. Nous arrivons au sommet, nous faisons la pose habituelle le temps de terminer le papotage en cours et de remettre les gants ainsi que les dragonnes des bâtons… Et vlan ! Je me retrouve allongé sur la neige passablement groggy.

 

Une c*** de nunuche, même pas mignonnette, venait de me shooter comme une quille de bowling parce que son niveau de ski était tel qu’elle avait été incapable de s’arrêter entre l’arrivée du télésiège et moi !

Elle était avec un garçon qui m’a demandé au moins 20 fois « You OK ? You OK ? », ou bien parce qu’il parlait l’anglais comme moi le javanais, ou bien parce qu’il était British et a jugé que, en bon Français, je ne comprendrais que des phrases simples.

 

« Ok », je ne l’étais pas trop parce que j’étais plutôt KO par les coups reçus, le principal étant sur la colonne vertébrale à hauteur des omoplates, et le temps que je reprenne mes esprits, il n’y avait plus personne, comme par hasard.

 

Je devais avoir bien triste mine car le perchman (un pote de ma fille) est venu me demander si j’avais besoin de secours.

Non merci, c’est gentil de vous inquiéter de mon sort. J’ai simplement été sonné, je sens une vague douleur dans le dos, mais elle est partie en moins de 48h.

 

Mettre un casque pour se protéger des enfoirés qui, de plus en plus, peuplent les pistes ?

 

Allons donc !

 

Sur ce coup, c’est une dorsale qu’il aurait fallu…

 

Puisqu’il n’y a pas moyen de faire comprendre à certains nouveaux skieurs que l’on ne s’aventure pas sur des pistes ne correspondant pas à son niveau personnel (franchement, le télésiège concerné conduit à des pistes pas très difficiles mais qui exigent néanmoins que quiconque l’emprunte soit capable de se laisser glisser, puis de s’arrêter à l’arrivée du télésiège… s’il entend arriver en bas des pistes en cause sans encombre !), je suis preneur d’une armure efficace, mais légère.

 

Si vous en avez une à me proposer, faites-moi signe.

 

En attendant, je me replonge dans la sinistrose de ces temps dans lesquels rien ne va plus.

Nous sommes probablement à la fin d’un monde, d’une civilisation. Chantons donc avec Dylan que The Times They Are A-Changin’, en espérant que le monde futur sera mieux, ce dont je doute quand je vois monter la xénophobie, le radicalisme et les discours agressivement religieux de tout poil…

 

Finalement, je crois que je vais repartir dans « mes » montagnes. Le vent qui y souffle est moins porteur de messages d’angoisse et, souvent également, d'horreur… and blowin’in the wind

 

Si vous me chercher et que je ne réponds pas, recevez par anticipation la photo légendée que j’ai envoyée à plusieurs amis qui se demandaient où j’étais passé lors de mon dernier séjour

 

A++

 

 

 

ortografe é Kaskoski  (orthographe et casque au ski)

N.B. Les illustrations sont de Miss ma fille. Depuis qu'elle a un Smartphone avec je ne sais plus combien de millions de pixels et un objectif pas trop pourri, je prends de moins en moins un appareil photographique pour aller sur les pistes. Je rêve qu'elle ait un jour sur son super engin une application informant de l’approche d’un OGNC (Objet Glissant Non Contrôlé) qui émettrait le son d'une corne de brûme. Cela mettrait de nouveaux sons incongrus dans ces pauvres montagnes et aurait le mérite d'informer les pauvres pingouins dans mon genre qu'il faut chercher un abri...

 

... Dites, les sagouins des pistes, ça ne vous emmerde pas trop d'emmerder les autres ?

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 18:35

En ce bien lamentable weekend du 13 au 15 novembre, j’ai malgré tout réussi à sourire en recevant ce courriel par le biais de ces blagues et PJ que l’on adresse aux amis

En ce moment, j’essaie de me faire des amis en dehors de Facebook tout en appliquant les mêmes principes.
Alors tous les jours, je descends dans la rue et j’explique aux passants ce que j’ai mangé, comment je me sens, ce que j'ai fait la veille, ce que je suis en train de faire, ce que je vais faire ensuite, je leur donne des photos de ma femme, de ma fille, du chien, de moi en train de faire le jardin, à la piscine…
J’écoute aussi les conversations des gens et je leur dis «j’aime !».
Et ça marche : j’ai déjà 3 personnes qui me suivent : 2 policiers et un psychia
tre.

(Auteur anonyme, en tout cas pour moi)

Oui… C’est un peu léger face à l’horreur, mais il faut savoir se contenter de peu en ce moment.

J’adresse le témoignage de ma sympathie à tous ceux qui ont souffert directement ou indirectement dans leur corps ou leur esprit de cet attentat débile.

J’adresse toutes mes condoléances aux valeurs de pacifisme que l’on croyait acquises et remercie celui qui, anonymement (avant que les médias ne l’identifie), est venu jouer au piano Imagine sur l’un des lieux du drame (pour ceux qui auraient zappé l’info voir par ex. http://www.huffingtonpost.fr/2015/11/14/paris-bataclan-imagine-piano-hommage-video_n_8563216.html)

Parmi les commentaires qui ont attiré mon attention, il y a celui-ci http://www.slate.fr/story/109981/daech-vraie-nature

Bonne semaine à chacun de vous malgré tout.

Un bien triste weekend…
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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 08:34

Aucun billet depuis fin mars...???

Non, non ! Je ne suis ni en voyage (dommage... enfin si, je suis allé en Bretagne cet été au plus fort de la canicule :), ni malade (du moins, je l’espère:). J’ai simplement entrepris de rénover l’appartement que je partage avec ma compagne, et me suis lancé là dans une opération de 'chtarbé grave' qui, de surcroît, avale tout mon temps.

J’y reviendrai peut-être un jour… lorsque j’aurais terminé :).

Cela dit, bonjour à tous !

Je fais sortir ce blog de sa léthargie passagère, car quelques-uns de mes plus fidèles followeurs (ou followers, as U like) me demandent quelle est la cause de ce silence de près de 6 mois (ceux auxquels je n’avais pas encore répondu par courriel ont désormais leur réponse) ou / et m’interrogent (avec menaces de représailles si je ne réponds pas :) sur la prestation de Nadine Morano ainsi que sur les réactions qu’elle provoque, et c'est là le thème de ce post.

Avant-hier, samedi 26 septembre vers 23h sur France 2, l’homme à l’éternel sourire en coin qui se trouve drôle avec ses vannes à la François Hollande (1), Laurent Ruquier, recevait avec ses disciples et son public acquis d’avance Nadine Morano pour son émission hebdomadaire, On n’est pas couché.

Après l’avoir bien titillée (2), celle-ci, fidèle à son franc parler et ses idées pas toujours politiquement correctes, nonobstant quelques gaffes parfois étonnantes (mais les médias n’en ajouteraient-ils pas un peu ?), lâchait "nous sommes un pays Judéo-Chrétien, le général de Gaulle le disait [notons en passant l'argument d'autorité ou assimilable pour se couvrir], de race blanche, qui accueille des personnes étrangères (...). J'ai envie que la France reste la France. Je n'ai pas envie que la France devienne musulmane, vous voyez. Car dans ce cas, ce ne serait plus la France." (voir par ex. http://portail.free.fr/actualites/france/5988797_20150927_nadine-morano-dit-que-la-france-est-un-pays-de-race-blanche-dans-onpc-twitter-rentre-dans-une-colre-noire.html , mais il y a des articles sur la question plein le web et, bien sûr, il y a le replay de l’émission mn. 1.48.28 pour la phrase litigieuse –les minutages indiqués, ici comme ailleurs, sont approximatifs au niveau des secondes, cela même si j'en note 28, ce qui est un peu ridicule pour une approximation, j’en conviens :), mais comme un gros niais j'ai recopié ce qu’indiquait le lecteur utilisé sans me poser de question).

Ah ! Qu’il jubilaient dans leur coin, ‘le Ruquier’ et ses chroniqueurs complices ; ils tenaient leur petit scandale de la soirée : le but était atteint après plus de 1h30 d'émission, avaient-ils déjà mieux fait ?

