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"Mort aux vaches,
vive l'anarchie"
(G. Brassens)

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 13:22

C’était prévisible[1] : Cyrus Vance,  le Procureur a abandonné charges et poursuites contre DSK et le juge, Michael Obus, a prononcé ce que l’on peut considérer comme un non-lieu, mais il n’en est pas ‘’blanchi’’ pour autant, et en faisant cette observation, je pénètre de front dans une querelle qui semble partager la France (et sans doute d’autres citoyens du monde), querelle dans laquelle je n’ai nulle envie de rentrer : DSK est-il ‘’blanchi’’ ou a-t-il eu la chance de s’en tirer à bon compte, et reste-t-il suspect ?

Avant toute chose, je vous engage à aller lire de manière attentive et critique les ‘’fameuses’’ 25 pages (ce qui n’est pas gigantesque pour un document de ce type) de la Motion to Dismiss remises par de Procureur de N.Y. au tribunal qui a prononcé le non-lieu et donc la libération de DSK.

Ce rapport, vous le trouverez par ex. :

-          En VO sur http://www.scribd.com/doc/62856715/Strauss-Kahn-Motion-to-Dismiss 

-          En VF sur http://www.rue89.com/2011/08/23/abandon-des-poursuites-contre-dsk-le-document-en-francais-218883(merci aux traducteurs bénévoles, j’avoue que certains passages me paraissaient nébuleux)

 

Ensuite, et seulement ensuite, ce sera à vous, jeunes gens, de forger votre propre opinion et de ne pas vous en laissez (trop) compter par les arguments des uns et des autres, certains -amis de DSK ou simples analystes- allant peut-être un peu vite pour déclarer que le prévenu a été ‘’blanchi’,’ pendant que d’autres (les associations féministes en particulier) criant au scandale et déni de justice.

 

Le comble est qu’il est difficile de dire qui a raison dans ce débat du fait que dans le rapport du procureur –comme finalement dans tout texte !- il est possible d’argumenter dans un sens comme dans l’autre.

 

Parmi l’armada de commentaires qui a été publiée, j’en ai retenu quelques-uns qui me semblent mériter votre attention.

 

-           http://www.maitre-eolas.fr/post/2011/08/09/Affaire-DSK-%3A-pourquoi-une-plainte-au-civilintéressera ceux qui ont des difficultés à saisir le système juridique américain et, particulièrement – plusieurs disent se perdre dans cet aspect de la question-, pourquoi bien qu’ayant été affranchi des poursuites au pénal faute de charges, DSK pourrait être condamné au civil…  autrement dit, comme l’écrit l’un d’entre vous, ‘’être à la fois coupable et non coupable’’ (attention ; la réalité juridique est plus nuancée, plus subtile et la formule, bien qu’elle prête à sourire, n’est pas conforme à l’analyse juridique)

 

-          http://www.lepost.fr/article/2011/08/24/2574492_motion-to-dismiss-au-dela-des-interpretations-ce-que-disent-vraiment-les-autorites-new-yorkaises.html, très critique envers l’avocat de la victime supposée… et c’est à dessein que j’utilise encore et toujours cette expression, car à la suite de ces épisodes juridiques avortés, on ne sait toujours pas si Nafissatou Diallo est victime ou menteuse et manipulatrice, pas plus que l’on ne sait si DSK est coupable ou victime d’une éventuelle manipulatrice.

 

-          http://www.lepost.fr/article/2011/08/24/2574492_motion-to-dismiss-au-dela-des-interpretations-ce-que-disent-vraiment-les-autorites-new-yorkaises.html qui se prononce plutôt en faveur de l’innocence de DSK

 

-          http://actualite.portail.free.fr/france/25-08-2011/dsk-en-zone-grise/ qui, avec une bonne pointe  d’humour, entreprend de montrer que DSK serait peut-être plutôt coupable…

 

Surtout n’allez pas imaginer que je vous donne là LA bibliographie sur l’ ‘’affaire’’. Non ; je ne fais que vous faire suivre des liens d’articles que j’ai rencontrés, ici et là, qui me semblent répondre aux questions que vous vous posez, et me posez.

 

Quant à savoir si DSK est ou non coupable, il ne vous reste plus qu’à vous transformer en jurés et à vous demander où penche votre intime conviction en vous souvenant de deux principes juridiques fondamentaux, car ils sont traditionnellement attachés à la démocratie et qu’ils répondent au respect des droits de l’homme : le doute doit bénéficier à l’accusé d’une part, et il vaut mieux qu’il y ait un coupable en liberté qu’un innocent condamné d'autre part.

Sur ces bases, il me semble personnellement difficile de se prononcer pour la culpabilité de DSK et c’est, finalement, ce qui a motivé le Procureur à proposer au juge d’éteindre l’action publique.

