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Pensée...


"Mort aux vaches,
vive l'anarchie"
(G. Brassens)

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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 08:34

Aucun billet depuis fin mars...???

Non, non ! Je ne suis ni en voyage (dommage... enfin si, je suis allé en Bretagne cet été au plus fort de la canicule :), ni malade (du moins, je l’espère:). J’ai simplement entrepris de rénover l’appartement que je partage avec ma compagne, et me suis lancé là dans une opération de 'chtarbé grave' qui, de surcroît, avale tout mon temps.

J’y reviendrai peut-être un jour… lorsque j’aurais terminé :).

Cela dit, bonjour à tous !

Je fais sortir ce blog de sa léthargie passagère, car quelques-uns de mes plus fidèles followeurs (ou followers, as U like) me demandent quelle est la cause de ce silence de près de 6 mois (ceux auxquels je n’avais pas encore répondu par courriel ont désormais leur réponse) ou / et m’interrogent (avec menaces de représailles si je ne réponds pas :) sur la prestation de Nadine Morano ainsi que sur les réactions qu’elle provoque, et c'est là le thème de ce post.

Avant-hier, samedi 26 septembre vers 23h sur France 2, l’homme à l’éternel sourire en coin qui se trouve drôle avec ses vannes à la François Hollande (1), Laurent Ruquier, recevait avec ses disciples et son public acquis d’avance Nadine Morano pour son émission hebdomadaire, On n’est pas couché.

Après l’avoir bien titillée (2), celle-ci, fidèle à son franc parler et ses idées pas toujours politiquement correctes, nonobstant quelques gaffes parfois étonnantes (mais les médias n’en ajouteraient-ils pas un peu ?), lâchait "nous sommes un pays Judéo-Chrétien, le général de Gaulle le disait [notons en passant l'argument d'autorité ou assimilable pour se couvrir], de race blanche, qui accueille des personnes étrangères (...). J'ai envie que la France reste la France. Je n'ai pas envie que la France devienne musulmane, vous voyez. Car dans ce cas, ce ne serait plus la France." (voir par ex. http://portail.free.fr/actualites/france/5988797_20150927_nadine-morano-dit-que-la-france-est-un-pays-de-race-blanche-dans-onpc-twitter-rentre-dans-une-colre-noire.html , mais il y a des articles sur la question plein le web et, bien sûr, il y a le replay de l’émission mn. 1.48.28 pour la phrase litigieuse –les minutages indiqués, ici comme ailleurs, sont approximatifs au niveau des secondes, cela même si j'en note 28, ce qui est un peu ridicule pour une approximation, j’en conviens :), mais comme un gros niais j'ai recopié ce qu’indiquait le lecteur utilisé sans me poser de question).

Ah ! Qu’il jubilaient dans leur coin, ‘le Ruquier’ et ses chroniqueurs complices ; ils tenaient leur petit scandale de la soirée : le but était atteint après plus de 1h30 d'émission, avaient-ils déjà mieux fait ?

La grande admiratrice de Nicolas Sarkozy leur faisait un cadeau de roi en leur servant non du petit lait mais, c'est aujourd'hui en France le summum des émissions politiques, c'est l'hydromel des pseudo-dieux-journaleux (je n'ai pas écrit des journalistes, je les respecte, eux !), du bleu Marine 100% pur fruits (3).

Voilà qui allait faire le buzz ; voilà qui allait probablement améliorer leur audimat pour les semaines à venir.

Sur le plateau, et plus encore sur Twitter, certains se déchaînèrent. Profitant probablement d’un jugement récent qui a donné raison à Guy Bedos –ils ne sont toutefois pas des humoristes reconnus- (http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/09/14/injures-envers-nadine-morano-guy-bedos-relaxe_4756629_1653578.html ), ils la traitèrent de c*** et autres mots hyper gentils et sympas.