La grande admiratrice de Nicolas Sarkozy leur faisait un cadeau de roi en leur servant non du petit lait mais, c'est aujourd'hui en France le summum des émissions politiques, c'est l'hydromel des pseudo-dieux-journaleux (je n'ai pas écrit des journalistes, je les respecte, eux !), du bleu Marine 100% pur fruits (3).

Voilà qui allait faire le buzz ; voilà qui allait probablement améliorer leur audimat pour les semaines à venir.

Sur le plateau, et plus encore sur Twitter, certains se déchaînèrent. Profitant probablement d’un jugement récent qui a donné raison à Guy Bedos –ils ne sont toutefois pas des humoristes reconnus- (http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/09/14/injures-envers-nadine-morano-guy-bedos-relaxe_4756629_1653578.html ), ils la traitèrent de c*** et autres mots hyper gentils et sympas.

Vrai que le propos de Nadine Morano est sur bien des plans plus que largement discutable, critiquable, condamnable, même, particulièrement du fait de son orientation politique officielle, seul plan que je retiendrai ici bien qu'il y aurait beaucoup à dire sur les autres, car la traiter ouvertement de c*** pour autant me paraît tout aussi c*** ; c’est qualifier ainsi du même coup les plus de 25% de Français (+ tous ceux qui ne le disent pas, mais qui n’en pensent pas moins et, à mon avis, ils sont nombreux… y compris à gauche !) correspondant aux intentions de vote du FN (http://www.bfmtv.com/politique/sondage-regionales-2015-la-droite-35percent-devancerait-le-fn-et-le-ps-917965.html ), parti qui prône largement ce genre d’idées.

Et si traiter son voisin de c*** est très à la mode chez les bobos (4), je ne pense pas que ce soit en injuriant plus d’un Français sur 4 que l’on règlera le problème, cela même si Brassens a bien raison… C'est injuste, Madame, et c'est désobligeant Que ce morceau de roi de votre anatomie Porte le même nom qu'une foule de gens (Le Blason)...

Mais sans doute que citer Brassens en 2015, c’est avoir des valeurs procédant de de Gaulle, voire Clovis, bref que c’est nul car c’est refuser d’avancer intellectuellement (allusion à une vanne supposée amusante lâchée au cours de l’émission, mais je n’ai pas le minutage et absolument aucune envie de le chercher… Vidi l'émission, et je ne vais pas la re-vidi –re-videre, plutôt- de nouveau ! Wouhhhaaa ! Le bou-let ! Après avoir ironisé en évoquant les dieux de l'Olympe, a présent, il fait des bulles se référant à César ! Assez ! Mais faites-le taire !).

Tout ce tapage n’empêche pas que persiste le problème de fond.

Il y a un vif malaise en France (et en Europe !) sur ces questions, Nadine Morano en témoigne, et je persiste à penser que pour le résoudre, le débat est préférable au mépris, à l’injure, à la diabolisation tout azimut, au terrorisme de la pensée et de l'expression aussi choquantes que puissent être les idées pour l'un, ou pour l'autre.

Il y a des Français qui pensent que...

Expliquons leur avec dignité et respect pourquoi cette pensée est erronée.

Et tant pis si cette attitude me fait passer pour le roi des c***.

Ajout du 2 octobre.

Hier, lundi 1er octobre, C dans l’air (France 5), était consacré à l’Affaire Nadine Morano (‘Morano : ballotage défavorable’).

J’ai beaucoup apprécié Me. Dupont-Moretti qui ouvre son propos par une déclaration qui me va droit au cœur : « la liberté a pour corollaire l’excès, et moi je préfère l’excès de liberté à la censure [...]. Je suis un adepte de la liberté, de la liberté d‘expression [...]. On a une langue qui est cadenassée, cadenassée par le législateur, par exemple, lorsque l’on dit Madame le Président, c’est un tiers des indemnités en moins (5)... L’Académie préconise Madame le Président et, voyez-vous, que cela fasse débat, ça me chagrine » (mn. 3.10 et ssuivantes).

Hélène Pilichowski rebondit, « il y a en France cette pensée unique qui met une chape de plomb sur le débat » (18.48).

Et Me Dupont-Moretti de poursuivre, « ce qui m’inquiète c’est qu’au travers de la liberté de Nadine Morano, la mienne est menacée [...]. Je trouve ses propos très choquants, je les trouve idiots, et la conjugaison entre la race et la religion est un non sens ; il y a beaucoup de musulman qui sont de races blanche au sens où on l’entendait autrefois (6), [...] Ce qui me chagrine un peu c’est que les gardiens du temple nous interdisent également à nous aussi un certain nombre de choses [...]. On cadenasse notre pensée, notre liberté, même lexicale. Et plus on nous enserre dans des mots choisis, et plus on limite notre pensée, parce que l’intelligence, elle s’exprime par des mots [...]. Ce qui me préoccupe, c’est qu’on est en train de nous formater dans un langage qui est celui d’une certaine forme de bien-pensants » (mn. 19.24).

Et puis zut ! Allez voir l’émission en replay si vous êtes intéressés.

Je note toutefois quelques moments forts :

Mn. 26 : « Est-ce que vous pensez qu’elle [Nadine Morano, bien évidemment] était venue pour dire ça », interroge Yves Calvi, le présentateur ? Allez chercher les réponses proposées si elles vous intéressent. Je note simplement que se pose la question de savoir si Ruquier et les siens ne se seraient faits prendre à leur propre piège. Nadine Morano serait peut-être venue à ONPC pour créer un scandale apte à drainer vers elle des électeurs qui pensent qu’elle a raison, et Yves Calvi de se référer à Pierre Lelouche qui a fait observer que Nadine Morano avait dit tout haut ce que pensent beaucoup de gens (mn. 7.40), le tout lors d‘une émission à large audience. Voilà au moins un idée qui me fait sourire, voire rigoler : n’est pas déplaisante l’idée de voir des ’pros’ de la provo pour créer des polémiques stériles genre tempête dans un verre d’eau (la bulle n’est pas de moi) se faire coiffer au poteau par une femme réputée pas très fufute pour servir ses propres intérêts ; bref, l’histoire de l’arroseur arrosé.

Certes ! Dommage toutefois que ne soit ne pas des plus reluisants le thème choisi pour donner cette leçon de ni-vu-ni-connu-je-t’embrouille

J’ai encore appris que les cadres du FN avaient désavoué la déclaration et que, finalement, Nadine Morano ne court pas derrière le Front National, elle court devant le Front National (Claude Weil, mn. 8.00) ; elle ne serait plus du tout ‘sarkophile’ (l’expression n’est pas non plus de moi).

P.S. Au fait ! Aucun rapport avec ONPC (quoique, je le rappelle, je n'ai pas eu le courage de regarder l'intégralité de l'émission, et que j'ignore donc si la question a été abordée), mais le Général de Gaulle " l' " a-t-il dit ?

J'étais comme vous : aucune idée bien nette.

J'ai trouvé une réponse ici http://www.francetvinfo.fr/politique/ump/nadine-morano/la-france-un-pays-de-race-blanche-le-general-de-gaulle-a-t-il-vraiment-tenu-ces-propos_1103469.html

  1. J’entends qu’elles ne font rire que lui et sa cour. Soyons sans équivoque. Je ne regarde JAMAIS On n’est pas couché. Me soulent ces émissions à la provo facile dont le but manifeste est de tenter par tous les moyens (y compris la mauvaise foi manifeste) de tourner en ridicule les invités… qui ne partagent pas les opinions du présentateur et de ceux qui l’aident à animer le débat. Pour répondre àvotre demande, j’ai visionné l’émission en replay (merci Captvty) et j’ai craqué par lassitude peu après la ‘fameuse’ déclaration de Nadine Morano dont il va être question.

