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"Mort aux vaches,
vive l'anarchie"
(G. Brassens)

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 09:55

 

 

Stéphane Charbonnier était-il  une ’ tête de lard’ (http://www.ozap.com/actu/caricatures-de-mahomet-un-ancien-de-charlie-hebdo-denonce-la-surenchere-de-charb/461251) ?

Je l’ignore.

Frondeur et provocateur, sûrement  et, si j’ai bien compris l’idée centrale qu’il avait à l’esprit (cf. https://www.youtube.com/watch?v=wbu1rXMCYrk  et https://www.youtube.com/watch?v=seFriE8kH9I notamment aux env. des mn. 10 et suivantes), il partait de la constatation selon laquelle le Français de culture judéo-chrétienne franchouillarde standardo-traditionnelle ne connait rien à l’Islam. Or, l’inconnu fait peur, c’est bien connu. Pour ne rien arranger à la réaction de rejet à laquelle peut conduire cette peur, vient s’ajouter le fait que lorsque les médias parlent de l’Islam, c’est le plus souvent pour évoquer une actualité très peu attirante. D’où –je le répète, si j’ai bien compris- son idée, bourrée de bonnes intentions : Charb souhaitait dédiaboliser l’Islam en en faisant sourire, non pour stigmatiser les Musulmans mais, humour à prendre au second degré[i], pour que les non-musulmans sourient de ses plaisanteries.

Souvent, le sourire estompe la peur.

Mieux, le sourire rend sympathique et peut inciter à vouloir connaître, à souhaiter comprendre…

 

Accuser Charb et ses copains de Charlie Hebdo d’Islamophobie est un non-sens ; un refus de regarder et de chercher à comprendre leurs dessins et, me semble-t-il, leurs desseins.

Ceux qu’ils visent ne sont pas les Musulmans en général mais ceux d’entre eux qui sont des radicaux, des intégristes, bref ceux qui soutiennent Al-Qaïda, Daesh, Bako Haram, etc. ; ceux-là même que, si l’on en juge par des déclarations récentes qui en reprennent d’ailleurs de plus anciennes, les musulmans majoritaires considèrent comme étant hors de l’Oumma orthodoxe puisqu’ils les condamnent et se sentent traumatisés du fait de l’amalgame qui peut être fait entre l’Islam authentique et ces dissidents assoiffés de sang et de Charia ; on se souviendra notamment de la campagne ‘not in my name’ qui commença en Grande Bretagne en septembre dernier  avant de se répandre comme une trainée de poudre sur la planète (http://www.directmatin.fr/monde/2014-09-24/notinmyname-des-musulmans-mobilises-contre-lei-691927 ; un commentaire, probablement invérifiable mais qui tend à surenchérir sur le message que les auteurs  ont voulu faire passer avec leur slogan, laisse  entendre que 99% des musulmans du monde entier se prononcent contre les dérives djihadistes https://www.facebook.com/Notinmynameislam)

 

J’engage les sceptiques à ne pas hurler, à croire en ma bonne foi et, pour contrôler mon analyse, à faire un tour avec objectivité sur Youtube et/ou Dailymotion afin de visionner quelques-uns, voire tous les reportages dans lesquels Charb s’exprime. C’est presque systématiquement qu’il entreprend d’apporter une différence fondamentale entre musulmans modérés et extrémistes ; entre ceux qui peuvent vivre en bonne entente avec les systèmes démocratiques occidentaux et, disons …les ‘autres’.

 

Si le message de Charb avait été entendu, à l’annonce des journées sanglantes des 7 au 9 janvier, les Français musulmans auraient dû prendre le deuil pour rendre hommage à l’un de leurs défenseurs et, lors de la ‘marche républicaine’, bien des musulmans à travers le monde auraient dû se joindre à elle sinon physiquement, en tout cas en pensée.

 

L’actualité a montré que tant qu’en France que dans le monde (y compris une partie de l’Islam ‘assez dur’, voir par ex. http://actualite.portail.free.fr/monde/09-01-2015/les-jihadistes-plus-nuisibles-a-l-islam-que-les-caricatures-selon-le-hezbollah/) l’annonce de l’assassinat des dessinateurs et de certains de leurs collaborateurs avait profondément ému.

