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"Mort aux vaches,
vive l'anarchie"
(G. Brassens)

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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 15:53

 

 

Ah non ! Quelle horreur !...

 

 

Hommage à Bob Dylan ce jour dans l’émission dominicale de Michel Drucker (France 2, Vivement dimanche)... Oui-oui, je suivais vaguement : Hugues Aufray y présentait des adaptations qu'il a faites de textes de Dylan, avec relectures (toujours et encore elles) de traductions déjà anciennes*.

Je viens d’y entrevoir Carla Bruni entonner (avec support vocale et passager de Sylvie Vartan) quelques couplets de Don’t think twice it’s all right  laquelle, je crois l’avoir écrit déjà quelque part sur ce blog, est à mes yeux l’une des plus belles chansons d’amour (LA plus belle ?) qui n’ait jamais été écrite.

Cette chanson, me semble-t-il, est le cri de désespoir d’un chat écorché vif trahi par l’amour et qui déverse tout son fiel, son venin –et Dieu sait qu’à l’époque Dylan en avait à revendre !- sur celle qui l’a déçu ; il sort de l’état second dans lequel l’avait mis la nébuleuse idéaliste d’amoureux transis dans laquelle il s’était enfermé avec celle qu’il aimait et découvre qui elle est. Exit  le piédestal de la donzelle,  Dylan se retrouve le cul par terre sous une douche glacée ; il hurle que c’est froid, que ça fait mal et que sa souffrance n’est pas supportable !

… A moins qu’il ne lui déverse tout un tsunami de vacheries dont chaque parole a été pensée, pesée, affinée, affûtée mais dont il ne pense pas un mot car il l’aime toujours. Il lui jette alors en pleine face des paroles de feu à l’image de sa déception, de son anéantissement ; le désespoir peut rendre hargneux et méchant. Et Dylan l’est tout particulièrement dans ce poème.

Il se dit que cette chanson fut écrite alors que Dylan était en train de rompre avec Joan Baez (correction du 5 et 13/11/2014 : FAUX ! ARCHI FAUX ! Il s'agissait de Suze Rotolo - voir http://le-bosse-fort.over-blog.com/2014/11/pochette-de-free-wheelin-bob-dylan-et-sa-relecture-dans-vanilla-sky-jeu-cherchez-les-erreurs.html et, plus encore, http://le-bosse-fort.over-blog.com/2014/11/dylan-et-don-t-think-twice-it-s-all-right-me-suis-je-fait-rouler-dans-la-farine.html, note 5. Les deux hypothèses sont donc envisageables. Qu’importe d’ailleurs puisque l’on ne cesse de répéter que la lecture d’une œuvre appartient à celui qui la reçoit. Or c’est ainsi que je l’ai toujours reçue, et je ne pense pas être le seul.

Quoi qu’il en soit, il demeure que ce poème exprime désespoir, douleur, révolte, agressivité, violence… et que la chanter avec des arpèges et des vocalises ne peut conduire qu’à un massacre, une trahison ; Carla Bruni ne va tout de même pas dire que son ressenti personnel de Don’t think twice it’s all right est la douceur dont elle vient de faire preuve dans la relecture qu’elle vient de proposer.

Ne chante pas (en public J) Dylan qui veut sans risquer un massacre. C’est dans ce piège évident que vient de se fourvoyer Carla Bruni, et cela m’a fait mal tant pour elle que pour Dylan.

Quand, à la suite à vos réactions,  j’avais pris sa défense lors du concert donné en l’honneur de Nelson Mandela http://le-bosse-fort.over-blog.com/article-34329936.html, j’avais déjà fait une constatation similaire sur son style trop doux, trop guimauve, trop marshmallow... trop ‘’mièvre ’’ J pour relire du Dylan, et je l’avais comparé à celui beaucoup plus accrocheur et hargneux de Dave Stewart (ex-Eurythmics) avec lequel elle avait chanté en duo Blowin’in the wind.

Ce que je viens d’entendre était pire, ô combien !

Il demeure, à l’adresse des p’tits jeunots qui me demandent régulièrement ce qu’ont les textes de Dylan (ou de Cohen) pour provoquer ainsi mon admiration, mon respect, à moi l’irrespectueux systématique, que Carla Bruni a rendu un vibrant hommage au poète en observant qu’il n’y a pas une phrase, pas un terme dans ses textes qui n’ait été pensé ; comme chez Brassens…

« Tous est bon chez eux, il n’y a rien à jeter » ; Tonton Georges, sans aucun doute aujourd'hui en compagnie de son Vieux Léon,  me pardonnera je l'espère ce plagiat un peu niais.

En tout cas, bravo ! 20/20 à votre dossier Madame Bruni… J’en connais qui, demain, vont envier ce résultat, si vous voyez ce que je veux dire… L. J’y retourne, j’ai encore 5 de vos œuvres à évaluer, et je regrette que ce ne soit pas du Dylan même si, parfois, souvent il faut s’accrocher pour saisir sa pensée (et avoir un giga bon dictionnaire sous la main !) ; lui, au moins, à quelque chose à dire !!! Je ne plaisante pas et ne cherche pas à vous blesser, mais à appeler un chat un  chat… et des horreurs des horreurs. Ceux qui m’ont rendu des travaux dans le courant de la semaine qui vient de s’écouler seront ravis d’apprendre que les notes vont de 5 à 18/20… Pour certains, leur travail est une vaste fumisterie, et bonjour les copier / coller de Wikipedia  que quelques-uns d’entre vous ne savent même pas reformater sous Word ! Prenez-moi pour un charlot si cela vous amuse, mais pas pour un imbécile totalement aveugle…

                                                  Un canard aux yeux agressés par certaines de vos oeuvres
                                                   et aux oreilles démolies par Carla Bruni (... et H. Aufray)

* Ce qui va être dit pour Carla Bruni est également vrai pour certains morceaux interprétés par Hugues Aufray ; ainsi Blowin'in the wind avec des violons me semble sombrer dans la mièvrerie hors de propos, ou alors ces violons doivent être dissonants, à l'image de la plainte, de la douleur exprimée par le texte et la musique... 

 

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