  2. Je veux bien croire que, d’entrée, Nadine Morano ait pu prendre les boules. Je suis sans doute un vieux c*** qui appartient à un autre temps, mais lorsqu’une femme arrive alors que je suis assis, je me lève pour la saluer. Mn 53.30, vous pouvez aller voir : pas un des animateurs (y compris Ruquier !), pas un des invités ne se lève. Ce sont les fesses bien callés sur un siège qu’une main lui est tendue. Concernant le ‘titillage’, voir les questions de Laurent Ruquier posées à la Députée européenne sur sa candidature au primaire dont celle-ci : puisque Nicolas Sarkosy est si bien pourquoi vous présentez-vous contre lui (mn. 58), avec Léa Salamé qui en ajoute une couche (mn.59 ; 1.01.45). Voir encore la crise qu’elle prend sur l’image déformée qui est donnée d’elle. Voir toujours Laurent Ruquier qui la titille de nouveau en la présentant comme une carriériste qui chercherait à être ministre, voire Premier Ministre (mn. 1.02.26). C’est encore le rire moqueur et non dissimulé de Léa Salamé (mn. 1.04.55) lorsque Nadine Morano laisse entendre qu’elle est à l’origine de mesures budgétaires en faveur des réfugiés votés par le Parlement européen. Vient encore la provo de Yann Moix (mn. 1.05.37) qui, avec le sourire narquois et niais de celui qui se prépare à ridiculiser son interlocuteur, lance « … et comme ça, ils [les réfugiés] ne viennent pas nous visiter, en plus ». Puis elle est mise en boîte sur ses compétences en politique internationale et sur ses démêlés avec Guy Bedos (ici, Ruquier est sympa en tentant une réconciliation pour qu’ils aillent manger italien à trois, elle, lui et Guy Bedos). C’est ensuite Yann Moix qui revient à la charge en se lançant dans une embrouille où il semble avoir mélangé plusieurs déclarations de Nadine Morano dans le but de la mettre face à ce qu’il considère comme des contradictions et qui, avec une suffisance agaçante, lance une vanne pour s’en sortir sous les applaudissements du public. Nadine Morano, piquée au vif, est amenée à s’exciter sur la réglementation interdisant le port du voile qui n’est pas appliquée et qu’elle considère comme une provocation à la République. Etc., etc. Tout cela est débilitant et me rappelle le petit roquet qui grogne et ne veut pas lâcher l'os qu'il ronge et ronge encore.

  3. Voir le replay d’ONPC mn. 1.58.08. Léa Salamé fait observer à Nadine Morano qu’elle tient des propos similaires à ceux de Marine Le Pen (ou/et inversement…) ; la députée en convient avec naturel.

  4. Laurent Ruquier observe que se traiter de c*** est à la mode et qu’il y a même un film qui utilise le mot, Connasse princesse des cœurs (mn.1.13.28)

  5. Allusion aux ennuis du député Julien Aubert qui a préféré s’en tenir aux règles de l’Académie Française (puriste de la langue avec ou non un pointe de provocation ?) plutôt qu’au règlement intérieur de l’Assemblée Nationale, v. par ex. http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20141112.OBS4742/madame-le-president-sanction-confirmee-contre-le-depute-ump.html ; http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20141007.OBS1370/faut-il-dire-madame-le-president-ou-madame-la-presidente.html  ; etc.
    Question : quel est au juste le rôle de l'Académie Française si ce n'est plus de déterminer le bon usage de notre langue ? Si l'Assemblée Nationale et ses réglements priment désormais, notre langue prend un déplaisant parfum politique et, en tout état de cause, il faut renvoyer les Académiciens dans leur foyer, cela fera des économies budgétaires :).

  6. Voilà une prudence dans l’expression qui s’explique par l’intervention de Claude Weill qui avait peu avant expliqué que le mot race était à bannir (mn. 5.08 ; voir également reportage aux mn. 47.31 s. et le débat qui suit). Il demeure que je suis convaincu que dans l’esprit de beaucoup (et je pense qu’il en était de même dans celui de Madame Morano), il y a l’espèce humaine qui se divise en race noire, jaune, boule de neige (est-il encore possible de plaisanter sur ma couleur de peau ? :)… Désormais, dans cet étrange pays, il va falloir se promener avec diplômes en poche : quiconque prononcera le mot race pourra être poursuivi s’il est avéré qu’il est supposé avoir des compétences en génétique, anthropologie, etc. et savoir que le mot race est une imbécilité, comme le déclare Claude Weill (mn. 6.4). C’est tout a fait exact, mais c’est néanmoins du grand n’importe quoi cet élitisme à la petite semaine ! Ce n’est pas le mot qui compte, c’est le sens qu’on lui donne. Dommage que, depuis quelque temps, certains tenants du bien-penser semblent faire primer la forme sur le fond. C’est tellement plus facile !

 

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 13:33

 

 

Bonjour les l@pins !

 

Oui, oui ! J’ai vu l’autre jour sur France 5 ‘La vérité sur l’arche de Noë’ http://www.france5.fr/emission/la-verite-sur-larche-de-noe . Mon expression d’autre jour étant sans aucun doute très discutable puisque l'émission avait été programmée la veille de Noël 2014 et rediffusé le 10 Janvier 2015. Comme je l’avais enregistrée lors de son premier passage, et que ce n’est qu’en recevant vos mails me demandant ce que j’en pensais que je l’ai regardée -enfermé dans mes activités prenantes et intenses de retraité ;)… je l’avais oubliée- ; c’est donc bien pour moi un autre jour peu lointain car mon ‘visionnage’ ne remonte tout au plus qu’à une semaine.

 

Ce que j’en pense ?

Rien… !

Que voulez-vous que j’en pense si ce n’est que, comme d’habitude, il convient de remettre à l’heure nos connaissances sur la question, celles que je vous avais transmises en cours il y a quelque 5 ans et plus et, pour ce faire, il conviendrait d’aller plus loin que ce documentaire en consultant l’ouvrage qu’a publié Irving L. Finkel, The ark before Noah (Hodder and Stoughton, London, 2014).

Je viens de le commander sur http://www.amazon.fr/Ark-Before-Noah-Decoding-Story/dp/1444757083/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1426509799&sr=8-1&keywords=The+ark+before+Noah -non, aucune traduction ne semble avoir été publiée-.

Sans doute y a-t-il également une publication scientifique.

J’avoue ne pas l’avoir cherchée pour l’instant.

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MàJ du 5 mai.

Oh ! Les râleurs ! On se calme et l'on regarde la date de mise en ligne d'un post avant de critiquer niaisement !

Oui : le livre d'Irving L. Finkel est désormais disponible en français (http://www.editions-jclattes.fr/livre-l-arche-avant-noe-irving-finkel-589263 avec date de parution en avril 2015), mais il ne l'était pas lorsque ce billet a été rédigé (le post, lui, date du 23 mars 2015 conformément à ce qu'a enregistré Overblog lorsqu'il a été mis en ligne et conformément qui est indiqué en haut de cette page).

On réfléchit un tout petit peu, merci :) !

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Quelques mots pour ceux qui ne seraient pas au courant.

 

Irving L. Finkel, assyriologue au British Museum, s’est intéressé à une tablette babylonienne parvenue dans les collections du musée londonien par le biais d’une famille d’amateurs qui la possédait depuis la Seconde Guerre mondiale et qui souhaitait savoir si elle avait un intérêt historique quelconque.

 

Etrange, parfois, le hasard…  

 

La tablette a été datée des env. de 1750 av. n.è.

Une divinité annonce à un certain Atra-hasis (l’Infiniment Sage et prototype de Noé) –(1)- l’arrivée imminente d’un déluge et lui ordonne, comme dans l’Epopée de Gilgamesh,  de détruire sa maison afin d’en récupérer les matériaux pour faire une arche circulaire ; un gigantesque coracle (v. par ex. http://decouvertes-archeologiques.blogspot.fr/2014/01/dapres-une-ancienne-tablette-dargile.html) que, compte-tenu de ses dimensions, il conviendrait de nommer kouffa à en croire l’une des précisions données dans le documentaire (mn. 10.15) 

 

Stoooooooop !

Voici la nouveauté, car le reste de l’aventure de ce Noé avant la lettre ne change guère la synthèse de l’ "affaire".