 

Dommage, peut-être / sans doute, nous allons y revenir, que cette émotion internationale –ou presque- ait été perturbée par la parution de Charlie Hebdo n°1178 avec, en page de couverture, un pourtant bien innocent (du moins en termes de culture occidentale) Prophète, la larme à l’œil, disant qu’il était Charlie, avec en titre, un joli message de paix "Tout est pardonné".  Il était touchant, bien que persiste la question de savoir s’il y a ou non également la représentation d’un, voire d’un double pénis http://alyaexpress-news.com/2015/01/reaction-de-daesh-suite-a-la-publication-de-la-double-tete-de-penis-de-mohamed-dans-charlie-hebdo/ - sur cette épineuse question, ne pas manquer l'opinion de la compagne de Luz, Camille Emmanuelle,  http://www.brain-magazine.fr/article/news/22449-Charlie-Hebdo-:-%C3%AAtre-aim%C3%A9-par-des-cons,-c_est-dur,-%C3%AAtre-ha%C3%AF-par-des-amis,-c_est-pire -

 

Il n’en a pas fallu plus pour que quelques ‘excités’ relancent l’idée d’un nouveau blasphème contre Mahomet, d’une injure contre l’Islam en général perpétré toujours et encore par Charlie Hebdo et la France.

 

Et pendant que les organisations musulmanes de notre pays lançaient un appel au calme à l’occasion de la parution de l’hebdomadaire (http://actualite.portail.free.fr/france/13-01-2015/les-organisations-musulmanes-de-france-appellent-au-calme/), le grand mufti d’Egypte en appelait au racisme (http://actualite.portail.free.fr/monde/13-01-2015/le-grand-mufti-d-egypte-juge-la-une-de-charlie-hebdo-raciste/), le Premier Ministre turc déclarait que la liberté d’expression n’était pas celle d’insulter (http://www.directmatin.fr/monde/2015-01-15/pour-le-premier-ministre-turc-la-liberte-dexpression-nest-pas-la-liberte-dinsulter) et se rependait une ambiance d’insurrection qui, ici ou là, allait jusqu’à applaudir les massacres de Paris, au Pakistan (http://www.directmatin.fr/monde/2015-01-16/pakistan-violents-heurts-devant-le-consulat-de-france-karachi-697948), au Niger (http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/01/22/niger-plus-jamais-ca_4561719_3212.html), en Tchétchénie (http://actualite.portail.free.fr/monde/19-01-2015/manifestation-anti-charlie-hebdo-a-grozny-en-tchetchenie/), en Afghanistan, au Nord de l’Inde (http://actualite.portail.free.fr/monde/23-01-2015/nouvelles-manifestations-anti-charlie-hebdo-en-afghanistan-au-pakistan-et-au-cachemire-indien/), en Cisjordanie (http://actualite.portail.free.fr/monde/24-01-2015/des-milliers-de-palestiniens-contre-charlie-hebdo-en-cisjordanie/), etc. sans oublier les cyber attaques (http://www.01net.com/editorial/641843/cyberattaques-pro-et-anti-charlie-hebdo-premier-bilan-et-inquietudes/ ; http://www.itespresso.fr/cyber-attaques-furie-anonymous-face-djihad-elargit-86379.html )...[ii]

 

A noter que tous ces manifestants qui brûlaient des drapeaux tricolores, hurlaient ‘mort à Charlie’, ‘mort à la France’ et autres mots doux à entendre ou à lire sur les banderoles n’avaient probablement jamais vu, ne serait-ce que la couverture du ‘Charlie Hebdo des survivants’, comme plusieurs de nos médias ont nommé le n° 1178, et qu’ils ne pouvaient avoir jugé sur pièce à titre personnel. Au mieux, ils protestaient en souvenir du n° 1011 de début novembre 2011, Charia Hebdo… dont ils devaient d’ailleurs également ignorer le contenu exact[iii].

 

La manipulation semble évidente[iv], mais il demeure l’ampleur des manifestations dans une bonne partie du monde musulman et que, compte-tenu de l’interdiction de représenter le Prophète en termes de culture islamique[v], la couverture de Charlie Hebdo n’était peut-être pas opportune…

 

Bien évidemment, ces manifestations anti-françaises perpétrées au nom de l’Islam et le fait que peu de jeunes des banlieues ne semble avoir participé à la ‘marche républicaine’[vi] ont convaincu quelques antimusulmans de réagir.

Conséquence, les statistiques tendent à montrer que sur une période allant des attentats des 7 au 9 janvier jusqu’au 23 janvier, ont été enregistrés 128 actes anti Musulmans, c’est-à-dire qu’en une petite quinzaine de jours ont été inventoriés presque autant d’actes islamophobes qu’au cours de toute l’année 2014 qui en avait connus 133 http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/attaque-au-siege-de-charlie-hebdo/128-actes-antimusulmans-en-deux-semaines-presque-autant-que-sur-toute-l-annee-2014_804843.html#xtor=AL-54

 

Liberté d’expression tout azimut ; choisissons l’humour sans limite ?

