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"Mort aux vaches,
vive l'anarchie"
(G. Brassens)

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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 10:39
Ce qu’il y a de bienJ? L ) sur le Web c’est que l’on peut écrire un peu tout et n’importe quoi : tout le monde s’en moque sauf, peut-être, sur ces forums (fora me fait quand même moins mal aux yeux) qui conjuguent à tous les modes et tous les temps le verbe foire-d’empoigner et où l’on s’engueule et s’injurie à qui mieux-mieux. Aucun risque ici : grâce à l’option ‘Vous modérez les commentaires. Seuls les commentaires acceptés seront visibles sur le blog’’ d’Overblog,  j’ai le contrôle total des contestataires, sentiment de pouvoir suprême J ; vous allez pouvoir en juger !
.
Je reviens donc, comme prévu, de Cracovie. Bien sûr, je suis de nouveau passé à Auschwitz, mais de cela, nous parlerons un autre jour. Aujourd’hui, je ne suis sur mon clavier que pour évoquer la Halle aux Draps, nommée par les indigènes Sukiennice (ce qui d’après mes ‘informateurs’ locaux, et après vérification sur http://translate.google.fr/#pl|fr|-mais est-ce fiable ?-, signifie chiffon en polonais).
 
PaC1 P4124314a 2011 pour Overblog
 
Cette halle fut construite entre 1380 et 1400. Elle brula en 1555 et fut reconstruitepar des architectes qui donnèrent surtout dans le style Renaissance ; l’architecture est finalement un mélange assez harmonieux et plaisant d’éléments gothiques, renaissants et baroques. Elle  resta pendant plusieurs siècles un centre majeur du commerce international. On y vendait une grande variété de produits exotiques importés d’Orient ; des épices, de la soie, de la cire, du cuir et des fourrures, etc. On y exportait du plomb, le sel de la mine de Wieliczka – désormais, et à juste titre me semble-t-il, un des hauts lieux du tourisme cracovien http://www.kopalnia.pl/index.php?id_language=5&action=home&&id_location=1 ; http://www.kopalnia.pl/site.php?action=site&urlMain=5,570,1,891,true,&&id_site=570&level=891- et, bien sur du textile, d’où le nom de cette halle.  
 
Bien que le bâtiment ne provoque pas en moi une admiration extatique sans borne, il en impose indiscutablement au milieu de la place de quelque 200m2  qui l’accueille, et son espace couvert aux fausses allures de bazar oriental attire très vite le chineur du fait des dizaines d’échoppes qu’il abrite aujourd’hui… Déception, il n’y a là que de l’artisanat pour touriste bien standardisé, et même si vous entendez faire des emplettes style cadeaux-souvenirs (bijoux en ambre, chaussettes en laine, cuirs, jouets en bois…), votre portefeuille préférera sans aucun doute que vous exploriez les rues alentours ou vous trouverez une production supposée artisanale similaire plus que sensiblement moins chère, avec le plaisir de découvrir un quartier agréable.
 
Il demeure que cette halle est bien pratique lorsque l’on se fait surprendre par la pluie. J’ignore si je suis poursuivi par la guigne, mais lors de mes deux passages à Cracovie quelle quantité d’eau impressionnante n’ai-je pas vu tomber ! Ces douches tombées du ciel dans la chaleur très relative d’un climat continental sont probablement à l’origine de ma constatation selon laquelle bien des Cracoviens semblent attachés à leur parapluie et leurs vêtements de pluie ; même lorsque le matin en vous réveillant vous voyez, ô joie, un soleil aussi resplendissant qu’inhabituel -… une fois encore je me base sur mes brèves expériences personnelles, toutes deux au mois d’avril- et que, touriste imprudent car non averti, vous partez en sifflotant les mains dans les poches, vous verrez bien des indigènes, rusés, avoir avec eux de quoi se protéger si d’aventure le temps changeait.
 