 

Ci-dessous, une capture d’écran faite à partir de l’émission diffusée sur France 5 qui montre le passage du texte mentionnant que le 'navire' (quel grand mot !) était rond (merci à Bling and Yap Ark Productions et à France 5 d’avoir la gentillesse de fermer les yeux du côté du Copyright étant entendu que si cet emprunt et ceux qui suivent devaient poser le moindre problème, comme je l’ai mentionné dans d’autres billets de ce blog, je retirerai les images concernées sur simple courriel. Merci :))

 

Noé et son arche… peut-être ronde comme une soucoupe volante :)

 

L’embarcation aurait donc été circulaire et, sur ce coup, je m’amuse, rigole, kife et jubile !

 

Au moins 20 ans que je suggérais dans mes cours que l’arche de Noé initiale (autrement dit celle de Zuisudra,  Uta-Napishtim et autres ‘sauvés des eaux’ d’un déluge) aurait pu être circulaire.

Pour vous rafraichir la mémoire, souvenez-vous de quelques-unes des illustrations que je vous proposais pour soutenir mes suggestions.

 

Couffin d’osier non mésopotamien mais vietnamien où il prend le nom de thuyền thúng (Musée de Douarnenez). Notre sujet joue la dérive des continents, certes, mais je vous rappelle les déboires photographiques que j’ai eus en Irak (http://le-bosse-fort.over-blog.com/2013/12/num%C3%A9riser-des-diapositives-5-5-reprise.html voir commentaire peu avant la photographie montrant la ziggourat d’Ur). J’avais fait des photos de coracles (ou kouffa) dans les marais du sud de l’Irak, mais les diapositives sont passées à la benne.  Pour un coracle mésopotamien, voir illustration suivante.

Couffin d’osier non mésopotamien mais vietnamien où il prend le nom de thuyền thúng (Musée de Douarnenez). Notre sujet joue la dérive des continents, certes, mais je vous rappelle les déboires photographiques que j’ai eus en Irak (http://le-bosse-fort.over-blog.com/2013/12/num%C3%A9riser-des-diapositives-5-5-reprise.html voir commentaire peu avant la photographie montrant la ziggourat d’Ur). J’avais fait des photos de coracles (ou kouffa) dans les marais du sud de l’Irak, mais les diapositives sont passées à la benne. Pour un coracle mésopotamien, voir illustration suivante.

D’après http://www.cherini.eu/etnografia/CCB/slides/Etno_0036.html

D’après http://www.cherini.eu/etnografia/CCB/slides/Etno_0036.html

Planche de Jacques Martin dans la 16ème aventure d’Alix, « La Tour de Babel » (Casterman, 1981). Puisque l’arche de Atra-hasis étaient ronde, bien vu les chevaux dans des coracles... ! (Un grand merci anticipé à Casterman et aux ayants droits du dessinateur pour l’emprunt de cette illustration que, ici comme ailleurs, je retirerai sur simple courriel si son insertion dans ce billet posait le moindre problème)

Planche de Jacques Martin dans la 16ème aventure d’Alix, « La Tour de Babel » (Casterman, 1981). Puisque l’arche de Atra-hasis étaient ronde, bien vu les chevaux dans des coracles... ! (Un grand merci anticipé à Casterman et aux ayants droits du dessinateur pour l’emprunt de cette illustration que, ici comme ailleurs, je retirerai sur simple courriel si son insertion dans ce billet posait le moindre problème)

 

Pour arriver à cette proposition d’une arche ronde, je m’appuyais sur le fait qu’il était invraisemblable que l’embarcation ait pu être carrée, conformément au texte de l’Epopée de Gilgamesh qui précise qu’elle devra être « équilatérale, à  longueur et largeur identiques » (2), et que, conformément aux prescriptions divines, Uta-Napishtim la réalisa sur une base de « 3 600m2 de superficie, 60m de flanc ; son périmètre externe carré sur 60m de côté …» (3).

 

Cette pré-arche de Noé fait songer à un cube éventuellement surmontée de plusieurs étages, soit alors un volume parallélépipédique, la flottaison se faisant non sur une grande mais une petite face (4). Or, à défaut d’avoir de solides notions de physique théorique, j’ai une grande expérience de jeux défiant l’équilibre avec des objets de toute forme alors que Sa Blondeur (ma fille) était dans la baignoire quand elle était bébé, et je sais par expérience qu’à la première ‘vagounette’ une embarcation ayant ces formes se retourne lamentablement :), même pas avec la grâce d’une crêpe que l’on fait sauter jusqu’au plafond.

 

Partant alors de la constatation selon laquelle quand les textes prébibliques donnent une précision sur les dimensions du bateau il n’y en a qu’une, l’idée un peu farfelue, j’en conviens, m’était venue que ce pourrait être la valeur non du côté d'un carré, mais d’un rayon ou d’un diamètre puisque l’iconographie des civilisations anciennes de la Mésopotamie montre des embarcations d’une forme qui nous est classique (elles ont alors, bien sûr, longueur, largeur, hauteur, comme l’arche la Bible -(5)-) et également des coracles, embarcations rondes, qui parfois, sont lourdement chargés de blocs de pierre.

Le British Museum en expose quelques exemplaires supportés par des bas-reliefs.

 

Si donc la découverte d’Irving Finkel est authentique, et je ne vois aucune raison d’en douter, ma suggestion qui déclenchait parfois la stupéfaction, parfois l’hilarité sympathique de la promotion à laquelle je m’adressais serait une réalité et, j’y reviens, car sur ce coup là je n’entends pas avoir le triomphe modeste : je m’amuse, rigole, kife et jubile :-).

 

La tablette étudiée par Irving Finkel mentionne que l’arche –comme celle de l’Epopée de Gilgamesh- devra avoir 1 acre (soit 3600 m2) pour quelque 200 pieds (60m) de diamètre ce qui représente une armature de 1.500 tonnes de bois (information donnée dans le documentaire de France 5) dans un environnement où les arbres sont rares pour ne pas dire inexistants. Le Dailymail a observé que ce coracle géant correspond à 6 bus à impérial (http://www.dailymail.co.uk/sciencetech/article-2753211/Noah-s-Ark-revealed-Scaled-replica-based-4000-year-old-tablet-s-instructions-build-hand-India.html)

 

Irving L. Finkel a contacté Tom Vosmer (v. par ex. http://www.academia.edu/6791952/Indigenous_fishing_craft_of_Oman ), Eric Staples et Alessandro Ghidoni (v. par ex. http://www.readcube.com/articles/10.1111%2F1095-9270.12055, présentation qui concerne les trois spécialistes précités de la navigation d’autrefois) pour tenter la construction d’un kouffa comparable à celui décrit dans cette tablette.

 

A noter en passant que les reconstitutions à l'identique de navires d’antan ne sont pas une nouveauté. Parmi les essais les plus marquants s’inscrit la construction d’un navire de l’Egypte pharaonique. Le but était de savoir si, conformément à l’iconographie, les navires égyptiens avaient été capables de transporter les blocs de pierre nécessaires aux constructions de la vallée du Nil. Outre des publications, cette expérience a donné lieu à un film documentaire proposé par Arte (« Quand les Egyptiens naviguaient sur la Mer Rouge », film de Stéphane Bégouin, Arte France – S & Co- NHK – Musée du Louvre 2009,  http://www.arte.tv/fr/quand-les-egyptiens-naviguaient-sur-la-mer-rouge/2488878,CmC=2889346.htm ; le film est  disponible à la vente  http://boutique.arte.tv/f4710-quand_les_egyptiens_naviguaient_sur_la_mer_rouge)

 

Les réalisateurs contemporains du kouffa d’Atra-hasis savaient pertinemment que, comme le nombre de combattants mentionnés par Homère dans l’Iliade, les 60m de diamètre procédaient de l’exagération épique.

La mesure retenue sera donc divisée par 5.

Les 12 m de diamètre restants représentent déjà quelque 35 tonnes, poids maximum qu’il est possible, selon les calculs de ces spécialistes, d’envisager avec des matériaux procédant essentiellement de bois et de roseaux tressés selon les techniques millénaires imaginées pour construire des moudifs, étonnantes maisons que l’on rencontre dans les marais du Sud de l’Irak et qui apparaissent dans l’iconographie mésopotamienne la plus ancienne, notamment sur des sceaux.

