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"Mort aux vaches,
vive l'anarchie"
(G. Brassens)

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 09:47

Merci à ceux qui m’ont fait parvenir l’article de Hubert Prolongeau paru dans Télérama n°3231 (14 décembre 2011) concernant le ‘’tourisme’’ et les attitudes des visiteurs à Auschwitz.

Non ; je ne l’avais pas lu.

Pour ceux qui seraient dans mon cas et qui seraient intéressés :

Ø  Le reportage peut être consulté sur http://www.telerama.fr/monde/a-auschwitz-la-memoire-etouffee-par-le-tourisme-de-masse,76049.php

Ø  Plus intéressant, me semble-t-il, est l’opinion d’Alain Finkielkraut qui suit le reportage et qui se trouve ici ->  http://www.telerama.fr/monde/alain-finkielkraut-respecter-auschwitz-c-est-ne-plus-s-y-rendre,76137.php

Après lecture, je n’ai pas grand-chose à ajouter à ce que j’avais mis en ligne sur ce blog en mai dernier http://le-bosse-fort.over-blog.com/article-auschwitz-et-birkenau-impressions-d-un-pelerin-1-73491567.html, et plus particulièrement http://le-bosse-fort.over-blog.com/article-auschwitz-et-birkenau-impressions-d-un-pelerinage-73460976.html éventuellement compléter plus tard par http://le-bosse-fort.over-blog.com/article-rudolf-hoess-et-un-pelerin-de-retour-d-auschwitz-74499498.html et  http://le-bosse-fort.over-blog.com/article-auschwitz-lieux-d-arrivee-des-deportes-79062448.html

 

Concernant l’article lui-même, je partage sans réserve le trouble ressenti par le journaliste. J’ai eu le même (en moindre). Je me demande toutefois si, étant sous le choc, son attention  n’a pas été capturée par l’attitude... choquante de quelques-uns, oubliant finalement de regarder les autres, la majorité, qui, elle, avait un comportement conforme aux douloureux souvenirs,  à l’horreur des lieux.

Et puis, peut-être, aurait-il dû aller parler avec ceux qui avaient les comportements discutables qu’il dénonce pour tenter de comprendre ; n’est-ce pas là l’un des objectifs du journalisme ? Personnellement, je n’oublierai jamais l’attitude hostile que j’ai eue vis-à-vis de cette élève qui photographiait sans retenue, sans pudeur et comment, devant ses explications, je me suis retrouvé comme un imbécile : sans plus savoir ce que je devais penser (et j’en suis toujours là !) ; voir http://le-bosse-fort.over-blog.com/article-auschwitz-et-birkenau-impressions-d-un-pelerinage-73460976.html

Cette anecdote me parait être une leçon de sagesse.

J’avoue que si j’étais journaliste et que je préparais un papier sur la question, je ne me serais pas contenté de photographier un groupe de jeunes tout sourire sur les rails de Birkenau ou deux gamines posant dans une attitude très fillasse (pardon !... elles sont dans les bras l’une de l’autre) sous la célèbre porte d’entrée d’Auschwitz-I –sur le Web cette image est p. http://www.telerama.fr/monde/alain-finkielkraut-respecter-auschwitz-c-est-ne-plus-s-y-rendre,76137.php-.

J’ose d’ailleurs croire que ces clichés correspondent bien à une réalité et que ce n’est pas le photographe qui les a fait poser pour illustrer son propos. Je suis quand même étonné de la direction du regard de tous ces jeunes : bien dans l’axe de l’objectif ‘’Cacahouète’’  / ‘’ouistiti’’ et clac, c’est dans la boîte ! Etrange… particulièrement pour les touristes espagnols en train de se faire prendre en photo par leur ami.

Bref, je serais allé les voir pour leur demander quel était le but de ces clichés.  Peut-être aurait-on eu quelques réponses allant au-delà de ce que nous supposons tous.

De plus, le journaliste cible essentiellement les élèves en voyage scolaire. Une brève recherche lui aurait montré que l’attitude des adultes est tout autant discutable, voire plus puisque, justement, ils sont… adultes ; enfin en principe !

 

La conclusion d’Alain Finkielkraut selon laquelle respecter Auschwitz  serait de ne plus s’y rendre  me paraît judicieuse en tant que position de principe et la formulation sonne bien, mais elle me paraît totalement irréaliste.

Auschwitz transformé en une gigantesque entreprise commerciale, en un business de l’horreur, est bien évidemment choquant en soi, mais comment faire autrement ?

Imaginons quelques instants que l’on décide d’interdire les visites.

