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"Mort aux vaches,
vive l'anarchie"
(G. Brassens)

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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 07:26

 

Bavard comme je suis, je ne peux m’empêcher de proposer quelques remarques personnelles sur « #Merci Brassens », émission à laquelle je me suis référé dans le billet précédent concernant d’éventuels regrets sur la non candidature de M. Hollande aux présidentielles (http://le-bosse-fort.over-blog.com/2017/02/m.hollande-j-en-suis-a-me-demander-si-nous-n-allons-pas-finir-par-vous-regretter.html), l’émission en question étant actuellement en ‘replay’ sur http://pluzz.francetv.fr/videos/merci_brassens_,153664205.html et probablement sur d’autres sites.

 

Il est toujours sympa de réaliser des émissions en hommage à Brassens mais, à mon sens, nombre de chanteurs qui y participent, tant pour cette réalisation que pour d’autres qui l’ont précédée, font tout à la fois dans le super gentil par leur présence (…à risques !) et le giga massacre par leur prestation (d’où le risque lié à leur présence :D) - (1)

 

Nous en avons eu un bel exemple avec La chanson pour l’Auvergnat et Les passantes, totalement saccagées par Slimane qui, pourtant, était là avec une bonne volonté évidente. Peut-être aurait-il mieux fait de gazouiller qu’il n’avait jamais ôté son chapeau devant personne… au moins, il aurait donné une touche d’humour à cette espèce de galurin qu’il se croit obligé de visser sur l’arrière de son crane. Cela dit, c’est ici un avis très personnel puisque Hugues Aufray le félicite pour sa version de La chanson pour l’Auvergnat et lui déclare même que « c’était exactement ce qu’il fallait faire » (mn. 34.20) –(2)… Formule de politesse ?... Ma foi, c’est comme chacun le sent.

 

En tant que simple auditeur j’ai observé maintes fois, du fait de mes oreilles en état de grande souffrance, combien il est difficile de reprendre les chansons d’un autre. Et c’est sans doute particulièrement vrai pour celles de Tonton Georges. Cela provient sans doute en grande partie de la personnalité très particulière de l’auteur-compositeur lequel, sur scène, n’avait d’autre gestuelle que ses sourires complices, voire ses rires, ses yeux amusés, moqueurs ou tristes étant donné que ses bras et l’une de ses jambes, l’autre assurant l’équilibre, étaient occupés par sa guitare. De ce fait, lorsque Serge Lama entreprend des reprises avec force gestes et une diction terriblement accentuée, comme s’il jouait un pièce de théâtre, il donne son interprétation personnelle, ce qui est certes tout à fait son droit, mais à mon sens, il trahit celui auquel il entend rendre hommage. Et je passe sur Catherine Ringer qui bat le rythme avec son corps ou ses mains et donne un peu le sentiment de faire des exercices de gym, mais pas de chanter du Brassens… ou alors, elle en fait également un exercice très personnel et dans ce cas, est-il nécessaire de l’imposer à des milliers de téléspectateurs, car je ne pense pas avoir été le seul à ‘souffrir’ :D ?

 

Heureusement, comme je l’ai dit déjà (voir le billet précédent sur mes possibles regrets exprimés à M. Hollande), j’avais enregistré l’émission et j’ai pu jouer de la touche ‘Avance’ pour mettre fin à ce qui, bien franchement, et désolé pour les chanteurs concernés, attristait mes oreilles et mes yeux, nonobstant l’idée que, en simple et modeste ‘grattouilleur’ de guitare amateur, je peux me faire d’une reprise de Brassens.

 

Par ailleurs, Brassens expliquait lui-même « je fais en sorte que la musique souligne mes paroles mais sans trop prendre le pas sur elles. […] Je m’arrange pour que l’on ait l’impression que la musique n’existe pas. Je fais un peu comme sur une scène de film, il faut que le public l’entende, cette musique, mais qu’il ne soit pas trop tenté de l’écouter ; il faut qu’il la subisse» (h.1.18.30). Il paraît donc évident que pour lui, le verbe primait la mélodie et Amir semble l’avoir tout à fait assimilé avec sa version tout en finesse d’A l’ombre des maris (mn 36.30) ; c’était sobre, efficace et plaisant sans pour autant sombrer dans le simple plagiat de l’original.

 

Malgré cela, j’ai littéralement été scotché par Olivia Ruiz, non avec sa reprise bien modeste de Le vent, mais avec son Putain de toi (mn. 54.05, ne pas manquer, mn. 57.25, lorsqu’elle se déchaîne musicalement :-). Chapeau à celui (est-ce elle ?) qui a fait l’arrangement !... et qui a réussi à harmoniser le texte avec une musique qui le ‘dévore’ presque. Hugues Aufray l’applaudit sincèrement, puis la félicite de vive voix lorsqu’elle vient reprendre place à la table qu’ils occupent tous deux avec quelques autres invités. « C’est une vraie création », la félicite-il (mn. 59) avec raison n’oubliant pas d’applaudir également les musiciens, le tout en dragouillant ostensiblement Olivia Ruiz (c’est vrai qu’elle est mignonne et qu’elle a du charme la ‘Miss’ chocolat !... je n’avais jamais fait attention :D). Faire de l’Olivia Ruiz sur du Brassens avec un résultat agréable pour les oreilles et les yeux de l’auditeur / téléspectateur, chapeau (bis), il fallait le faire !! A noter qu’au niveau gestuel, exceptée une tentative d’envol avortée avec ses bras :D, elle se contente, à raison me semble-t-il, de se promener sur la scène.