 

Moudif – Le cercle tracé en façade indique celui qui aurait pu inspirer la construction des coracles lesquels auraient bien évidemment repris des techniques similaires. Capture d’écran du documentaire diffusé sur France 5 –même observation que précédemment concernant cet emprunt iconographique-.

Moudif – Le cercle tracé en façade indique celui qui aurait pu inspirer la construction des coracles lesquels auraient bien évidemment repris des techniques similaires. Capture d’écran du documentaire diffusé sur France 5 –même observation que précédemment concernant cet emprunt iconographique-.

 

Ils observent encore que la flottabilité fera remonter le fond du bateau ce qui pourrait disloquer la structure : plus l’arche sera grande, plus la pression sera forte et les 12 m. de diamètre retenus sont grandement suffisants même si, en cas de réussite, ils regretteront sans doute de ne pas avoir tenté une reconstitution d’une taille supérieure.

 

Comme dans l’Epopée de Gilgamesh (Tablette XII, vers 44 et s. –p188 de la traduction de Jean Bottéro-), la mise à l’eau de ce bateau réalisé dans le sud de l’Inde du fait de l’insécurité de l’Irak d’aujourd’hui, s’est faite avec des rondins de bois (et des boudins remplis d’air pour le kouffa reconstitué, évolution des techniques obligent).

 

Malgré quelques problèmes d’étanchéité lorsque l’embarcation fut dans l’eau, problèmes qui ont été résolus dans l’urgence et l’improvisation basée sur l’expérience (… comme le bâtiment égyptien évoqué plus haut), l’arche à fière allure :  jugez vous-même…

 

 

Kouffa reconstitué - Capture d’écran de l’émission de FR5 mentionnée ci-dessus

Kouffa reconstitué - Capture d’écran de l’émission de FR5 mentionnée ci-dessus

 

Il reste bien évident que ne peuvent décrire une réalité les textes prébibliques et bibliques qui content comment un homme, choisi par les dieux pour sa foi et sa modération dans la vie, embarqua dans une arche afin de sauver d'un déluge le genre humain ainsi que la faune et qui, pour cela, fit monter dans l'embarcation sa famille et un couple de chaque espèce animale.

 

J’invite les sceptiques à rechercher l’article déjà ancien (je n’ai rien vu passer de plus récent) de Lionel Szapiro, « Combien coûterait l’arche de Noé »,  publié dans Réponse à tout, n° 86, sept. 1997, pp. 68-69.

 

Outre le coût de la construction (estimé à 2 milliards de Francs et environ à 3 000 personnes travaillant à la réalisation du bâtiment pendant 2 ou 3 ans), il observe notamment que Noé et ses prédécesseurs auraient dû embarquer quelque 750 000 espèces avec un animal de chaque sexe plus, une fois à bord et au fil du temps, les bébés qui pourraient en résulter… Il est vrai que l’inondation est supposée n’avoir duré que 40 jours et 40 nuits et que « les eaux furent grosses sur la terre pendant cent cinquante jours » (Gen., 7, 12 et 24), ce qui fait court pour la durée de gestation de bien des animaux… quoique… (voir par ex. http://fr.wikipedia.org/wiki/Gestation ).

Et il aurait fallu nourrir tout ce ‘monde’ et donc disposer des stocks nécessaires (ce qui signifie espace pour les entreposer et construction d’un bateau capable d’en supporter le poids) en sachant que les seuls habitants à plumes, à poil et à nageoires du bois de Vincennes consomment par an 30 000 lit. de lait, 300 tonnes de foin, 120 tonnes de luzerne, 52 tonnes de poisson. Lionel Szapiro observe encore qu’entre l’Australie et l’Arabie, naviguent des tankers pétroliers reconvertis dans le transport d’animaux. On y dénombre 55 hommes pour s’occuper de l’alimentation de 125 000 moutons. Consommation d’eau douce : 100 000 lit. d’eau / jour !... Et il faut assurer une régénération de l’air ambiant toutes les 2 mn.

 

Dans son film Noé, Darren Aronofsky a identifié quelques-uns des obstacles qui viennent d'être soulevés et, indirectement, propose ses solutions.

Comment construire l'arche ?

Il fait intervenir des géants de pierre, anciens êtres de lumière déchus qui utilisent le bois d'une forêt poussée miraculeusement grâce à une graine que Mathusalem avait prélevé dans les Jardins d'Eden.

Comment réunir un couple des quelque 750 000 espèces qui marchent, volent ou rampent ?

Elles furent chacune guidées dans l'arche par Yahvé.

Et, pour éviter que le chat ne mange la souris et l’oiseau, le renard ou le loup le chat puis le lion ou le tigre le renard ou le loup et, du même coup, résoudre tous les problèmes d’intendances (nourriture, eau, entretien des animaux et de leur litière, etc.), il a imaginé que tous les animaux furent plongés dans un profond sommeil grâce à un super filtre à fumigation réalisé par Madame Noé.

Astucieux, certes... mais bien peu convaincant dans la réalité.

 

En songeant aux 750 000 espèces (à mon avis plus, n’oublions pas les variétés d’oiseaux, de papillons, de chenilles, d’escargots, de vermine en tout genre, etc.) ainsi qu’aux stocks alimentaires, puis en regardant la taille du kouffa illustré ci-dessus, on réalise sans peine qu'il faut réduire le côté quantitatif des légendes et qu’à l’origine du déluge devrait se trouver un paysan qui, face à une crue du Tigre et / ou de l’Euphrate, voulut sauver ce qu’il avait de plus précieux en embarquant sur un bateau sa famille et tout ou partie de ses bêtes -je reviendrai plus loin sur cette idée-. Il n’en demeure pas moins que l’Epopée de Gilgamesh tente de faire de l’aventure un mythe lié au désintéressement et à l’altruisme à l’égard du monde animal, sans doute parce qu’il résulte de la création divine : « Renonce à tes richesses pour te sauver la vie ! Détourne-toi de tes biens, pour te garder sain et sauf ! Mais embarque avec toi des spécimens de tous les animaux », ordonne Samas, le dieu qui entendait sauver Ut-Napishtim (6).

 

L’histoire se renouvela-t-elle plusieurs fois et y eut-il plusieurs Noé correspondant tant au personnage biblique qu’aux héros dont on trouve trace dans les tablettes mésopotamiennes, qu’ils se nomment Atra-hasis, Atram-hashum, Zuisudra, Ut-Napishtim, etc.? C’est possible. L’archéologie a trouvé trace de plusieurs crues importantes du Tigre et/ou de l’Euphrate, et l’on se souvient de la crue restée légendairement dramatique de la première moitié des années de 1950 (http://www.le-tigre.net/Le-Tigre-et-l-Euphrate.html ), avant que des barrages ne régulent les eaux.

 

Mais qu’ils soient un ou plusieurs, les Noé de l’affaire ont tous construit des embarcations fragiles qui obligent à revoir très, très grandement à la baisse ce qui fut embarqué. Faut-il rappeler que Noé est supposé avoir vécu à une époque où les hommes ne connaissaient pas le cuivre, et donc moins encore le bronze ou le fer, le clou métallique est donc inconnu, et que Yahvé ordonna en conséquence à Noé : « Fais-toi une arche en bois résineux, tu la feras en roseaux et tu l'enduiras de bitume en dedans et en dehors ».

C’est du moins la traduction que donne La Sainte Bible traduite en français sous la direction de l’Ecole Biblique de Jérusalem (Ed. du Cerf, Paris, 1956)  pour Genèse, 6, 14 (7).

 

Quant au déluge biblique, il est réputé universel puisque «  les eaux grossirent de plus en plus, et toutes les hautes montagnes qui sont sous le ciel entier furent couvertes. Les eaux s'élevèrent de quinze coudées au-dessus des montagnes, qui furent couvertes. Tout ce qui se mouvait sur la terre périt, tant les oiseaux que le bétail et les animaux, tout ce qui rampait sur la terre, et tous les hommes […]» (Gen., 7, 19-21).

