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"Mort aux vaches,
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(G. Brassens)

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 07:57

Il semblerait que quelques-uns aient loupé ce grand moment de TV que fut le pseudo débat plus ou moins improvisé par Laurent Luyat (qui paraît s’amuser) et Patrick Montel (qui, lui, entend prêcher la bonne parole avec une salive teintée au vitriol) sur l'absence de francophonie dans les termes désignant les figures de freestyle.

Si vous souhaitez combler cette grave lacune ;), un choix s'offre à vous.

 

- Pour un simple aperçu, voir par ex. http://actualite.portail.free.fr/france/12-02-2014/jo-de-sotchi-reglements-de-comptes-en-serie-en-direct-entre-journalistes-de-france-3/

 

- Pour une présentation quasi complète http://www.tuxboard.com/patrick-montel-humilie-les-consultants-de-france-televisions/.

 

- Pour obtenir la version intégrale, suivre la procédure expliquée en extrême bas de page, § ** Mise à jour - 13 février sur http://le-bosse-fort.over-blog.com/2014/02/shaun-white-d%C3%A9%C3%A7u-frustr%C3%A9-exercice-d%E2%80%99auto-consolation%E2%80%A6.html .

Vous vous rendez ensuite sur FR3 à la date du mardi 11 février 2014, 23h35, émission ‘Un soir à Sotchi’.

Je viens de la visionner ; elle était donc encore disponible il y a quelques instants.

N.B. Dans la version intégrale, vous bénéficierez en prime d’une analyse qui me paraît assez pertinente de Mathieu Crépin sur l’échec de Shaun White aux J.O.

Bien que je vous aie abondamment cassé les pieds pour l’usage du franglais dans votre expression, écrite en particulier, je pense que Patrick Montel est en plein délire.

1. Lorsque l’on se présente comme le champion de la francophonie, il me semble qu’il faut éviter une attaque du style : « Ils (ils = Christian Choupin et Mathieu Crépin) sont ravis en début d’émission, à mon avis, à la fin, ils sont pas ravis […] et moi j’vous dis, ça peut peut-être mal se finir ». C'est sans doute là une belle entrée en matière pour agresser les braves gens, mais c'est également une déclaration d’un français somme toute assez discutable pour un donneur de leçons ; non ?

2. Patrick Montel paraît totalement ignorer les origines du snowboard (je ne suis qu’un amateur mais me semble assez bien fait http://backsidespirit.free.fr/fichiers/histoire_du_snowboard.pdf ) qui, au final, a été importé tout droit des US (+ Canada pour le freestyle en général) avec son vocabulaire (cf. note 3 de http://le-bosse-fort.over-blog.com/2014/02/shaun-white-d%C3%A9%C3%A7u-frustr%C3%A9-exercice-d%E2%80%99auto-consolation%E2%80%A6.html ).

On se souviendra notamment du film d’Olias Barco qui deviendra culte pour des milliers d’ados, Snowboarder (2003 - http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18351224&cfilm=35109.html ), le tout allant sur la musique de Sk8er Boi (2002 – cf. par ex. : http://www.youtube.com/watch?v=RBPdvt6m1tI  ou encore, avec traduction française http://www.youtube.com/watch?v=RBPdvt6m1tI ), car le développement du snowboard et du skate vont de pair et que ce sont les ados de l’époque qui en furent les adeptes qui ont réussi la vulgarisation définitive du snowboard, faisant oublier la position de rejet de Mariel Goitschel des années de 1980 / 1990 : les nivoplanchistes :) ont longtemps été les parias des pistes de ski (interdiction d’utiliser les remontées mécaniques notamment).

Skate et snowboard, baggies, langage hermétique made in USA : voilà une combinaison qui permettait aux ados de se trouver, de s’identifier et de se reconnaître, bref de s’affirmer sur les adultes puisque ce monde leur était totalement étranger, sauf si l’adulte pénétrait avec complicité dans cette nouvelle terra incognita, ce qu’il fit pas… et le vocabulaire anglo-américain s'imposa de lui-même, sans le moindre frein.

Si donc on cherche des responsables, il ne faut pas s'en prendre aux djeunesses, mais aux vieux croutons de ma génération dont font partie quelques autres :) et qui n'ont pas compris ce qui se déroulait sous leurs yeux...