 

Oui ! Certes ! C’est sans doute beau en pensée ou posé en déclaration de principe comme je l’ai fait page http://le-bosse-fort.over-blog.com/2015/01/charlie-hebdo-democratie-et-liberte-d-expression-menacees.html, mais il demeure qu’une certaine autocensure est parfois / souvent de bon aloi et qu’il était peut-être mal habile de dessiner une nouvelle fois le Prophète quelques jours après les attentats dont l’horreur avait semblé rapprocher les peuples du monde.

 

Il est bien évident qu’il n’était pas aisé pour la Rédaction de Charlie Hebdo, profondément meurtrie, de préparer le n° 1178, de choisir, de décider dans la précipitation mais, compte-tenu des événements sanglants récents, n’aurait-il pas été plus adroit de chercher un thème moins provocateur ?

 

Je songe, par exemple, à un dessin du type de celui qui décore la porte du CDI du Collège-Lycée Averroès, établissement musulman privé sous contrat avec l’état (Lille http://www.lycee-averroes.com/). Il a été montré dans un reportage télédiffusé proposé par France 5, ‘C dans l’air’, le vendredi 23 janvier et est une reproduction d’une illustration de Carlos Latuff qui l’a publié au Royaume-Uni dans le Middle East Monitor (voir par ex. sur  http://www.lapresse.ca/photos/le-soleil/201501/07/12-13348-caricatures-en-hommage-a-charlie-hebdo.php#954132-proposition-carlos-latuff-publiee-middle 5ème dessin).

Je le  reproduis au bas de ce billet. Tant pis pour le copyright. Si mon emprunt devait être considéré comme inacceptable, je serais reconnaissant au propriétaire des droits d’auteur, ou l’un de ses ayant-droits, de me le faire savoir ; je le retirerai instantanément avec toutes mes excuses.

 

… Les auteurs de l’attentat massacrent les dessinateurs  et, du même coup, blessent profondément l’Islam symbolisée non par le Prophète mais, c’est beaucoup plus anodin et moins provocateur, la coupole d’une mosquée et son minaret.

 

Comment expliquer cette réaction tout azimut de l’Islam face à cette ‘Une’ de Charlie Hebdo ?

 

Je crois que nous devons à Jamel Debbouze d’avoir, avec émotion et retenue, mis le doigt sur l’un des éléments fondamentaux de la bonne explication.

 

Après avoir reconnu qu’il était musulman mais qu’il ne l’avait pas trop dit auparavant par désir d’intimité, il condamne fermement les attentats et commente : « […] je suis mal à l’aise avec le blasphème, ce n’est pas de ma faute, c’est dans ma culture. Quand je vois un dessin de deux prêtres qui s’en*** je ne suis pas bien, ça ne me fait pas rire […]. Je me battrais pour que vous puissiez dire tout ce que vous voulez dire, mais je comprends aussi que des gens ont été déstabilisés et choqués parce qu’ils n’ont pas cette culture du blasphème » http://videos.tf1.fr/infos/2015/jamel-debbouze-sur-tf1-je-suis-mal-a-l-aise-avec-le-blaspheme-8548981.html[vii]

 

‘La culture du blasphème’. Je crois que l'essentiel des problèmes vient de là.

 

Représenter une paire de fesses avec des cuisses poilues avec pour commentaire « Et le c*** de Mahomet, on a le droit [de le représenter] ? »[viii] est plus que passablement lourdingue, c’est l’évidence. Mais en termes de culture française traditionnelle, style humour de potaches sur chansons paillardes conjugués au mode Rabelais et au temps Sempiternel, cela peut faire rire, ou sourire… et favoriser ainsi une approche de l’Islam avec un a priori non de rejet, mais de sympathie.

 

L’ennui est que cette ‘culture du blasphème’ semble être véritablement propre à la France[ix] et qu’à l’heure de la globalisation, d’internet et des réseaux sociaux, sa production est exportée sur la planète tout entière en quelques secondes où elle sera reçue par un public non préparé : le multiculturalisme anarchique de l'internet n’inclut aucune formation à l’humour français du type ‘KK-prout et beaucoup plus recherché si affinité’[x] dans sa version blasphème… de même que ce même multiculturalisme anarchique ne prépare en aucun cas les Français de culture judéo-chrétienne traditionnelle à la perception de la culture, voire plutôt des cultures islamiques.