 

Il est bien évident que si l’on  accepte que le Mont Ararat sur lequel est supposé s’être échoué Noé (Gen., 8, 4) doive être identifié avec l’Agri Dagi (8), le Mont Masis des Arméniens, volcan qui se trouve aujourd’hui au Nord-Est de la Turquie et culmine à quelque 5 165m d’altitude, le déluge fut obligatoirement universel en vertu du principe élémentaire des vases communicants, cela même en tenant compte des précisions données par ex. par Imago Mundi (http://www.cosmovisions.com/mers.htm, voir le § ‘niveau des eaux marines’ ; pour illustration, cf. par ex. http://www.futura-sciences.com/magazines/environnement/infos/dossiers/d/developpement-durable-eau-elle-encore-bleue-618/page/4/ ou encore http://en.wikipedia.org/wiki/Geoid, etc. )

 

Le problème provient du fait que cette identification repose essentiellement sur un rapprochement paronymique entre Ararat et royaume d’Ouratou et elle laisse grandement à désirer.

 

Il faut ici en appeler à Michel Thierry, spécialiste de l’Arménie, qui dans « Le lieu d'échouage de l'arche de Noé dans la tradition arménienne » (Syria, Tome 72, fascicule 1-2, 1995. pp. 143-158)-(9) fait preuve du plus grand des scepticismes.

 

En guise de préliminaires, il constate que la paronymie entre l’Ararat et l’Ourartou n’a aucune signification topographique « car l'Ourartou était un immense pays escarpé s'étendant de la chaîne du Taurus au Petit Caucase » (p. 143). L’Ararat = Ourartou = l’Agri Dagi en devient une localisation vide de tout élément permettant une localisation.

 

Il observe encore que l’identification de l’Ararat biblique connait une vaste concurrence qui fait visiter de nombreux lieux, et que s’est mise en place une sorte de tradition quasi-superstitieuse autour de l’Ararat / Agri Dagi grâce notamment à de possibles / probables détournements de légendes (en particulier celle de l’inviolabilité de la montagne sur laquelle Noé aurait échoué, v. sa p. 150) ainsi qu’à l’isolement et l’aspect des lieux qui sont à la fois majestueux et rébarbatifs, ce qui a dissuadé, pendant des siècles, les curieux d’aller voir s’il y traînait des vestiges de l’arche, d’autant que toute excursion en direction a été longtemps interdite par les autorités locales (p. 151-153). Cette tradition a fait son chemin bien qu’elle soit illogique puisqu’elle suppose que Noé passa par-dessus la chaîne du Taurus, masse de montage immense ;  « les fidèles n'avaient (et n'ont encore) que faire de logique et progressivement la légende fit son chemin » (p. 153). « Aujourd'hui, conclut-il, visitée par un nombre de plus en plus grand de sportifs, en quelque sorte banalisée, [l’expédition sur les pentes de l’Agri Dagi] a perdu son caractère sacré et la légende du vaisseau de Noé pris dans les glaces ne rencontre plus guère d'audience » (p. 156)… bien qu’il y ait toujours et encore des amateurs de merveilleux pour chercher l’arche sur les pentes du volcan (10).

 

Dans un tel contexte, personne ne paraît tenu de considérer l’Ararat / Agri Dagi comme une donnée acquise et incontournable dans le débat, d’autant que, de surcroît, on peut s’étonner que le lieu d’échouage de l’arche se trouve si loin, trop loin au nord.

Si le déluge ne fut jamais qu’une crue particulièrement violente du Tigre et / ou de l’Euphrate, ce qui semble le plus probable, Noé, comme d’ailleurs ses prédécesseurs,  a dû être entraîné dans le sens du courant des deux fleuves, c’est-à-dire être vers le Sud, en direction du Golfe Persique, et non vers le Nord, en direction du Caucase. Raisonner autrement serait illogique. L’identification de l’Ararat biblique avec l’Agri Dagi n’a de sens que dans le cadre d’un déluge universel car tout y devient possible du fait de l'imprévisibilité des vents et courants déchaînés par la violence du cataclysme.  L’ennui est que ce déluge universel constitue peut-être une ‘jolie’ légende (11)  mais il paraît devoir être rejetée au motif que les couches stratigraphiques de la planète n’en porte pas la moindre trace et qu’il n’y a pas assez d’eau pour que toutes glaces fondues des pôles et glaciers, tous nuages vides de pluie (12), les océans, mers, lacs, cours aient pu voir leur niveau s’élever pour atteindre les plus de 5 000m de l’Agri Dagi.

Avec le réchauffement climatique, les prévisions les plus pessimistes envisageant la fonte de tous les glaciers ne dépassent guère les 6 m. Admettons même 10, 15, 20m…

Nous sommes loin des quelque 5 000m de l’Agri Dagi !

 

Sans être le plat pays de Jacques Brel avec des cathédrales pour uniques montagnes, une bonne partie de la Mésopotamie, notamment sa partie basse, est parfois assez proche d’avoir pour tout relief, selon les époques, des ziggourats puis des mosquées avec ses minarets.

La ‘carte babylonienne’ dite de Ga-Sur (env. 2500 av. J.C, pour illustration http://blog3.luximer.com/en-savoir-sur-lhistoire-de-la-cartographie-marinehttp://commons.wikimedia.org/wiki/File:CD-001a-Tablette_de_Ga-Sur.jpg ) paraît éloquente en ne mentionnant des montagnes qu’à l’Ouest (probablement les Monts Sinjar, vers la ville de Tell Afar), et à l’Ouest (les Monts Zagros, vers l’Iran).

Rien au nord où se trouve pourtant, dans l’espace kurde, l’extrémité orientale de la chaîne du Taurus. A noter toutefois que le haut de la tablette est détérioré ce qui pourrait éventuellement expliquer cette lacune, à moins que le cartographe en ait ignoré l'existence pour une raison que nous allons tenter de dégager.

On observera en effet le sentiment d’imprécision générale qui semble se dégager de cette carte, et cette constatation va permettre de se demander ce qu’ont très exactement voulu signifier les rédacteurs de la Bible lorsqu’ils mentionnent à propos du déluge que «  les eaux grossirent de plus en plus, et toutes les hautes montagnes qui sont sous le ciel entier furent couvertes » (Gen., 7, 19-21).

 

Déluge universel ?...

 

Vous qui aimiez tant que, tel le Père Castor, je vous raconte des histoires, en voici une que je crois ne vous avoir jamais contée et que j’intitulerai Le Canard joue au Dolmush (taxi collectif) au cœur de l’Anatolie.

 

J’étais en prospection dans le sud de la Cappadoce, non au volant du Range qui illustre le bandeau de ce blog (http://le-bosse-fort.over-blog.com/2014/09/presentation-du-blog-du-canard-mise-a-jour.html), mais à celui d’un Land Rover que j’avais emprunté à mon employeur en partant du principe bien connu des quatre-quatreux : ce que je me marre avec un tout-terrain lorsque ce n’est pas le mien :-) ! La précision a son intérêt car elle explique que la roue de secours du véhicule pouvait se trouver devant moi, sur le capot moteur, et ce détail va avoir son importance.

 

Je roulais au pas sur une route de terre partiellement recouverte de caillasse et totalement défoncée au milieu de très hauts maïs tant et si bien que je n’avais aucune vue si ce n’était sur le chemin et la ‘forêt’ d’herbacés.

Soudain, sur la droite, surgit des maïs un grand gaillard d’une quarantaine d’années  portant dans ses bras un gigantesque tuyau d’arrosage roulé. Il me fait signe de m’arrêter. J’obtempère. Il m’explique qu’il va au village voisin et me demande si je peux l’y conduire. Bien sûr, ‘mon frère’ (kardeshim), réponds-je, je ne vais pas te laisser avec ton gigantesque et lourd tuyau ; allez, viens !

 

J’allais descendre de voiture pour ouvrir la porte arrière pour y installer le tuyau lorsque, en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, je vis voler ledit tuyau qui atterrit pile-poile au centre de la roue de secours, mais qui ne tarda pas, telle une boule de glace qui fond à la chaleur, à ‘dégouliner’ de part et d’autre du pneumatique.