Fort de cette constatation déjà faite l’an dernier, et en conséquence toujours muni depuis d’un mini, mais solide, parapluie pliable dans l’une des multiples poches de mon anorak spécial déplacements dans des zones où la chaleur ne sera probablement pas au rendez-vous (… et la Pologne en fait partie, en tout cas au début du printemps), il faut m’imaginer furieux m’engouffrer pour la première fois de ma vie dans la Halle aux draps par l’une des deux arches qui forment sa porte d’entrée Nord-est –sauf erreur d’orientation (1)-, celle qui est approximativement dans l’axe de la Swietego Jana. J’avais momentanément perdu tout sens de l’humour. Il faisait un… froid de Canard J, une pluie drue venait de commencer à tomber, j’avais les cheveux trempés, de l’eau me coulait dans le cou… et le parapluie pliable évoqué ci-dessus était tellement solide que l’un des clips métalliques qui permet de le déplier refusait obstinément de s’ouvrir. C’est alors que, juste à cette entrée, à la base des pieds-droits des arches, j’eus la ‘révélation’ de pierres à cupules qui me redonnèrent ma joie de vivre.

PaC2 P4030703 2012 pour Overblog
 
PaC3 P4124318 2011 pour Overblog
 
Deux des quatre pierres à cupules (une par base de pied-droit) de la double arche
de la porte Nord-est du Sukiennice. A noter que les blocs dans lesquels les coupes
ont été aménagées sont de couleurs et de nature différentes. S’il devait s’agir
de pierres de récupération, elles n’appartiendraient pas au même ensemble.
 
     

Une cupule est une excavation en forme de coupe auquel l’homme a procédé dans une pierre dépendant d’un ensemble rocheux, une montagne, ou dans une pierre dégagée d’un ensemble rocheux de manière à obtenir un objet mobile, quoi que le poids puisse très vite devenir une entrave à ladite mobilité. La coupe (la cupule) peut être remarquablement formée, ce qui est le cas à Cracovie, ou être un simple ‘trou’ plus que très approximativement semi-sphérique (voir les illustrations dans le second lien qui sera mentionné ci-après). On en connait dans tout l’Occident (voir le lien ci-après) largement entendu puisque le bassin oriental de la Méditerranée est concerné.

 

L’une des plus connues de ces pierres à cupules (‘’s’’ à cupule, car il y a plusieurs coupes sur la même pierre laquelle est de forme circulaire et a un diamètre de l’ordre de 1m) provient du Palais de Malia (Crète) et a été publiée par l’helléniste réputé que fut Fernand Chapoutier. Il l’analyse, avec raison me semble-t-il, comme ayant une fonction cultuelle http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bch_0007-4217_1928_num_52_1_2927# (avec schémas et photographies). Mais cette fonction n’est peut-être pas à généraliser ; c’est ce que fait observer Christian Mandon qui propose également un inventaire non exhaustif mais néanmoins assez complet, et une classification de ces étranges pierres qui sont, en Europe occidentale en tout cas, le plus souvent liées aux civilisations mégalithiques http://racines.traditions.free.fr/pcupules/pcupules.pdf (nombreuses illustrations).

Des pierres à cupules, on en connaît encore en Turquie, notamment à Hattousa, capitale de l’empire hittite, et en Cappadoce. C’est très volontiers que j’en aurais proposé des illustrations si celles-ci n’étaient pas perdues quelque part dans mes archives de diapositives argentiques qu’il faudrait que je trie et que je numérise… et avec lesquelles je ne suis plus familier (d’où mon incapacité à mettre la main dessus rapidement) depuis que je suis passé à la photographie numérique. Autre solution, retourner un de ces jours sur place pour les photographier de nouveau. Je redoute en tout cas de me ‘plonger’ dans ce fonds de quelque 5 000 ou 6 000 diapositives. Puisque Nikon a retiré du marché ses CoolScan diaboliquement efficaces, mais hors de prix, soyons ‘modestes’ pour interroger le lecteur : qui a un Reflecta DigitDia en trop avec, en prime, le logiciel SilverFast-Scansoftware ? A défaut, vous pouvez me faire directement  un chèque de l’ordre de € 1800, je compléterai… Ouaip ! J’ai comme le sentiment confus que ces fameuses dias ne sont pas encore scannées !!

