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"Mort aux vaches,
vive l'anarchie"
(G. Brassens)

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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 07:35

19 juillet : des informations me sont parvenues. Il faut que je retouche ce post en conséquence, mais retraité occupé comme je le suis je n'ai pas le temps maintenant. Désolé  A+

 20 juillet : voilà, c'est fait...  Bonne(s) lecture(s)

_______

Puis-je demander au Vieux Léon de glisser de ma part un pardon humble et sincère à tonton Georges entre deux accords d’accordéon ?

 

Baby boomer (et donc aujourd’hui papy boomer, mais sur cette question nous allons revenir) j’appartiens à la génération yéyé qui, en matière de chanson(nette)s, a livré de nombreux textes particulièrement hard et, pour tout dire, désopilants surtout lorsqu’ils se veulent sinistres à décliner le plus souvent sur le mode elle m’a quitté yéyéyé  / Je vais crever yéyéyé. Je ne vais pas donner d’exemples tant ils sont nombreux et, pire, à citer de mémoire, je redouterais de ne pas reproduire quelques-unes  des plus ‘belles’ perles, ce qui serait dommage J ; je laisse à d’autres le soin de fouiller cette 'littérature' pour aller y dénicher ses plus beaux fleurons 

 

Cette situation s’explique probablement par le fait que l’auteur, ne trouvant pas un rythme suffisant dans une suite de mots ayant du sens, ou ne trouvant pas sa rime, n’a guère hésité à écrire n’importe quoi…Et yé-yé-yé /yeah-yeah-yeah, je ne vais pas m’em***der avec le sens de ma chanson ! Les gamins des Trente Glorieuses disposent d’un pouvoir d’achat grâce à l’argent de poche que leur donnent leurs parents, et yéyéyé il faut le croquer !

 

Au milieu du monde de la chanson de l’époque, se trouvait quelques non yéyés dont Georges Brassens qui fut, et reste, une de mes idoles n’en déplaisent à certains qui, me semble-t-il, sont totalement à côté de la plaque http://thierryjaspart.wordpress.com/2011/11/02/je-deteste-jacques-brel-georges-brassens-david-bowie-et-pierre-desproges/ et auxquels il conviendrait peut-être de citer Pierre Desproges, qu’ils n’aiment pas non plus : Brassens est un vaccin contre la connerie, mais il faut de temps en temps une piqûre de rappel (citation empruntée au post de DonkeeShot sur http://www.youtube.com/watch?v=6uXei215978… j’avoue ne pas avoir vérifié l’exactitude de la citation dans les textes et bons mots de Desproges). Dommage qu’il ne soit plus là pour lancer quelques diatribes car, en cette période, côté connerie, nous donnons sans réserve et sans modestie aucune dans le superlatif de l’opprobre.

 

Gavées de textes yéyés, mes oreilles étaient donc devenues familières de cette sous-littérature creuse aux rimes outrageantes et j’avais pensé que Tonton Georges, sans sombrer dans ces excès, avait ici ou là sacrifié à la rime, pour utiliser l’expression pudique consacrée.

 

Ainsi, dans Le Mauvais sujet repenti, il écrivit et chanta : On s’aida mutuellement, Comme dit le poète ou encore, dans Je suis un voyou : J’ai perdu la Tramontane En trouvant Margot.

 

Jamais je ne m’étais demandé de moi-même qui pouvait être ce poète qui chanta une aide mutuelle ; j’avais niaisement pensé qu’il avait utilisé poète pour assurer sa rime.

 

Jamais je ne m’étais interrogé sur cette perte de Tramontane au-delà du fait qu’étant sétois*, Brassens avait voulu signifier que son love-love envers Margot lui avait fait perdre les racines, les repères qui étaient les siens depuis sa plus tendre enfance.

 

Et pourtant…

 

Un gamin, le Canard ! Nul… : je suis un gros nul !

 

J’ai chanté et siffloté Brassens sous la douche, au volant, en marchant… et même, comme bon nombre d’individus de ma génération -et sauve qui peut pour les oreilles !-,  en tentant de plaquer quelques accords de guitare L, et je découvre aujourd’hui que je suis passé à côté d’idées et de vers qui sont autant de références culturelles ou bien que je n’avais pas saisies faute d’attention, ou bien que je ne pouvais saisir car il me manquait la culture nécessaire pour percuter le clin d’œil lancé par le poète.

 

Dur bilan pour un papy boomer à la retraite qui a tenté d’enseigner à ses élèves critiques et ouverture d’esprit systématiques ! A ma décharge, je découvre que Brassens, que je savais toujours en quête de textes poétiques laissés par ses prédécesseurs, avait une érudition allant bien au-delà de ce que j’avais perçu et imaginé : chapeau !! Il ne doit pas y avoir dans ses textes la moindre rime, le moindre mot qui soient creux. 

 

Et, à qui dois-je cette lucidité soudaine ?

 

A Bertrand Redonnet auteur de Brassens, poète érudit… et érudit lui-même pour avoir trouvé quelques-unes des clés permettant d’ouvrir ces vers qui, gros balourds que je suis, m’étaient passés à 1 000 lieues au-dessus de la tête.