Ah ! Et… je conduis comment, là ?

Car je n’y voyais plus grand-chose. Quelqu’un surgirait des maïs sur ma droite, sur que je l’écraserais sans le voir !

J’entrepris d’expliquer à mon hôte que son installation était dangereuse, mais il n’en avait cure.

A Canard, rien d’impossible :-).

Allons-y donc dou-ou-ou-cement et plus encore, avec le pied gauche bloqué sous les pédales de frein et d’embrayage de manière à avoir un point d’attache pour pouvoir me mettre en rappel et tenter de voir le côté droit du chemin.

 

Mon passager réalisa très vite à mon piteux accent et à mon lamentable manque de vocabulaire (je ne parle même pas des gouffres que sont mes lacunes grammaticales car, dans les campagnes un peu reculées, les ruraux ne sont pas des experts) que j’étais étranger.

Je venais de lui dire que j’étais français lorsqu’il me demanda de m’arrêter pour prendre son fils et sa fille qui était dans son champ, juste à côté.

Dans ce paysage uniforme débordant de maïs à en faire pâlir van Gogh de jalousie, comment fit-il pour distinguer ses plantations de celles de ses voisins et savoir où étaient ses enfants ? Cela restera pour moi à jamais un grand mystère. Peut-être y avait-il un point de repère derrière le tuyau qui me bouchait la vue. En tout cas,  à l’endroit où il me fit stopper, sortirent effectivement des maïs deux gamins qui grimpèrent à côté de leur père avant que je n’ai eu le temps de les convier à s’installer à l’arrière ; mon dolmush se remplissait :-).

Et nous reprîmes la route et notre discussion.

 

La France... répéta-t-il d’un air songeur.

Puis, comme s’il se parlait à lui-même, il fit de la main un geste formant une spirale rappelant son tuyau d’arrosage et commenta il y a … -il cita 2 ou 3 villages voisins dont j’ai totalement oublié les noms-, puis Nevshehir, Istanbul, Ankara (on appréciera l’inversion) et, après la frontière, la France.

 

Que montre cette anecdote ?

Que si un homme d’environ quarante ans au début des années de 1980 (et qui a donc fréquenté l’école d’Atatürk) a une vue de l’espace essentiellement limité à son environnement immédiat (cet environnement est-il circulaire conformément au geste qui accompagna sa déclaration ?), la mention biblique selon laquelle les eaux du déluge couvrirent « toutes les hautes montagnes qui sont sous le ciel entier » ne signifie très vraisemblablement pas grand-chose de plus que l’inondation d’un relief limité à l’espace que côtoient quotidiennement ceux qui, les premiers, contèrent l’aventure.

 

Le déluge n’a rien d’universel…

 

Où situer le Mont Ararat ?

J’avoue n’en avoir aucune idée bien précise et ne pas trop m’en soucier.

Peut-être faut-il le chercher sur les contreforts des monts Sinjar qui dominent le Tigre (http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Nineveh_anticlinal_structures.svg). Les Yézidis, qui vivent dans cette région et ont récemment été les victimes de l’E.I. / DAESH avant qu’il ne soit repoussé par les Peshmergas (http://www.lemonde.fr/international/article/2014/12/21/en-irak-kurdes-et-yezidis-celebrent-la-fin-du-siege-du-mont-sinjar_4544470_3210.html ), vénèrent cet espace comme étant celui où échoua Noé (pour réf. voir note 3 http://fr.wikipedia.org/wiki/Monts_Sinjar#cite_note-3 ; voir également Michel Thierry précédemment cité) –(13)-.

 

Puisque le déluge de Noé, comme celui de ses prédécesseurs, ne put être universel, il est possible de reprendre ce qu’écrivait André Parrot au début des années de 1960.

L’une des crues du Tigre et/ou de l’Euphrate « s'accompagna de tels ravages et fit une telle impression  qu'il devint  un des  thèmes  de la littérature cunéiforme. Ce fut "LE" déluge, dont la légende se plut certainement à grossir la violence, les dégâts ... » (Sumer, Gallimard, coll. Univers des Formes, 1960), à moins qu'il y n'ait eu initialement plusieurs récits correspondants à des événements réels ou non qui fusionnèrent peu à peu en un seul.

Il est en tout cas à noter qu'en devenant biblique, le thème mésopotamien perdit son caractère polythéiste, comme d'ailleurs l'affaire du Paradis terrestre dont les fondements paraissent bien présents dans la littérature cunéiforme.

Mais l'essentiel des événements diluviens ne varia pas, et les similitudes entre les différentes versions sont aussi nombreuses qu'évidentes.

Ajoutons l’aspect récurrent du thème du déluge, de l'inondation ; songez au déluge de Deucalion ou encore à l’Atlantide de Platon.

Les dieux sont fâchés contre le désordre créé par les hommes (le chaos est un thème indo-européen) et, sauf dans le mythe atlante ou tout est englouti, entendent détruire l’humanité sauf Un Juste et sa famille.

 

Et l’arche de Noé ; fut-elle ronde ?

 

C’est désormais une éventualité que l’on ne peut exclure surtout, ce qu’il est et sera impossible de savoir un jour, si le déluge biblique ne fut jamais qu’une reprise d’un seul et unique récit qui se transmis avec toutefois des changements dans le nom des héros. Mais, comme cela a été mentionné, il est toujours possible d’envisager que les déluges, au sens de crues importantes du Tigre et de l’Euphrate, se répétèrent et qu’il y eut plusieurs héros, plusieurs Atra-hasis, plusieurs Noé ou pré-Noé.

 

De toute manière, ronde sur le modèle d’un coracle ou non, l’arche de Noé ne dépassa probablement pas ou peu les dimensions du kouffa reconstitué. Et, comme il est dit dans l’Epopée de Gilgamesh (Tablette XII, vers 80 et suivants), le ou les héros successifs n’abandonnèrent pas tout. Ils embarquèrent «  tout ce que je (c’est Ut-Napishtim qui parle et raconte ses péripéties) possédais, Tout ce que j’avais d’argent, Tout ce que j’avais d’or, Tout ce que j’avais d’animaux [domestique] de toute sorte. J’embarquais ma famille et ma maisonnée toute entières »

Si c’était un rural et non un notable, ce qui est probable, cela doit faire approximativement une dizaine de personnes, un âne, deux moutons, un coq et trois ou quatre poules et, si cela vous satisfait, vous pouvez très légérement augmenter ou réduire les estimations chiffrées...

Certes, le texte se poursuit en précisant que Ut-Napishtiml embarqua encore « les gros et petits animaux sauvages, et tous les techniciens », mais je serais assez enclin à penser que parvenu à ce point du récit, nous sommes dans le seul langage épique et son amplification à moins que les animaux sauvages ne soient deux lapins qui passaient par là, les techniciens ayant quant à eux pour fonction d’indiquer à l’auditoire (ces épopées diluviennes, comme l'Illiade et l'Odyssée, étaient destinées à être chantées devant un public) qu’il ne faut pas 'laisser traîner' les secrets de fabrication.

 

Si vous voulez rêver à une arche gigantesque abondamment peuplée, il vous faudra l’imaginer ou voir / revoir le film de Darren Aronofsky qui, personnellement, ne m’a pas paru être une chef d’œuvre immortel du cinéma…

… A moins que vous ne préfériez rêver à une arche du style OVNI décliné en kouffa ce qui peut donner la soucoupe volante des visions traditionnelles. A vous, ensuite, de vous 'faire le film' de fiction (en écrivant ces âneries, il me revient en mémoire une bédé que j’avais feuilletée et dans laquelle Noé était un extra-terrestre ; rêverais-je, autrement quelle était cette bédé ???).

 

A chacun ses délires :-) !

                                               .                                               .

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See you soon !