Vrai que le propos de Nadine Morano est sur bien des plans plus que largement discutable, critiquable, condamnable, même, particulièrement du fait de son orientation politique officielle, seul plan que je retiendrai ici bien qu'il y aurait beaucoup à dire sur les autres, car la traiter ouvertement de c*** pour autant me paraît tout aussi c*** ; c’est qualifier ainsi du même coup les plus de 25% de Français (+ tous ceux qui ne le disent pas, mais qui n’en pensent pas moins et, à mon avis, ils sont nombreux… y compris à gauche !) correspondant aux intentions de vote du FN (http://www.bfmtv.com/politique/sondage-regionales-2015-la-droite-35percent-devancerait-le-fn-et-le-ps-917965.html ), parti qui prône largement ce genre d’idées.

Et si traiter son voisin de c*** est très à la mode chez les bobos (4), je ne pense pas que ce soit en injuriant plus d’un Français sur 4 que l’on règlera le problème, cela même si Brassens a bien raison… C'est injuste, Madame, et c'est désobligeant Que ce morceau de roi de votre anatomie Porte le même nom qu'une foule de gens (Le Blason)...

Mais sans doute que citer Brassens en 2015, c’est avoir des valeurs procédant de de Gaulle, voire Clovis, bref que c’est nul car c’est refuser d’avancer intellectuellement (allusion à une vanne supposée amusante lâchée au cours de l’émission, mais je n’ai pas le minutage et absolument aucune envie de le chercher… Vidi l'émission, et je ne vais pas la re-vidi –re-videre, plutôt- de nouveau ! Wouhhhaaa ! Le bou-let ! Après avoir ironisé en évoquant les dieux de l'Olympe, a présent, il fait des bulles se référant à César ! Assez ! Mais faites-le taire !).

Tout ce tapage n’empêche pas que persiste le problème de fond.

Il y a un vif malaise en France (et en Europe !) sur ces questions, Nadine Morano en témoigne, et je persiste à penser que pour le résoudre, le débat est préférable au mépris, à l’injure, à la diabolisation tout azimut, au terrorisme de la pensée et de l'expression aussi choquantes que puissent être les idées pour l'un, ou pour l'autre.

Il y a des Français qui pensent que...

Expliquons leur avec dignité et respect pourquoi cette pensée est erronée.

Et tant pis si cette attitude me fait passer pour le roi des c***.

Ajout du 2 octobre.

Hier, lundi 1er octobre, C dans l’air (France 5), était consacré à l’Affaire Nadine Morano (‘Morano : ballotage défavorable’).

J’ai beaucoup apprécié Me. Dupont-Moretti qui ouvre son propos par une déclaration qui me va droit au cœur : « la liberté a pour corollaire l’excès, et moi je préfère l’excès de liberté à la censure [...]. Je suis un adepte de la liberté, de la liberté d‘expression [...]. On a une langue qui est cadenassée, cadenassée par le législateur, par exemple, lorsque l’on dit Madame le Président, c’est un tiers des indemnités en moins (5)... L’Académie préconise Madame le Président et, voyez-vous, que cela fasse débat, ça me chagrine » (mn. 3.10 et ssuivantes).

Hélène Pilichowski rebondit, « il y a en France cette pensée unique qui met une chape de plomb sur le débat » (18.48).

Et Me Dupont-Moretti de poursuivre, « ce qui m’inquiète c’est qu’au travers de la liberté de Nadine Morano, la mienne est menacée [...]. Je trouve ses propos très choquants, je les trouve idiots, et la conjugaison entre la race et la religion est un non sens ; il y a beaucoup de musulman qui sont de races blanche au sens où on l’entendait autrefois (6), [...] Ce qui me chagrine un peu c’est que les gardiens du temple nous interdisent également à nous aussi un certain nombre de choses [...]. On cadenasse notre pensée, notre liberté, même lexicale. Et plus on nous enserre dans des mots choisis, et plus on limite notre pensée, parce que l’intelligence, elle s’exprime par des mots [...]. Ce qui me préoccupe, c’est qu’on est en train de nous formater dans un langage qui est celui d’une certaine forme de bien-pensants » (mn. 19.24).