Plus de ‘’touristes’’.

Que vont devenir ces lieux de mémoires ?

 

Va-t-on les entretenir (et cet entretien pose moult problèmes techniques –et financiers !!- notamment à Birkenau avec les remontées d’eau, sur ces questions, voir par ex. http://en.auschwitz.org/m/index.php?option=com_content&task=view&id=583&Itemid=37 ; http://videos.arte.tv/fr/videos/auschwitz_lieu_de_memoire_en_sursis-3676168.html) uniquement pour ceux qui justifieront d’un intérêt considéré comme véritable : victimes qui ont survécu –de moins en moins nombreuses-, parents de victimes, historiens… qui d’autres puisque l’on interdit les simples curieux, autrement dit les touristes, qu’ils aient un comportement décent  ou non ?

 

Si nous en arrivons à cette extrémité, autant faire venir une dizaine de bulldozers, détruire les lieux, construire dessus des immeubles ; ce sera le plus sur moyen de régler le problème… et de faire disparaître à jamais toute trace de l’ignominie dont l’homme est capable (1).

 

Message personnel à l’attention de Madame Eva Joly : en errant  dans Auschwitz, pas une seule fois je n’ai pensé à la responsabilité des Allemands. Non ; je suis comme vous, Madame Joly… enfin partiellement. Il ne doit pas y avoir de fêtes ou de lieux commémorant la haine. Il faut monter d’un cran dans le raisonnement face à ce type de situations. Concernant les victimes des nazis, je reste persuadé (et l’histoire post-Seconde guerre mondiale est malheureusement là pour me donner raison) que tous les peuples sont capables de perpétrer de semblables horreurs.

Et c’est sans doute là le plus bouleversant d’une visite à Auschwitz : avoir l’horreur absolue sous les yeux et penser que ces imbéciles d’humains sont tout prêts à recommencer !

Cela, oui ; le l’ai pensé maintes et mainte fois !

Fin du message personnel.

 

L’une des devises et donc des justifications du Musée n’est-elle pas The Auschwitz-Birkenau State Museum and Memorial imposes an obligation of remembrance and education on future generations throughout the world ?

http://en.auschwitz.org/m/index.php?option=com_content&task=view&id=411&Itemid=16

 

Alors, oui il est choquant de se promener dans les rues de Cracovie et de voir agences de voyages et hommes-sandwiches proposer une excursion à Auschwitz et jouer la bataille des prix ; oui il est choquant  d’arriver à Birkenau et de voir le parking envahit par le bruit de (certains) touristes, des buvettes, des frites, des toilettes (tiens… je n’ai pas en mémoire d’en avoir vues hors du Musée lui-même)… mais qui dit humanité, dit besoins et donc infrastructures adaptées.

 

A la réflexion, je ne pense vraiment pas pour autant que respecter Auschwitz  soit  de ne plus s’y rendre. Il me paraitrait plus juste –mais ô combien plus difficile !-  de remettre au goût du jour certaines valeurs fondamentales  afin que tout un chacun  respecte Auschwitz si d’aventure il s’y rend.

 

Personnellement, il m’a fallu des années pour que j’accepte l’idée d'aller ''visiter'' l’un des camps mis en place par les nazis… et il est possible que je retourne à Auschwitz au printemps.

 

A chacun de décider.

 

 

P.S. On parle beaucoup d’Auschwitz, mais la situation semble bien être la même dans les autres camps de concentration / d’extermination ; ils ‘voient' passer la même… faune  touristique -mais, une fois encore n'exagérons pas : cette ''faune'' est, me semble-t-il, très-très marginale-.  

 

ajout du 28/01/10 : le débat se poursuit ; voir par ex. http://www.lepoint.fr/monde/auschwitz-pietine-28-01-2012-1424764_24.php

 

(1) Un autre sujet d’étonnement : constater comment les Polonais semblent de pas hésiter à s’installer à proximité, voire sur (ou dans) les lieux de mémoire.

Voir par exemple à Oswiecim le nombre de  réutilisations publiques ou privées : l’école supérieure professionnelle installée dans la Manufacture des tabacs, état-major SS ou l’ancienne villa du commandant du camp devenue une propriété privée, etc. (respectivement p. 28 et p. 20 –avec illustration- du Guide historique d’Auschwitz de J-F Forges et P-J Biscarat, Ed. Autrement, 2 011).

Voir encore comment, à Plaszow, des pavillons et des immeubles ont été construits en marge immédiate –et même sur, m’a-t-il semblé- du camp.