En l’absence de preuves scientifiques irréfutables établissant que le rapport sexuel a été contraint[2], il ne reste que le témoignage accusateur de la supposée victime et celui-là comporte trop de mensonges[3], trop de contradictions, trop de flou et d’incertitudes -nonobstant une part de comédie- pour être crédible : ‘mais à la lumière de notre impossibilité, précisée ci-dessus, d'accréditer le récit de la plaignante, de même que la capacité de celle-ci à mobiliser des émotions pour faire de l'effet, la force et l'effet des preuves relatives à sa réaction immédiate sont grandement diminués’, note in fine le Procureur (traduction http://www.rue89.com/2011/08/23/abandon-des-poursuites-contre-dsk-le-document-en-francais-218883 déjà citée).

Peut-on raisonnablement condamner un homme, qu’il soit DSK ou un total inconnu, sur de telles bases ?

Pour ma part il me paraît évident que c’est impossible.

De là à conclure que si DSK était passé devant un tribunal il aurait été relaxé, et donc véritablement ‘’blanchi’’ (relaxé), il n’y a qu’un pas que j’hésite à franchir… et que, finalement, je franchis même si le Causeur (déjà cité http://actualite.portail.free.fr/france/25-08-2011/dsk-en-zone-grise/) s’étonne, avec raison et humour, qu’en 7 a 9 minutes DSK aurait pu obtenir et exécuter (heu… c’est le terme qui m’est venu à l’esprit, même s’il est discutable, sorry !) une fellation consentie.

Entre 7 et 9 minutes pour convaincre une inconnue de vous en prodiguer une, caser un « hello » suivi d’un « would you be so kind as to suck my dick ? Vigorously please, my daughter is waiting for me and I have a flight afterwards[4], écrit-il.

… Effectivement, il faut le faire et il y a de quoi être sceptique !!

A moins qu’il n’y ait d’autre(s) explication(s) qui n’ont pas d’hypothèse(s) officielle(s).

 

Après avoir réfuté l’idée que DSK aurait payé la jeune femme au motif essentiel qu’il ne l’a jamais dit, Causeur (ibid.) conclut ‘’je suis loin d'être convaincu par le classement de l'affaire […] une femme a peut-être été violée avant d'être humiliée publiquement. Pire, cette femme risque aujourd'hui de perdre son logement et d'être expulsée des Etats-Unis’’.

 

Vrai… et le rapport du Procureur de souligner que la brièveté du rapport est un élément ‘’ suggérant qu'il était peu probable que l'acte sexuel soit le produit d'une rencontre consensuelle’’

Il demeure un dossier non seulement fragile, mais empli d’éléments contradictoires, voire mensongers, qui ne plaident vraiment pas en faveur de la crédibilité de la supposée victime ; … d’où le classement de l’affaire.

 

J’aimerais ajouter qu’il y a dans ledit dossier des zones d’ombre qui gênent ma logique.

 

Il ne m’appartient pas d’en faire l’inventaire et me contenterai d’en souligner deux.

 

Après plusieurs auditions concernant le récit des faits incriminés,  le Procureur note : ‘’ Selon elle, il  [= DSK, bien sûr] a arraché son uniforme, a baissé ses bas, a atteint sa culotte puis … (je coupe, inutile de se vautrer dans des précisions glauques d’autant qu’elles n’offrent aucun intérêt pour mon propos)’’[5]

Ai-je loupé un épisode ?

L’accusatrice laisse entendre une scène violente ; on imagine les vêtements en piteux état, boutons arrachés, coutures, voire tissus déchirés.

Rien de tout cela, semble-t-il.

Dans la suite du rapport du Procureur, il est indiqué que: ‘l'uniforme de la plaignante, qui consiste en une robe et une blouse, a été retrouvé par elle (où était-il ?), à la demande de la police’’. On y prélèvera salive de la jeune femme et des traces de sperme de DSK, preuve de la relation, mais pas de la contrainte… et aucune précision n’est donnée sur l’état des vêtements supposés avoir été arrachés avec violence.

On apprend ensuite que les bas étaient en réalité des collants, que Nafissatou Diallo  en portait 2 paires ( ?[6]), un clair, un sombre. Il n’a pas été trouvé de trace de sperme, mais une déchirure de l’ordre de 7.5cm  à l’entrejambe du collant le plus clair, trou qui pourrait / paraît être le résultat de l’usure du vêtement. Nafissatou Diallo  déclarera pour sa part ‘’qu'elle ne savait pas si ces trous étaient le résultat ou non de la conduite du défendant ou s'ils n'avaient aucun lien avec les faits incriminés’’[7]

J’avoue ne pas comprendre. La jeune femme a-t-elle ou non été agressée et ‘’son uniforme arraché’’, comme elle l’a déclaré ? Dans un tel cas, ses vêtements devraient en porter des traces constituant autant de preuves.

Et puis quels vêtements  portaient Nafissatou Diallo lorsqu’elle est sortie de la suite de DSK pour se rendre… ??? (vaste incertitude dans l’enquête du fait des différentes versions données par la jeune femme)… puis, enfin, vers des responsables de l’hôtel ?