 

J’ai souri en entendant Carla Bruni déclarer sans honte aucune après avoir interprété La cane de Jeanne : « j’aime beaucoup cette chanson car je n’y comprends riiiiiiieen ! » (h. 1.17.09). Bravo ! Je me sens moins seul :D. Je me suis toujours demandé s’il convenait ou non de rechercher un sens second à ce poème. N’étant pas un total ignare de 1ère classe en ce qui concerne Brassens (cf. http://le-bosse-fort.over-blog.com/article-georges-brassens-une-re-decouverte-par-un-gros-nul-119109651.html ), bien sûr que j’avais tenté de trouver la réponse dans les études de Bertrand Redonnet, auteur de Brassens poète érudit (préface de Denis Montebello, Arthemus, 2001 pour la première édition, 2003 pour la seconde, code ISNB 2-913544-23-6), ouvrage absolument introuvable sauf coup de chance chez un bouquiniste. Heureusement, l’auteur a mis en ligne sur son site la publication d’origine en la complétant http://lexildesmots.hautetfort.com/archives/category/brassens-poete-erudit/index-1.html. L’ennui est qu’il n’y a pas un mot sur ce texte.

 

L’essentiel de ce que je n’ai jamais trouvé comme information se niche sur un autre site web : http://www.analysebrassens.com/?page=texte&id=17&%23. La versification est parfaitement décortiquée, mais concernant la question posée, on n'y apprend pas grand-chose si ce n’est qu’il y est affirmé que la propriétaire de la cane serait Jeanne, ‘Hôtesse’ dans La chanson pour l’Auvergnat de l’impasse Florimont et pour laquelle Brassens écrira plus tard Jeanne.

 

On peut donc imaginer que j’étais ‘toutouille’ (ouiii, tout ouï, si vous préférez… et oui, d’accord avec vous, la bulle est stupide :D) sur ce qu’allaient commenter les autres participants à #Merci Brassens. En réalité, il y a comme un silence gêné car, visiblement, personne n’a de précisions à apporter (ou alors, personne ne s’était jamais posé la question), cela jusqu’à ce que Catherine Ringer prenne la parole et affirme, sur un ton péremptoire tout en semblant considérer Carla Bruni comme une extra-terrestre fraîchement débarquée sur terre et qui, à ce titre, pose des questions incongrues, que la chanson est très simple… Bref que c’est l’histoire d’une cane qui a un œuf, qui est morte et que la chanson a été créée pour s’amuser avec les mots, avec les vers.

 

Simple exercice de style de Brassens (pour le saisir, plutôt que d’écouter les propos passablement creux et simplistes de Catherine Ringer, se reporter au site web déjà cité http://www.analysebrassens.com/?page=texte&id=17&%23) ? C’est après tout possible. Mais jusqu’à preuve du contraire, je reste de l’avis de Carla Bruni. Cette chanson «est peut-être une espèce de métaphore, mais elle est mystérieuse […] ».

 

Qui connait le fin mot de ce « mystère » ? Ce serait sympa de le faire suivre :D.

 

Un autre moment à ne pas manquer. La gentillesse avec laquelle Serge Lama et Michel Fugain semblent d’abord hésiter puis, finalement, volent au secours de Joyce Jonathan qui, la pauvre, est en train de se planter lamentablement en interprétant Une jolie fleur (1.45.06)...

 

…Et Michel Fugain d’en profiter pour lui pincer gentiment la joue.

 

Décidément papy Aufray dragouillant Olivia Ruiz fait école.

 

On ne les tient plus les ‘vétérans’ dès qu’il y a un joli minois à proximité… :) !

 

 

(1) Pour un aperçu de reprises des années de 1970 – 1980, voir mn. 26.30. Chacun appréciera… mais, me concernant, l’un(e) des rares qui parvient à se tirer de l’exercice me semble être Françoise Hardy –mn. 25-37-. Voilà qui fera plaisir à Thomas Dutronc qui déclare, en fils aimant sa mère, le tout avec une mimique amusante « c’est la plus belle ma maman » -mn. 29.25- ; c’est meueueueueugnon – merci Mister Gad Elmaleh- ! Dans l’émission, il y a d’autres passages où des artistes… jeunes il y a quelques années :) tentent leur talent, notamment Coluche –mn. 53.34-… Un vrai massacre ! Et dire qu’il explique qu’il a commencé en chantant Brassens... :) Pauvre Brassens, il n'a pas mérité "ça" :D !

 

(2) Bien évidemment, les ‘chronométrages’ que j’indique sont approximatifs.

 

 

Découverte un moment après avoir mis en ligne ce post.

Je découvre tout à fait par hasard qu’Olivia Ruiz n’en était pas à son coup d’essai avec Putain de toi. Voici quelques liens :

https://www.youtube.com/watch?v=TzfqPzp2rlo ;

https://www.youtube.com/watch?v=KGxOtEdiMzk

... Et pour finir la version qu’elle proposa lors de l’émission #Merci Brassens, à mon avis la plus intéressante  https://www.youtube.com/watch?v=4i3eGo6tiTI

P.S. Il y a sur Youtube l’ensemble, ou presque, des reprises proposées par les différents artistes avant participé à #Merci Brassens

 

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