Et puis zut ! Allez voir l’émission en replay si vous êtes intéressés.

Je note toutefois quelques moments forts :

Mn. 26 : « Est-ce que vous pensez qu’elle [Nadine Morano, bien évidemment] était venue pour dire ça », interroge Yves Calvi, le présentateur ? Allez chercher les réponses proposées si elles vous intéressent. Je note simplement que se pose la question de savoir si Ruquier et les siens ne se seraient faits prendre à leur propre piège. Nadine Morano serait peut-être venue à ONPC pour créer un scandale apte à drainer vers elle des électeurs qui pensent qu’elle a raison, et Yves Calvi de se référer à Pierre Lelouche qui a fait observer que Nadine Morano avait dit tout haut ce que pensent beaucoup de gens (mn. 7.40), le tout lors d‘une émission à large audience. Voilà au moins un idée qui me fait sourire, voire rigoler : n’est pas déplaisante l’idée de voir des ’pros’ de la provo pour créer des polémiques stériles genre tempête dans un verre d’eau (la bulle n’est pas de moi) se faire coiffer au poteau par une femme réputée pas très fufute pour servir ses propres intérêts ; bref, l’histoire de l’arroseur arrosé.

Certes ! Dommage toutefois que ne soit ne pas des plus reluisants le thème choisi pour donner cette leçon de ni-vu-ni-connu-je-t’embrouille

J’ai encore appris que les cadres du FN avaient désavoué la déclaration et que, finalement, Nadine Morano ne court pas derrière le Front National, elle court devant le Front National (Claude Weil, mn. 8.00) ; elle ne serait plus du tout ‘sarkophile’ (l’expression n’est pas non plus de moi).

P.S. Au fait ! Aucun rapport avec ONPC (quoique, je le rappelle, je n'ai pas eu le courage de regarder l'intégralité de l'émission, et que j'ignore donc si la question a été abordée), mais le Général de Gaulle " l' " a-t-il dit ?

J'étais comme vous : aucune idée bien nette.

J'ai trouvé une réponse ici http://www.francetvinfo.fr/politique/ump/nadine-morano/la-france-un-pays-de-race-blanche-le-general-de-gaulle-a-t-il-vraiment-tenu-ces-propos_1103469.html

  1. J’entends qu’elles ne font rire que lui et sa cour. Soyons sans équivoque. Je ne regarde JAMAIS On n’est pas couché. Me soulent ces émissions à la provo facile dont le but manifeste est de tenter par tous les moyens (y compris la mauvaise foi manifeste) de tourner en ridicule les invités… qui ne partagent pas les opinions du présentateur et de ceux qui l’aident à animer le débat. Pour répondre àvotre demande, j’ai visionné l’émission en replay (merci Captvty) et j’ai craqué par lassitude peu après la ‘fameuse’ déclaration de Nadine Morano dont il va être question.