... On les retrouvera quelques années plus tard en commentateurs TV incompétents et, en prime, hautement désagréables !

 

(P.S. si un sociologue passe par cette page,

j'aimerais connaître son opinion sur cette rapide analyse)

3. Le freestyle n’est pas le seul sport qui utilise des termes d’une francophonie discutable qui sont de surcroit hermétiques au non-initié sans qu'il soit question de frime, comme le dit Partick Montel.

Je songe en particulier au tennis, au patin à glace et aux sports de combat (judo, karate...), etc. (voir http://www.slate.fr/sports/83547/francisons-sport-france-televisions-patrick-montel-snowboard )

« Tu grabbes ton cork, tu drives ton truc, je n’y comprends rien » lance en ultima ratio, et à la limite de l’agressivité, le même Patrick Montel dépité à son collègue Christian Choupin.

Curieux aveu d'incompétence lancé devant des milliers de téléspectateurs ; non ?...

Le Canard, lui, n’entrave pas grand chose au salchow, au lutz ou au double ou triple axel, mais il n'a pas pour profession de commenter les compétions des J.O. d'hiver et peut donc se contenter de la position suivante : le patin ne m’intéresse pas suffisamment pour que je décide de maîtriser ce vocabulaire, j'ai essentiellement imprimé que le salto avant ou arrière n'était jamais, sauf erreur, qu'un front ou back flip en freeride ; c'est que je ne cherche pas véritablement à comprendre, me contentant et me satisfaisant du seul spectacle (1).

Mieux encore, ce qui fera sourire en particulier les amateurs de biathlon. Dans ma p’tite tête de piaf qui ne connait strictement rien au ski de fond, j’ai entendu l’autre jour, pour la première fois de ma vie, le terme de ‘mastard ’ appliqué à une épreuve de ski et ai imaginé un instant qu'elle devait être particulièrement difficile pour porter semblable nom.

Trouvant cette désignation malgré tout singulière, je me suis informé (merci Mr. Google l’Espion :) et ai découvert qu’il s’agissait de la mass-start, terme anglo-américain que les adeptes de la francophonie traduisent généralement par départ en ligne (http://fr.wikipedia.org/wiki/Biathlon).

 

Cela vous amuse-t-il de me voir ainsi en mode 100% boulet ?

Probablement, et vous avez bien raison.

Mais la bonne question serait à présent de savoir si certains professionnels peuvent se satisfaire d'une semblable position d'amateur totalement incompétent et ridicule dans certains des domaines qu'ils sont supposés maîtriser, puisque leur métier consiste justement à faire des commentaires sur lesdits domaines. Et s'ils ont des lacunes, ne serait-il pas opportun de prendre un air dégagé, de garder le silence... et non de faire un scandale devant des caméras TV ?

Je vous laisse le soin de répondre et me contente de conclure sur mon  'mastard ' que malgré ses positions qui ne donnent pas dans la dentelle, notre franchouillard-anglo-américanophobe-vis-à-vis-du-freeride de Patrick Montel semble préférer le terme de mass-start à celui de départ en ligne.

Non, non, je n’ai pas suivi l’épreuve ainsi que les commentaires de notre commentateur favori. Je suis au courant car il a laissé un twit sans ambigüité : « Patrick Montel ‏@LaProlon 17 févr. Biathlon blues. Le brouillard dense en vedette sur la mass Start #sochi2014pic.twitter.com/YyMVaZVV5G » (https://twitter.com/LaProlon).

Quel scandale que ce franglais :) !

 

Par ailleurs, comme je suis au moins aussi provo que Patrick Montel, il me semble bon d’ajouter qu’à vouloir tout traduire on ôte parfois / souvent l’âme des mots.

On peut traduire Shakespeare, mais malgré tous les efforts des traducteurs, on supprime une partie de la profondeur du texte.

Or, comme l’a dit Mathieu Crépin (mn. 28.52 de la version intégrale), les termes anglo-américains du freestyle ne sont pas là pour la frime mais ‘sont des codes que nous avons dans une discipline qui est non seulement du sport mais un esprit, un mode de vie’.

