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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 09:27

La littérature au sens le plus large, le cinéma (y compris les séries TV les plus niaises… comme Les Frères Scott J ah ! j’ai commencé de visionner la saison 7 ; sisisisi !!), la peinture, la publicité… à présent la ‘’bédé’’ ; why not ? (Je dois à la vérité de rappeler que certains ont déjà travaillé sur Astérix)

Si le mythe se définit bien comme une valeur intemporelle et universelle,  ’un récit venu du fond des âges et qui serait déjà là avant qu’un quelconque conteur en entame la narration ‘’ (J.P. Vernant), il est bien évident que vous pouvez vous ‘’attaquer’’ à la bédé.

Ce qui par contre me fait un peu peur est le choix de Tintin et Milou que souhaitent faire certains.

Hergé, Edgar P. Jacobs (Edgar [Félix] Pierre Jacobs), Jacques Martin mon trio gagnant de ‘’bédéistes’’, bien que cela me chagrine de devoir abandonner l’humour d’un Gotlib ou d’auteurs / dessinateurs comme Goscinny / Uderzo (et de bien d’autres !)

Hergé… LE maître, l’inventeur de la ‘’ligne claire’’ dont on ne saura jamais s’il s’est ou non inspiré de Pierre Puvis de Chavannes (… et ici ou là, des Cubistes, ce qui, dans une certaine mesure revient peut-être au même si l’on considère Puvis de Chavannes comme l’initiateur du cubisme) ; un conteur d’histoire né qui avait en prime l’art du découpage du scénario pour que, à la fin de chacune des pages hebdomadaires publiées, son lecteur restae haletant J jusqu’à la semaine suivante. Les créateurs de série TV en 2 852 épisodes feraient parfois bien de s’inspirer de ses techniques, de ses astuces, de sa maîtrise…

Jacobs… Le maître de l’atmosphère, de l’ambiance.

Du grand art, ici encore !

Jacques Martin… Des scénarios assez souvent creux, mais toujours un travail de fourmi au niveau de la reconstitution de la vie quotidienne, des vêtements, de l’architecture dans l’Antiquité (1), même si j’ai pu critiquer son travail (2), et que je ne suis pas le seul (3).

Martin me fait parfois penser à Sir Arthur Evans qui reste l’auteur de quelques restaurations de Cnossos in situ qui fleurent ‘’bon’’ les productions style pompier d’Hollywood du milieu du XXè s. (… et même plus tardives !). Il demeure que Martin, comme Evans, a eu le culot de les faire et que, considérée globalement, l’œuvre demeure intéressante.

Qu’y puis-je ? J’aime les gens qui ont le culot de faire… ce que les autres (les spécialistes en particulier) ont envie de faire, mais n’osent pas de peur de la critique.

Un exemple ? La musique antique. Elle n’est connue que par des fragments, assez souvent très brefs de surcroît. Il demeure que Grégorio Paniagua, le premier sauf erreur, a eu le culot de reconstituer les instruments de musique de l’époque, celui de travailler avec des musiciens qui découvraient l’usage de ces instruments venus du fond des âges et, enfin, d’enregistrer malgré toutes les incertitudes et inconnues qu’il y avait musicologiquement parlant (4). L’expérience a ensuite été suivie par l’ensemble Kérylos dirigé par Annie Bélis (5). Moralité : nous avons enfin des sons qui donnent une idée de ce que pouvait être la musique et les chants d’antan.

Pour en revenir à mes bédéphiles qui veulent s’attaquer aux mythes portées par l’œuvre d’Hergé, je suis ‘pour’ mais encore faut-il se mettre d’accord sur ce que vous entendez faire.

Solution 1 : vous vous positionnez en lecteurs du XXIè s. et analysez… et je crains que vous ne passiez à côté de thèmes cruciaux à savoir pourquoi Hergé a-t-il particulièrement développée telle ou telle valeur dans tel ou tel album.

Solution 2 : vous travaillez comme nous le faisons depuis désormais plusieurs années en vous intéressant au contexte dans lequel se trouvait l’auteur de la relecture étudiée et, concernant, Hergé, je redoute que vous y passiez des heures…

Ma bibliothèque comporte un nombre relativement important de publications disséquant l’œuvre d’Hergé… et j’en apprends toujours et encore.

Ainsi, s’il est bien connu que le Lotus Bleu fut inspiré par les troubles entre la Chine et le Japon et que, consciemment ou non, Hergé en profita pour remettre au goût du jour certaines valeurs mythiques, j’ignorais totalement que L’Île Noire fut inspirée par un trafic authentique de faux billets, ce qui permit à notre auteur de proposer ses adaptations modèles de 1937 des mythes repris par l’album.

Bref, votre idée de travailler sur Tintin laisse, me semble-t-il (libre à vous de présenter vos critiques, vos suggestions…), le choix suivant.

Travaillez globalement sur le personnage et vous ne manquez pas de consulter Jean-Marie Apostolidès, Tintin et le mythe du Surenfant ,

 http://www.tintinboutique.com/fr/catalogue/editions-moulinsart-11/produit/tintin-et-le-mythe-du-surenfant-fr--221

ou travailler sur 1 ou 2 albums de votre choix, étant entendu qu’il faudra alors rester modestes dans nos ambitions car, pour tenter de percer le contexte de chacune des aventures de Tintin, il conviendrait notamment de consulter les 6 volumes de Chronologie d’une œuvre, et aux prix du volume, il va falloir demander des crédits spéciaux à l’Université… (entre € 245 et 105 l’unité).

http://www.tintinboutique.com/fr/catalogue/editions-moulinsart-11/produit/chronologie-d-une-oeuvre-t1-612

http://www.tintinboutique.com/fr/catalogue/editions-moulinsart-11/?p=2

Ma foi... commençons par digérer les agapes des fêtes et réfléchissons à la question ; de toute manière, il n’y a pas le feu au lac, comme disent mes amis genevois.

 

_________

 

(1)   J’exclus bien sûr de ces propos les Aventure de Lefranc, pour ne songer qu’à celles d’Alix, d’Orion, et autres albums consacrés au monde Ancien.

(2)   Me demander les références si cela vous intéresse. Dans un article destiné à une revue ‘’semi grand public’’, je m’étais passablement excité contre ses reconstitutions du monde mycénien. 

(3)   Voir… voir… L !! Heuuu ! Ben vous attendrez les références ; devant l’armoire où se trouve une copie des publications en cause, avec toute référence utile, est installé le  2.gif  et les décorations de fin d’année organisées avec amour par Sa Blondeur. Vous devrez donc attendre que nous démontions ces installations suaves L !

(4)   Musique de la Grèce Antique, Atrium Musicae de Madrid, Harmonia Mundi 1901015, version CD édité à Arles en 1979 (les curieux rechercheront la version vinyle qui contient un livret riche d’enseignement sur la musique dans l’Antiquité, le travail accompli pour la réalisation de l’enregistrement et les morceaux enregistrés).

(5)   De la pierre au son, Musiques de l’Antiquité Grecque, Distribution Media 7, Production K617069 – M7 865 – DDD, n° ISBN 3 383510 000690

(6)    Jean-Marie Embs, Philippe Mellot et Philippe Godin, Les Archives Tintin, L’Île Noire, Ed. Hergé/Moulinsart 2010. Voir http://www.editionsatlas.fr/p/02151/Les-Archives-Tintin.html?code=t

 

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