 

L’écrivain égyptien Alaa Al-Aswany a donné une bonne illustration des dérives possibles de cet humour mal compris[xi]. Il cite un historien israélien de l’Université de Tel-Aviv, Shlomo Sand, sauf erreur de ma part. «J’ai relevé dans ces caricatures une haine manipulatrice destinée à séduire davantage les lecteurs évidemment non musulman. Le dessin de Mohamed coiffé d’un turban, flanqué d’une grenade[xii] n’est pas une caricature contre les islamistes mais une assimilation stupide de l’Islam à la terreur. C’est comme si on identifiait le judaïsme avec l’argent »[xiii]

 

Eviter de meurtrir autrui y compris par l’humour, l’ironie et même la provocation m’a toujours paru un bon plan pour vivre avec mes semblables. Pour l’illustrer, je m’autorise l’autocitation d’un billet qui concernait l’ ‘humour’ de Dieudonné.

Le personnage (Dieudonné) est-il un humoriste, un vrai ? Bien franchement, j’en doute et s’il cherche des plaisanteries douteuses, voire horribles sur les Juifs, il devrait savoir que les ‘meilleures blagues’ les concernant sont celles qu’ils colportent eux-mêmes, et certaines sont plus que hard, particulièrement sur les camps d’extermination et plus généralement la Shoah. Mais ces blagues-là, ne se racontent pas partout ; comme le disait ce bon Desproges, maintes fois cité avec raison sur le sujet 'on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde'[xiv]  (http://le-bosse-fort.over-blog.com/2014/01/laissez-donc-la-%E2%80%98quenelle%E2%80%99-aux-lyonnais%E2%80%A6.html)

 

François Hollande peut,  avec raison en terme de culture française, déclarer que ‘nous n’insultons personne’  http://www.leparisien.fr/faits-divers/en-direct-attentats-la-martinique-pleure-clarissa-jean-philippe-19-01-2015-4459203.php#xtref=http%3A%2F%2Fsearch.free.fr%2Fgoogle.pl%3Fpage%3D1%24qs%3Dcharlie%2520hebdo%2520caricature%2520hommage

… Fleur Pèlerin, Ministre de la Culture, a sans doute raison de poser en principe que Charlie Hebdo ne va pas devenir Okapi’ et de déclarer, le jour de la parution du n°1178 (avait-elle vu le n° et s’y référait-elle en faisant ses commentaires ?) , que  ‘c'est bien ça, l'esprit français : l'humour, l'impertinence, parfois la provocation’ http://www.francetvinfo.fr/economie/medias/charlie-hebdo/video-fleur-pellerin-exprime-son-tres-fort-soutien-a-charlie-hebdo_796574.html#xtor=AL-54....

… Il demeure qu’au siècle de la globalisation des communications, il pourrait paraître courtois et respectueux de toutes les cultures de se limiter à des plaisanteries qui ne choquent pas (trop) qui que ce soit, sous toutes les latitudes.

 

Il y a la solution pleine de bon sens, mais illusoire, me semble-t-il, proposée par Reporter Sans Frontière (RSF) dont le secrétaire général, Chritophe Deloire, a martelé "si on ne veut plus que des fous furieux débarquent dans une rédaction, il faut absolument faire en sorte que dans tous les lieux de culte, sans exception, les religieux disent aux fidèles que le blasphème, c'est un droit. Ils doivent dire que s'ils considèrent leur croyance comme sacrée, autrui n'y est pas tenu et que le blasphème n'est pas condamnable." http://www.sudouest.fr/2015/01/13/charlie-hebdo-que-les-religieux-disent-que-le-blaspheme-est-un-droit-1795580-4834.php

 

Pourquoi illusoire ?

 

Parce que la ‘culture du blasphème’ et, bien évidemment, l’humour irrévérencieux auquel elle conduit,  n’est pas dans les différentes cultures puisqu’elle semble spécifiquement française, nous l’avons dit déjà. Jamel Debbouze l’a exprimé clairement et avec beaucoup d’émotion. Elle n’est pas dans sa culture, pas plus qu’elle n’est dans l’Islam, même progressiste.

Il n'y a pas à sortir de là, et les 'religieux' ne diront rien aux fidèles car leur culture le leur interdit.