 

Ici, comme ailleurs, on a le net sentiment que la supposée victime a exagéré.

 

De plus, autre point nébuleux du dossier, comment expliquer qu’il ait été trouvé dans la suite 2806 trois autres traces de salive / sperme ne correspondant pas à l’ADN des protagonistes[8] ?

’Ces traces d'ADN non identifiées n'ont pas de lien avec l'enquête’’ conclut le rapport.

Faut-il simplement conclure que plusieurs auteurs de fellations ont joyeusement craché sperme et salive dans un endroit relativement délimité de la suite, comme si les lieux inspiraient  le procédé d’un goût, d’une délicatesse et d’une hygiène pour le moins discutables.

Les couples qui pratiquent l’amour oral ont tous, je l’espère, des procédés autres que cette technique pour le moins étonnante et répugnante.

A quoi correspond cette pratique ? Au nombre des hypothèses qui viennent très vite à l’esprit pour tenter de trouver une explication, ne songe-t-on pas à un réseau de prostitutions agrémenté de maîtres chanteurs ?

 

Ah si Bones et son équipe, Horatio et sa bande, le NCIS et les siens avaient été appelés sur les lieux !

 

… Mais peut-être que je déraisonne à force de regarder trop de navets policiers à la T.V. !

 

Plaisanteries mises à part, que sont ces traces sur la moquette et n’aurait-il pas été nécessaire de regarder si d’autres chambres connaissaient une situation semblable et d’approfondir cette étrange coutume ?

 

Je ne suis convaincu ni par les charges initialement retenues contre DSK, ni par la conduite de l’enquête, ni par ce non-lieu… même si l’attitude de la victime justifie largement l’abandon des poursuites.

 

Le non-lieu est bienvenu, car la justice n’avait guère le choix, mais la situation reste ambiguë sur bien des points et c’est dommage tant pour Nafissatou Diallo que pour DSK.

 

 

NB. Il n’est peut-être pas inutile de renvoyer à quelques-uns des arguments que j’avais fait valoir page http://le-bosse-fort.over-blog.com/article-affaire-dsk-et-que-devient-la-victime-78372702.htmld’autant plus que, depuis que l’affaire est close au pénal, Benjamin Brafman s’est laissé allé http://www.lesquotidiennes.com/soci%C3%A9t%C3%A9/affaire-dsk-pour-son-brafman-nafissatou-diallo-%C3%A9tait-trop-forte-pour-se-laisser-violer.htmla une argumentation de bon sens sur le rapport de force entre un homme de quelque 62 ans et une jeune femme d’apparence plutôt solide en pleine force de l’âge…



[1] Pour ceux qui prendrait le train en marche et qui penseraient que je joue au prophète après coup, voir notamment http://le-bosse-fort.over-blog.com/article-affaire-dsk-et-que-devient-la-victime-78372702.html

[2] Je ne vais pas reprendre un à un les éléments de l’enquête du Procureur ; reportez-vous à son rapport…Relevons rapidement qu’il a bien été trouvé du sperme appartenant à DSK mais le ‘’timing’’ (pendant et après la relation sexuelle) reste nébuleux ; pas de traces de coups établissant de manière irréfragable qu’il y a eu violence tant sur la jeune femme (les rougeurs relevées sur son vagin ne prouvent pas grand-chose et elle semble avoir joué avec une douleur à l’épaule : ‘’ l'expert ne pense pas plausible que la douleur qui aurait disparu en 48 heures ressurgisse près de 28 jours plus tard’’) que sur DSK et les ‘prélèvements sous ses ongles ceux de Nafissatou Diallo) n'ont pas donné de résultat’’ (elle ne s’est donc pas débattu avec énergie, n’a pas donné de coups, n’a pas griffé… de même que DSK ne l’a pas frappée). ‘’[…] Aucune charge attestant d'une blessure physique ne pourrait être invoquée dans une plainte criminelle ou devant un grand jury’’, note en résumé le Procureur.

[3] Je ne vais pas, non plus, en dresser la liste ; une fois encore, lisez le Rapport du Procureur. Je voudrais simplement attirer l’attention sur le fait que Cyrus Vance  revient sur le coup de téléphone qu’elle avait passé à son ‘’fiancé’’ emprisonné pour trafique de drogue et dont elle avait contesté la traduction. Il a bien été question de l’argent qu’elle pourrait tirer de DSK.

[4] Rappel : en quittant l’hôtel, DSK est allé manger avec sa fille puis est allé prendre son avion.

[5] Cf. le rapport du Procureur : Déroulé de l’enquête ;  A - Enquête initiale et acte d'accusation

[6] Aucune explication sur ce curieux détail vestimentaire dans les propos du procureur… simple habitude, élément de pudeur dans la culture de la jeune femme ?

[7]  Voir § 2. Les preuves physiques et les autres preuves ne permettent pas d'établir un usage de la force ou d'absence de consentement. B. les preuves médicales 3. Les trous du collant

[8] Voir notamment la note de bas de la page 20 du rapport

 

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