  2. Je veux bien croire que, d’entrée, Nadine Morano ait pu prendre les boules. Je suis sans doute un vieux c*** qui appartient à un autre temps, mais lorsqu’une femme arrive alors que je suis assis, je me lève pour la saluer. Mn 53.30, vous pouvez aller voir : pas un des animateurs (y compris Ruquier !), pas un des invités ne se lève. Ce sont les fesses bien callés sur un siège qu’une main lui est tendue. Concernant le ‘titillage’, voir les questions de Laurent Ruquier posées à la Députée européenne sur sa candidature au primaire dont celle-ci : puisque Nicolas Sarkosy est si bien pourquoi vous présentez-vous contre lui (mn. 58), avec Léa Salamé qui en ajoute une couche (mn.59 ; 1.01.45). Voir encore la crise qu’elle prend sur l’image déformée qui est donnée d’elle. Voir toujours Laurent Ruquier qui la titille de nouveau en la présentant comme une carriériste qui chercherait à être ministre, voire Premier Ministre (mn. 1.02.26). C’est encore le rire moqueur et non dissimulé de Léa Salamé (mn. 1.04.55) lorsque Nadine Morano laisse entendre qu’elle est à l’origine de mesures budgétaires en faveur des réfugiés votés par le Parlement européen. Vient encore la provo de Yann Moix (mn. 1.05.37) qui, avec le sourire narquois et niais de celui qui se prépare à ridiculiser son interlocuteur, lance « … et comme ça, ils [les réfugiés] ne viennent pas nous visiter, en plus ». Puis elle est mise en boîte sur ses compétences en politique internationale et sur ses démêlés avec Guy Bedos (ici, Ruquier est sympa en tentant une réconciliation pour qu’ils aillent manger italien à trois, elle, lui et Guy Bedos). C’est ensuite Yann Moix qui revient à la charge en se lançant dans une embrouille où il semble avoir mélangé plusieurs déclarations de Nadine Morano dans le but de la mettre face à ce qu’il considère comme des contradictions et qui, avec une suffisance agaçante, lance une vanne pour s’en sortir sous les applaudissements du public. Nadine Morano, piquée au vif, est amenée à s’exciter sur la réglementation interdisant le port du voile qui n’est pas appliquée et qu’elle considère comme une provocation à la République. Etc., etc. Tout cela est débilitant et me rappelle le petit roquet qui grogne et ne veut pas lâcher l'os qu'il ronge et ronge encore.

  3. Voir le replay d’ONPC mn. 1.58.08. Léa Salamé fait observer à Nadine Morano qu’elle tient des propos similaires à ceux de Marine Le Pen (ou/et inversement…) ; la députée en convient avec naturel.

  4. Laurent Ruquier observe que se traiter de c*** est à la mode et qu’il y a même un film qui utilise le mot, Connasse princesse des cœurs (mn.1.13.28)

  5. Allusion aux ennuis du député Julien Aubert qui a préféré s’en tenir aux règles de l’Académie Française (puriste de la langue avec ou non un pointe de provocation ?) plutôt qu’au règlement intérieur de l’Assemblée Nationale, v. par ex. http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20141112.OBS4742/madame-le-president-sanction-confirmee-contre-le-depute-ump.html ; http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20141007.OBS1370/faut-il-dire-madame-le-president-ou-madame-la-presidente.html  ; etc.
    Question : quel est au juste le rôle de l'Académie Française si ce n'est plus de déterminer le bon usage de notre langue ? Si l'Assemblée Nationale et ses réglements priment désormais, notre langue prend un déplaisant parfum politique et, en tout état de cause, il faut renvoyer les Académiciens dans leur foyer, cela fera des économies budgétaires :).

  6. Voilà une prudence dans l’expression qui s’explique par l’intervention de Claude Weill qui avait peu avant expliqué que le mot race était à bannir (mn. 5.08 ; voir également reportage aux mn. 47.31 s. et le débat qui suit). Il demeure que je suis convaincu que dans l’esprit de beaucoup (et je pense qu’il en était de même dans celui de Madame Morano), il y a l’espèce humaine qui se divise en race noire, jaune, boule de neige (est-il encore possible de plaisanter sur ma couleur de peau ? :)… Désormais, dans cet étrange pays, il va falloir se promener avec diplômes en poche : quiconque prononcera le mot race pourra être poursuivi s’il est avéré qu’il est supposé avoir des compétences en génétique, anthropologie, etc. et savoir que le mot race est une imbécilité, comme le déclare Claude Weill (mn. 6.4). C’est tout a fait exact, mais c’est néanmoins du grand n’importe quoi cet élitisme à la petite semaine ! Ce n’est pas le mot qui compte, c’est le sens qu’on lui donne. Dommage que, depuis quelque temps, certains tenants du bien-penser semblent faire primer la forme sur le fond. C’est tellement plus facile !

 

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