Bref, les pierres à cupules c’est toute une mythologie et vous comprendrez, j‘espère, pourquoi en découvrir quatre -une à la base de chacun des pieds-droits des deux arches de cette porte- me réchauffa le cœur et le corps ; je recouvris très vite mon sourire et je ne sentis plus ni la pluie, ni le froid.

Pendant que je sortais mon appareil photo de la housse hyper étanche dans laquelle il était enfermé (une bête pochette en plastique J) et que, constatant l’évidence, à savoir la faible luminosité, je me traitais d’imbécile d’avoir  jugé inutile de prendre un flash ainsi que le cordon qui permet de le désolidariser de la griffe de l’APN pour produire une lumière frisante, Sa Blondeur (= ma fille -vous savez qu'elle était avec moi si vous êtes un lecteur habituel et attentif, autrement... vous l'apprenez) qui ne comprenait pas trop ma joie et mon étonnement devant ces ‘pierres à trous rappelant des dominos pour géants’’ (La Blonde dixit), avait entreprit une exploration rapide des boutiques de la halle et revenait vers moi en faisant force gestes et commentaires que je n’entendais pas encore. Avait-elle trouvé le bracelet ou le collier en ambre de sa vie ? Non… ce n’est pas trop son genre, quoi que... Elle venait m’expliquer qu’au nombre des boutiques de souvenirs, il y en avait qui vendait des peaux et que certaines évoquaient ou bien du loup ou bien du chien. A juste titre, elle était scandalisée. Cela dit, je suis allé voir les peaux en question et suis incapable de me prononcer.

Que font là ces pierres à cupules ?

C’est ici que vous allez comprendre les raisons de mon introduction. Prenant désormais exemple sur mes élèves, je n’ai pas fait mon travail de recherche et j’écris malgré tout sur ces vestiges : bref, je suis un vrai guignol (je pense que cet aveu va un jour ou l’autre ressortir dans vos bouches J, mais il restera vrai pour moi... comme pour vous) qui entreprend de parler de ce qu’il ne connait pas !

Concernant l’explication cracoviennement touristique de la présence de ces pierres, je me suis contenté de celle fournie par une guide professionnelle qui m’a dit tenir de ses enseignants (… elle a fait la majeure partie de ses études à la célèbre Université Jagellonne) qu’il s’agissait des vestiges d’un système d’antan destiné à interdire aux chevaux de pénétrer à l’intérieur de la Halle aux draps, les cupules permettant de bloquer des poutrelles de bois.

Comme (toujours dans la lignée des travaux de mes élèves) j’ai voulu donner une apparence de sérieux à cet écrit et  j’ai entrepris d’explorer la Toile. Bien des sites louent la beauté de la Halle aux draps, pas un de ceux que j’ai visité ne mentionne l’existence de ces pierres en conséquence de quoi, bien évidemment, pas un n’en donne la moindre explication.

Un travail sérieux aurait exigé que je farfouille alors dans des bibliothèques au lieu de rester mollement les fesses posées sur un siège en face de l’écran de mon P.C. ; un travail m’autorisant à écrire sur la question aurait nécessité  que je contacte des collègues, qu’ils soient ou non cracoviens : par paresse (et manque de temps, mais c’est là le sempiternel prétexte bien facile), je n’ai RIEN fait de tout cela ; pas la moindre recherche autre que sur la Toile, pas le moindre contact.

Un vrai fumiste, un vrai charlot sur ce coup là, le Canard !! J… non : L!

… Et je n’ai absolument aucune hypothèse à formuler si ce n’est que je ne crois pas trop en la solution fournie par la guide cracovienne ; franchement, vous la sentez, vous ?

 
 
PaC4 P4030706b b pour Overblog 

Bien que les blocs de pierre aient été arrondis (retaillés ?) pour former une unité avec chaque pied-droit (2), imaginer la projection de barres / poutrelles qui viendraient se bloquer dans les demi-sphères, dont chacune donne approximativement l'angle d'inclinaison (j’en ai simulées deux sur l’image ci-dessus), laisse sceptique. Même les cupules les plus proches du sol ont, semble-t-il, une projection bien trop haute pour bloquer des chevaux supposés non attachés...