 

Pour s’en convaincre si besoin est,  il suffit par exemple de regarder l’emportement dont fait preuve Samy Naceri.

Il déplore les morts, la mobilisation de ‘ millions - sic... un peu après, ils auraient été '10 millions‘ à avoir été mobilisés) de policiers, la souffrance des familles avant de tempêter, avec des notions d’histoire (et de grammaire :) plus que hautement approximatives, le tout sous les tentatives louables, mais vaines, d’Audrey Pulvar pour tenter de rectifier certains propos. ‘Laissons la religion, s’il vous plaît […]. Est-ce que Charlie Hebdo a le droit ? C’est le Prophète ! C’est comme Moïse, c’est comme le Christ […]. Avant, il y avait des lois. On n’avait pas de droit de toucher à Pompidou, à Mitterrand. C’était interdit. Les médias n’avaient pas le droit de toucher à ces types là […]. Faisons une loi pour plus que l’on ait de malheurs comme ça […]. La liberté d’expression s’arrête au moment où ça dérange l’autre. C'est des livres saints, des livres qui ont été écrits il y a des millions d’années et on ne représente pas Mahomet, jamais. Jamais Mahomet n’a été représenté, sauf dans des films. Le Christ n’a jamais été représenté, sauf dans des films » http://actualite.portail.free.fr/people/22-01-2015/accrochage-entre-samy-naceri-et-audrey-pulvar-dans-le-grand-8/. [xv]

 

Pour des millions de musulmans, la règle est de ne pas représenter le prophète, et peu importe ici que cette norme soit historiquement et, bien sur, iconographiquement discutable car, de toute manière, jamais quiconque avant les caricatures occidentales, et j’avoue totalement ignorer à quand elles remontent, ne se serait autorisé dans le monde musulman à en dessiner, de surcroît dans un contexte allant de l’humoristique au blasphématoire[xvi].

Il est donc facile de concevoir le désarroi, le choc, le rejet, la révolte de l’Islam face à ces images.

 

Ce qui est droit au blasphème en France peut devenir injure, racisme, agression pour d’autres.

 

Alors, faut-il supprimer ce droit et interdire les caricatures ?

 

Charb observait qu’il fallait, y compris au niveau de l’humour, parler de l’Islam comme des autres religions https://www.youtube.com/watch?v=wbu1rXMCYrk.

Il ajoutait que si l’on ne respectait pas ce principe d’égalité et que l’on cédait à la liberté d’expression le fait de ne pas caricaturer le Prophète, on s’exposait à une surenchère et des demandes exigeant que l’on ne représente plus « de Musulmans tout court […], ensuite il ne faudra plus dessiner des cochons, des chiens, ensuite il ne faudra pas dessiner d’être humains […]. Si on commence à céder sur un détail, c’en est fini de la liberté de la presse »,  (interview audio sur http://www.dailymotion.com/video/xtp3bn_si-on-commence-a-ceder-sur-un-detail_news - faut-il rappeler qu'en termes de culture islamique, les cochons et les chiens sont des animaux impurs ?-)

 

A noter que, concernant le porc, les Britanniques, assez frileux à publier des caricatures du Prophète[xvii], voient certains d'entre eux  se demander s’il ne conviendrait pas d’éviter d’illustrer les livres d’enfants avec des cochons et des saucisses (http://actualite.portail.free.fr/france/16-01-2015/charlie-hebdo-royaume-uni-bientocirct-des-livres-pour-enfants-sans-porc/ ). Quant à la France, pays qui a pourtant une très longue tradition de consommation et de culture[xviii] porcine, à défaut d’interdiction de caricature, elle a connu des épisodes pas très nets à Hayange à propos d’une fête du cochon, fête dont bien sûr la pauvre bête fait les frais de sa vie (http://www.fdesouche.com/508403-fete-du-cochon-a-hayange-la-ville-est-a-feu-et-a-sang-video), et je passe sur les bruits qui ont couru sur la viande hallal servie dans les cantines scolaires depuis le démenti du journal Le Monde http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/03/10/le-halal-a-la-cantine-un-fantasme-loin-de-la-realite_1655942_3224.html.  

 

A quand une potée accompagnée de grains de semoule, autrement nommés coucous, en signe de concorde, de fraternité et non plus de condescendante 'tolérance', mais d'un droit authentique à ce que l'autre puisse faire comme il l'entend  :) ?

 

Que conclure ?

 

Je n’en ai aucune idée !
 