Voir en ce même lieu comment ‘’on’’ (j’ignore qui est ‘’on’’ : la municipalité, un particulier ?) n’hésite pas à mettre en vente la maison qu’occupa Amon Goëthe et qui a inspiré Spielberg pour une séquence choc de La Liste de Schindler http://www.scrapbookpages.com/poland/Kazimierz/Kazimierz01C.html  http://www.scrapbookpages.com/poland/plaszow/Plaszow03.html

 

Photo faite en avril 2 010 - Plaszow

P4134338aa-Plaszow-compresse.jpg

 

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commentaires

Walter benja 08/02/2012 19:00

Après la disparition des derniers témoins des atrocités nazies, il reste la force des lieux. Il faudra garder ces lieux à jamais pour témoigner de ce que des hommes sont capables : Auschwitz n'est
pas seulement un crime contre les juifs, les tziganes etc , c'est un crime sans précédent contre l'humanité ,c'est à dire contre nous mêmes, cela montre que des hommes d'une société éduquée,
l'Allemagne, peut basculer en quelques mois dans la barbarie. On ne pense jamais que la barbarie peut être de notre époque et chez nous, voire en nous. Pourtant tout peut se dérégler très vite,
comme au Rwanda, en quelques semaines une société peut basculer. Chacun à sa place est responsable de son rejet de la barbarie, qui commence par le rejet des autres. Non monsieur Finkielkraut, la
France n'appartient pas à ses habitants les plus anciens, cela n'a aucun sens, les Tziganes vivent depuis plus de 1000 ans en France et en seraient les propriétaires? la France appartient aux
habitants qui l'habitent , comme la Terre entière appartient à l'humanité et pas à je ne sais qui .Regardez un peu la Terre vue de l'espace monsieur Finkielkraut , cela vous fera du bien ,pour
constater comme le faisait La Mettrie en 1748 " Aux yeux d'un homme qui regarderait la terre du haut des cieux ,toute la grandeur des autres hommes s'évanouirait (..) leurs armées ressembleraient à
une troupe de fourmis combattant pour un grain avec la plus ridicule furie"(p138) L' identité ne se recherche pas, elle se construit monsieur Finkielkraut, et je crois que c'est ce qui vous gène le
plus. Comme tous les conservateurs vous rêvez d'un monde figé où vous avez gagné un grade pendant vos études, que vous voudriez définitif ,mais le monde évolue et se construit chaque jour, le bien,
le beau et le bon ne sont pas

Mr Canard 09/02/2012 05:09



Le texte est toujours coupé ; peut-être devriez-vous le rédiger en 2 ou 3 commentaires ; je ne sais pas...



Walter benja 08/02/2012 17:29

Pourquoi ces comportements en ce lieu? Chacun doit faire sa propre expérience avec ses maladresses et parfois son immaturité, mais venir en un tel lieu est déjà une expérience difficile . Après la
disparition des derniers témoins des atrocités nazies, il reste la force des lieux. Il faudra garder ces lieux à jamais pour témoigner de ce que des hommes sont capables : Auschwitz n'est pas
seulement un crime contre les juifs ,les tziganes etc, c'est un crime sans précédent contre l'humanité ,contre nous mêmes, cela montre que des hommes d'une société éduquée, l'Allemagne, peut
basculer en quelques mois dans la barbarie. On ne pense jamais que la barbarie peut être de notre époque et chez nous ,voire en nous. Pourtant tout peut se dérégler très vite ,comme au Rwanda, en
quelques semaines une société peut basculer.Chacun à sa place est responsable de son rejet de la barbarie , qui commence par le rejet des autres. Non monsieur Finkielkraut, la France n'appartient
pas à ses habitants les plus anciens, cela n'a aucun sens, les Tziganes vivent depuis plus de 1000 ans en France et en seraient les propriétaires? la France appartient aux habitants qui l'habitent
,comme la Terre entière appartient à l'humanité et pas à je ne sais qui .Regardez un peu la Terre vue de l'espace monsieur Finkielkraut ,cela vous fera du bien ,pour constater comme le faisait La
Mettrie en 1748 " Aux yeux d'un homme qui regarderait la terre du haut des cieux ,toute la grandeur des autres hommes s'évanoirait (..) leurs armées ressembleraient à une troupe de fourmis
combattant pur un grain avec la plus ridicule furie"(p138) L' identité ne se recherche pas, elle se construit monsieur Finkielkraut,

Mr Canard 08/02/2012 18:47



Oui...!! Il faudrait lui faire parvenir ce message.


Qui sait, peut-être lui parviendra-t-il ?


PS. Votre texte m'es parvenu visiblement coupé.