Et que dire de la portée de chaque poutrelle ?

Et pourquoi n’y a-t-il aucun aménagement destiné à recevoir l’autre extrémité de la poutre vers les parties sommitales de chacune des deux arches ?...      

 

 

PaC5 rec P4030707b pour overblog 

... Car dans les parties sommitales, il n’y a rien : pas la moindre trace d’un aménagement quelconque ; regardez vous-mêmes sur la photo ci-dessus.

 

A tort, peut-être, je ne suis pas convaincu.

 

Alors ?...

… Alors quoi ?...  J’ai fini J. Terminé ; plus rien à dire.

Oh ! Finalement, la question est simple : même si l’explication proposée par la guide (… explication que je n’ai même pas vérifiée auprès de l’un/e de ses collègues, alors qu’il m’aurait été très facile de le faire mais je n’y ai pas pensé) devait être satisfaisante malgré mes critiques, ces 4 blocs percés de cupules ne seraient-ils pas des pierres de récupération et, dans un tel cas, connait-on dans la région des cultures qui ont laissé des pierres à cupules ? De prime abord, on pourrait alors peut-être penser à des populations nomades et semi-nomades liées éventuellement à ‘’ces mystérieuses tribus venant de la forêt sacrée de Kufstein au sud du Danube […] Kufstein signifi[ant]  Cuves de Pierre  (http://racines.traditions.free.fr/pcupules/pcupules.pdf, p. 2). Je me souviens avoir assisté à un colloque au cours duquel un chercheur voulaient qu’elles aient migré vers le Nord, alors pourquoi pas sur ce qui deviendra la Pologne ?

 

… A présent, je compte sur la chance pour que quelqu’un qui connait les réponses -ou qui a les éléments en main pour procéder à l’analyse que je n’ai pas faite- ouvre cette page web, qu’il réalise le travail et qu’il me l’apporte sur le plateau de paresse que serait un courriel transitant par Overblog. Alors, toujours à l’instar de mes élèves, à l’aide d’un gracieux copier / coller, je reviendrai sur cette page –ou en ouvrirai une autre- en m’écriant J’ai trouvé… je collerai SA réponse après modification de quelques phrases, de quelques mots et déclarerai que tout baigne au royaume des Canards Glorieux qui taxent sans état d’âme les recherches des autres !

 

… Est-il nécessaire de préciser que je plaisante et que si la réponse devait me tomber du Web j’indiquerais les coordonnées de son auteur, comme il se doit chez les gens qui ont un minimum d’éducation et de respect des autres… Mesdemoiselles et Messieurs mes élèves -ou du moins certains d'entre eux, et ils sont les plus nombreux- verront très bien ce que je veux dire !

_____________________

(1) … désolé, je n’ai pas d’i-phone et n’ai pas d’application pour ça !! J… Nom d’une pierre confite aux cupules, que cette publicité d’Apple m’a gonflé ! De toute manière, même si j’avais eu l’application boussole, je n’aurais pas pu la consulter puisque mon non-i-phone-tout-pourri était totalement inutile en Pologne. Mon super forfait Free à € 2 (devinez celle qui s’est adjugée le forfait à € 15,99 des abonnés Free Box ?) ne permet de capter aucun réseau dès que l’on sort de France ; ça, c’est un peu pénible.

(2) Si, comme je le suggère indirectement par mes critiques, ces blocs étaient des pierres de récupération, on peut s’interroger sur l’usage des cupules par la culture qui les a créées ; l’hypothèse souvent avancée selon laquelle les cupules auraient servi à faire de libations devra être écartée à moins que, bien au contraire, l’un des buts fut de faire tomber un liquide au sol, sur la Terre-Mère par exemple. La position de certaines des coupes interdit en tout cas de retenir le moindre liquide.

 

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