Je pense que s’ils étaient traduits, on ôterait une partie de cet esprit, de ce mode de vie.

J’exagère ? Peut-être un peu ; oui : j’ai dit que je me la jouais provo… Mais il demeure que si un adulte passe par ces lignes et est outré par mes parallèles entre Shakespeare et le freeride, je ne peux que l’engager à aller zoner sur un snow park plutôt que de rester les fesses collées sur son canapé en bougonnant contre ces jeunes gens impossibles ou contre mes comparaisons scandaleusement déplacées... et pourtant.

La démarche est simple : trouver un freerider pour vous emmener sur un parc de neige (à partir d’un certain âge, je pense que cette démarche est bienvenue :). Il vous présentera ses copains et copines. A vous de vous faire accepter et vous pourrez recueillir des éléments d’appréciation permettant de juger par vous-même.

Précisions notables : en vous baladant dans le snow park, ne vous posez pas n’importe où et dégagez les aires d’atterrissage :) et, bien sûr, n’imitez pas Gérard Holtz avec ses vive les djeunes et autres il faut avoir l’esprit ouvert et accepter les baggies, etc. (2).

Vous êtes venus pour vous instruire et donc avant tout pour écouter, non pour jouer mamy et papy radoteurs qui débarquent pour régler leurs problèmes de conflits générationnels.

C’est sans doute là une démarche à laquelle Messieurs Holtz et Montel devraient procéder, si toutefois ils sont capables de laisser leurs préjugés très loin du pipe et des kicks pour écouter… entendre.

Bref, si Patrick Montel veut servir la cause de la francophonie, il me semble qu’il ferait mieux de s’attaquer non à des cas particuliers, comme le freestyle, mais à la vie quotidienne.

Personnellement, je suis ‘choqué’ d’ouvrir http://www.francetvsport.fr/les-jeux-olympiques/direct#11135  et de voir instantanément apparaître ‘Comment utiliser le player’ ou de devoir recourir à un replay pour visionner une émission TV que j’ai loupée.

Je suis également soulé d’entendre à longueur de journée, y compris sur les chaines TV, des gens qui vont débriefer.

Des noms même d'émissions allant de la Star Academy à Money Drop en passant par The Voice (avec ses battles :(), font que la TV, élément de culture populaire, contribue quotidiennement à polluer notre langue. Vrai que Money Drop est plus accrocheur que monnaie qui tombe / chute, etc. mais ici comme ailleurs, un publicitaire performant dans l'art très discutable du racolage :) aurait probablement pu imaginer une traduction / adaptation du côté de 'trappes à fric', 'gaffe à tes ronds'... ou que sais-je encore.

J'en reste là, car la liste des intrusions de l'anglo-américain dans le français est sans fin et c'est à ce point qu'il me semble que la cause de la francophonie ne peut plus être défendue que pour le principe

Ce n'est pas moi qui ai imaginé le vocabulaire lié l'internet, à l'informatique et moins encore à la mondialisation...

Au final, je rejoins Patrick Montel lorsque j'entends, lors d'une épreuve de freestyle, que tel ou tel concurrent a perdu de la speed.

Utiliser le mot français de 'vitesse' rend-il ringard dans un monde où ce qualificatif fait peur s'il s'applique à soi ?

See you soon à tous :)

(1) Je profite de cette référence au patinage sur glace pour remercier Nathalie Péchalat et Fabian Bourzat de leurs splendides prestations et ne sais que leur dire pour tenter de les réconforter... Je comprends qu'ils aient les boules !

 

(2) Concernant vive les djeunes, voir l’article précédent pour mes sources http://le-bosse-fort.over-blog.com/2014/02/shaun-white-d%C3%A9%C3%A7u-frustr%C3%A9-exercice-d%E2%80%99auto-consolation%E2%80%A6.html  (à chercher dans la note 2 et dans le texte auquel est attachée ladite note). Concernant la déclaration d’amour aux baggies voir France 3, le 17 février vers 14h55. Après avoir annoncé les épreuves de freestyle, comme on dit en anglais (sic), il ajoute un moment après qu’il faut avoir l’esprit ouvert, qu’il faut accepter les baggies, etc. ; j’ai oublié la suite qui était dans le même registre de réflexions d'une abyssale profondeur.

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