(1) Ce personnage est peut-être / probablement le même que celui du Poème d’Atra-hasis. La traduction française de ce Poème se trouve notamment dans l’ouvrage de R. Labat, Les Religions du Proche-Orient, Paris, 1970

(2) Vers 29 et 30 de la Tablette 11 ; v. L’Epopée de Gilgamesh, le grand homme qui ne voulait pas mourir, traduction Jean Bottéro, Gallimard NRF, 1992, p.185

(3) L’Epopée de Gilgamesh, ne donne bien évidemment pas des mesures métriques mais, citant Jean Bottéro, je respecte le choix qu’il avait fait de traduire les mesures mésopotamiennes et rejetant en note lesdites mesures mésopotamiennes : 1 iku pour la superficie, 1 ninda pour les côtés (cf. sa page 187, vers 57 et suivants ainsi que la note 3)

(4) L’Epopée de Gilgamesh mentionne que le bâtiment comportait 7 étages (tablette XII, v. 60 et 61 ; Bottéreau p. 187)

(5) « l'arche aura 150 mètres de long, 25 de large et 15 de haut. Tu feras une ouverture à l'arche et tu la feras d'une cinquantaine de centimètres depuis le haut. Tu placeras une porte sur le côté de l'arche. Tu construiras un étage inférieur, un deuxième et un troisième étages », Genèse, 6, 15 et 16

(6) Tablette XII, vers 25 et suivants (p. 185 de la traduction de déjà citée de Jean Bottéro). J’ai écrit tente de faire car nous verrons à la fin de ce post que le héros entend bien essentiellement sauver sa vie, celle de sa famille et ses richesses dont font partie les animaux de sa ferme.

(7) Cette traduction est-elle dépassée ? En tout cas, celle qui est proposée en ligne  http://www.lirelabible.net/LSG/html_5/Genese_2.htm ne mentionne pas de roseaux et propose : « Fais-toi une arche de bois de gopher ; tu disposeras cette arche en cellules, et tu l'enduiras de poix en dedans et en dehors ». Tout le problème est de savoir ce qu’est le « bois de gopher ». Apparemment, personne ne le sait vraiment http://fr.wikipedia.org/wiki/Gopher_%28bois%29 mais compte-tenu, d’une part, des traditions millénaires de l’usage des roseaux dans l’érection des moudifs et, d’autre part, des espèces végétales plus que limitées qui peuvent servir à la construction en Mésopotamie,  le roseau semble difficile à exclure tout à fait.

(8) Désolé pour les puristes. Si j’ai bien sur mon clavier d’ordinateur l’alphabet turc, Overblog n’en accepte pas les caractères. Le ’g mouillé’ et le ‘i sans point’ que nécessite chacun des ‘g’ et des ‘i’ de Agri Dagi ne sont donc pas transcrits. Il en sera de même plus loin avec le ‘s cédille’ par exemple de ‘Nevshehir’. Il a été rendu pas ‘sh’.

(9) Cet article est disponible en ligne sur http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/syria_0039-7946_1995_num_72_1_7429

(10) Michel Thierry mentionne les tentatives de James Irwin (http://fr.wikipedia.org/wiki/James_Irwin) et celle de  F. Navarra (J 'ai trouvé l'Arche de Noé, Paris, 1956) qui revint de son expédition avec un fragment de bois qui devrait correspondre à l’observation de M. Thierry selon laquelle « actuellement  on ne voit [sur l’Agri Dagi] ni arbre, ni arbuste, mais il n'en était pas de même au Moyen Âge. Le géographe arabe al-Istahï affirmait au Xe siècle dans son ouvrage Le Livre des pays, qu'il y avait sur la montagne beaucoup de bois et de gibier. Il est probable qu'en raison de l'extrême sécheresse qui règne depuis plus d'un millénaire dans cette région, des débris d'arbres fossilisés se soient conservés » (p 156). En réalité, il y en a bien d’autres amateurs qui jouent les Indiana Jones dans la région d’Agri. Pour le fun, faites un tour sur la Toile et particulièrement sur Youtube. Je mentionne au hasard et dans le désordre   https://www.youtube.com/watch?v=LVAecLQC-Xk , https://www.youtube.com/watch?v=N-9vFbqSBcs , https://www.youtube.com/watch?v=jQeFYYOkiMA ,  https://www.youtube.com/watch?v=eZngm9pV-n0 , https://www.youtube.com/watch?v=i6XAeFP4CA , etc. Voir encore Dailymotion. Je mentionne au hasard  http://www.dailymotion.com/video/xph4io_a-la-recherche-de-arche-de-noe_tech?start=63 , http://www.dailymotion.com/video/xrzpc0_sur-la-piste-de-l-arche-de-noe_webcam , etc. Un peu plus original http://www.dailymotion.com/video/xph4io_a-la-recherche-de-arche-de-noe_tech?start=63

(11) … Très discutable, ce qualificatif de joli puisqu’un déluge universel aurait TOUT détruit : des millions d’êtres humains et d’animaux, de nombreux végétaux bien qu’ils ne soient jamais mentionnés comme ayant fait partie des espèces embarquées sur le bateau salvateur. Et pourtant, quelle est la proportion de la flore terrestre qui aurait pu supporter de devenir aquatique ?

(12) Au sujet des pluies, l'un des problèmes de base est celui de la capacité de l'atmosphère à stocker la vapeur d'eau pour rendre des pluies. On sait que le seuil de saturation d'humidité de l'air varie selon la chaleur : plus cette dernière est élevée, plus l'atmosphère peut être chargée en eau. La question est donc la suivante, quelle température serait-elle nécessaire pour que le déluge puisse être une réalité sachant qu'un kilogramme d'air peut contenir au maximum O,8 gr. de vapeur d'eau à -20° C.; 1,8 gr. à -10°; 3,8 gr. à O°; 7,8 gr. à 10°; 14,8 gr. à 20°; 27,4 gr. à 3O, etc. Ceux qui seraient tentés par le calcul ne devront pas oublier qu'à partir d'une certaine chaleur, qui est bien inférieure à celle de l'ébullition de l'eau ou de sa forme gazeuse, ni Noé, ni les animaux réfugiés dans l'arche n’auraient pu  résister à l'étuve, ou alors ce ne fut pas Yahvé qui prit l'arche sous sa protection, mais Satan muni de combinaisons protectrices contre les flammes de l'enfer descendues sur terre :-).

(12) Donnez éventuellement un coup d’œil par ex. à http://www.huffingtonpost.fr/2014/02/21/rechauffement-climatique-montee-des-eaux_n_4829239.html , http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89l%C3%A9vation_du_niveau_de_la_mer , etc., le plus parlant étant peut-être les bulles d’eau figurées sur  les illustrations de http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2012/05/20/combien-y-a-t-il-d-eau-sur-terre/ ;

 (13) A noter en passant que, outre la cadre mésopotamien et les cours du Tigre et de l’Euphrate, d’autres lieux ont été proposés pour localiser le déluge. Ainsi, à la fin des années de 1990, Bill Ryan et Walter Pitman émirent l’idée qu’il pourrait être le souvenir confus des eaux de la Méditerranée / mer de Marmara / Bosphore qui se déversèrent dans la mer Noire. L’examen de carottages effectués dans la région semblent en effet établir qu’il y a quelque 8 000 ans se produisit, au niveau du Bosphore, une cassure qui emplit le lac qu’était jusqu’alors la mer Noire. Cela conduisit à voir les eaux se déverser pour aller de – 100m d’altitude (profondeur moyenne de l’actuelle mer Noire) à 0m, avec un débit de l’ordre de 15 cm/jour, environ 15 fois les chutes du Niagara. Il a depuis été établi que ces flots furent en réalité un flux tout à fait doux, « quite mild » (in National Geographic News, 2009).

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 10:48

 

Pour donner suite à votre curiosité que j’avais satisfaite page http://le-bosse-fort.over-blog.com/2014/12/les-visiteurs-version-canard-statistiques-co.html, il vous amusera peut-être de savoir que ce blog a vu passer son 100 000ème visiteur entre les 26 et 27 janvier.

Mon meilleur souvenir au 100 000ème visiteur de ce blog

 

J’ignore qui elle ou il peut être, mais je lui offre bien volontiers ce gros gâteau plein de bougies :)

Mon meilleur souvenir au 100 000ème visiteur de ce blog

 

Bonne fin de semaine à tous.

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