 

Depuis, je ne chante plus Brassens sous la douche –j’ai honte L- et profite du temps libre que seule permet la retraite (… ou les rentes ! Ah rentier !… quel beau métier J sans doute moralement, socialement et politiquement discutable, mais beau métier quand même J !)  pour ré-écouter et re-découvrir Brassens.

 

Principe : lorsqu’un vers me paraît douteux je ne soupçonne plus tonton Georges d’avoir sacrifié à la rime, je me mets en cause, moi, et cherche à comprendre…

 

Cela dit, je n’ai pas trouvé pour l’instant beaucoup de vers douteux J qui n’aient été expliqués par Bertrand Redonnet et je lui en suis vivement gré ; le retraité paresseux que je suis n’a pas à chercher, mais simplement à lire J.

 

Parfois, à défaut de m’instruire à 100%, je complète ma culture. Ainsi (p. 160 sq. de l'ouvrage dont les références vont suivre) Bertrand Redonnet se plonge dans Le bulletin de santé. Bien évidemment, il explique qui sont Hippocrate et Gallien, ce qu’en principe les amateurs de Brassens savent. Par contre, ce qu’ils doivent être nombreux à ignorer (et je m’inscris en tête de ces ignares J), c’est que Brassens trouva vraisemblablement une partie de son inspiration dans sa culture littéraire, en l’occurrence, Jean-François Regnard pour amener son Hippocrate dit : c’est des crêtes de coq, Et Gallien répond : ce sont des gonocoques. De même, lorsque le poète conclut qu’il est hanté, le rut, le rut, le rut, j’ignorais totalement qu’il avait fait un clin d’œil à Mallarmé…

 

Je cesse là mes exemples ; je ne vais pas piller l’ouvrage de Bertrand Redonnet.

 

Et où se procurer l’ouvrage en question ?

 

Stoooooooooooop ! C’est essentiellement ici que je dois modifier le texte initial de ce post. A l’origine, j’avais écris en réponse à ma question : Mes pauvres… la galère ! Car, cet ouvrage est désormais introuvable, sauf coup de chance (ce qui a été mon cas) à l’occasion d’une visite physique ou virtuelle chez un bouquiniste puisqu’il est épuisé chez l’éditeur, ce dernier ayant de toute manière fermé ses portes.

 

Voici les références de la version papier.

Bertrand Redonnet,

Brassens poète érudit, préface de Denis Montebello,

Arthemus, 2001 pour la première édition, 2003 pour la seconde,

code ISNB 2-913544-23-6.

 

Après avoir rédigé ce billet 1ère version, l’idée m’est venue de le faire parvenir à Bertrand Redonnet. Il m’a fort gentiment répondu et m’a appris qu’après l’avoir retouché et remanié, il avait mis en ligne sur son blog, catégorie Brassens, son Brassens, poète érudit, (voir la marge de gauche).

 

Cela conduit à la seconde version de ce billet avec des références qui intéresseront plusieurs des curieux qui me suivent dans mes délires.

 

Page d’accueil du blog de Bertrand Redonnet : http://lexildesmots.hautetfort.com/

 

Pour Brassens, poète érudit (précision utile pour les distraits, il y a 2 pages web qui représentent quelque 200 feuillets A4 ; je le sais car je viens de les mettre sous Word afin de les imprimer : j’adore lire allongé, dans un bain et en plein d’autres endroits où PC et tablettes sont malvenus) : http://lexildesmots.hautetfort.com/brassens-poete-erudit/.

 

Est également recommandée une balade sur http://lexildesmots.hautetfort.com/brassens/  

 

Merci Monsieur Redonnet de mettre gracieusement à disposition des brassensinophiles (ouf ! qu’aurait pensé Brassens de cette construction !?) des clés culturelles pour aborder une lecture plus savante des textes de Tonton Georges.

 

Un dernier mot pour ceux de mes ex-élèves (il y en a toujours quelques-uns… J) qui se promènent sur les pages de ce blog.

 

Je vous ai souvent engagé, à la suite des Modernes, à considérer (avec des termes plus techniques que ceux que je vais utiliser) que la lecture d’une œuvre appartient au ressenti de celui qui la reçoit et non plus tellement à son auteur. Il est malgré tout bougrement intéressant de savoir à quoi pensait l’auteur en question ; Brassens en est un bel exemple ! La double lecture, à savoir la réponse à la fameuse question du cours de français standard qu’a voulu dire l’auteur ? d’une part, et votre perception personnelle d’autre part me semble être le bon plan… si bon plan qu’il serait sans doute fort utile de diffuser l’opuscule (ou les coordonnées web) de Bertrand Redonnet avec les enregistrements de Brassens.

 

Idée à soumettre aux éditeurs de ses disques…

 

 

*… et non bruxellois avec, en prime un accent vulgaire J http://thierryjaspart.wordpress.com/2011/11/02/je-deteste-jacques-brel-georges-brassens-david-bowie-et-pierre-desproges/ J’aime bien l’internet : un remarquable recueil de conneries s’y promène J. C’est distrayant pour un retraité.

 

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