D’un côté Luz a résumé l’idée horrible, mais qui correspond bien à ce que pensent certains / beaucoup (?) et que nous avons tous entendu ici ou là. Elle tend à expliquer / justifier les attentats du fait de blasphèmes envers l’Islam.  «  Charlie Hebdo, quelque part ils l'ont bien mérité… »

 

Mais  le même Luz d’ajouter « … Or la liberté d'expression, ce n'est pas avec un +mais+." http://www.i24news.tv/fr/actu/international/57630-150114-charlie-hebdo-les-nouveaux-dessins-du-prophete-vont-attiser-la-haine

 

Il a raison me semble-t-il, et si l’on part sur le jeu des citations, fort à la mode sur l’internet, assez souvent en guise d’argument d’autorité le plus souvent bidon , il est possible de songer à cette phrase de Marat (sauf erreur) « La liberté de tout dire n'a d'ennemis que ceux qui veulent se réserver le droit de tout faire ».

Vrai toutefois que le révolutionnaire songeait peut être simplement au fait que « dans un état bien ordonné, la liberté de la presse doit être illimitée pour les écrivains qui surveillent les fonctionnaires publics » [xix] , et non à une liberté d’expression tout azimut allant jusqu'à la critique systématique, la provocation, le blasphème (... quoi que, compte-tenu notamment de l'attitude de Marat en septembre 1792 à l'égard des prêtres insermentés, on peut douter que les injures au religieux aient pu le déranger ; mais qu'importe ici, chacun aura compris l'idée que je cherchais à exprimer...).

 

Djamel Debbouze, bien que mal à l’aise avec le droit au blasphème, n’hésite néanmoins pas à affirmer  «je me battrais pour que vous puissiez dire tout ce que vous voulez dire ».

Bravo !  Voilà un homme qui accepte totalement une culture qu'il dit lui même ne pas être la sienne, mais entend néanmoins la défendre par respect envers ses concitoyens d'origine judéo-chrétienne et les lois de son pays .

La France est bien sa mère (allusion est faite ici à l'une de ses déclarations, voir note vii).

 

Oui… (à lire avec un ton de grande perplexité).

 

Et si nous options pour un oui au blasphème lorsque l’actualité le justifie et à condition sinon de s’autocensurer véritablement, du moins de se demander s’il n’est pas possible d’exprimer la même idée par des chemins détournés et moins agressifs pour ceux qui n’ont pas ladite ‘culture du blasphème’ ?

 

De toute manière tous ces laïus pseudo-intellectuels resteront des mots, car il est plus que probable que des pressions nationales et internationales vont s’exercer pour que se calment, pour que posent leurs crayons, les dessinateurs amateurs de caricatures du Prophète.

 

L’équilibre déjà bien fragile du monde ne peut pas supporter que de nouvelles parutions de Charlie Hebdo donnent lieu à des flambées de violence du style de celles provoquées ces jours derniers par la publication du n°1178… même si, selon toute probabilité, les manifestants en avaient contre le n° 1011 et sa Charia Hebdo et même si,  selon une probabilité pleine et entière identique, ils devaient ignorer le contenu de cette Charia Hebdo, comme cela a été dit déjà.

 

Peut-être que l’une des dispositions glissée ‘en catimini ’ (sic, Le Monde) dans la loi Macron concernant la liberté de la presse (http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/01/28/secret-des-affaires-informer-n-est-pas-un-delit_4564787_3224.html?xtmc=loi_macron&xtcr=2 ;  http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/01/19/une-loi-pour-proteger-le-secret-des-affaires_4558855_3234.html ) préfigurent d’autres réformes encore plus restrictives…

 

Pour se consoler, il est toujours possible de se rendre au Théâtre du Rond-point pour aller voir Patrick Timsit dans son one-man-show ‘On ne peut pas rire de tout ’ et, pour patienter en attendant le spectacle, chacun peut prendre connaissance de ce qu’il a pu dire sur le sujet d’autant que la ‘censure’ qui a été exercée sur l’affiche initiale de son show l’entraine à des considérations qui devraient peut-être faire réfléchir sur cette fameuse fraternité inscrite dans la devise de la France http://www.francetvinfo.fr/culture/spectacles/video-on-ne-peut-pas-rire-de-tout-selon-patrick-timsit_806337.html#xtor=AL-54 ; http://www.francetvinfo.fr/culture/spectacles/video-peut-on-rire-de-tout_798343.html#xtor=AL-54

 

[I] A mon sens, l’humour est à utiliser avec doigté, particulièrement lorsqu’il est au second degré, et il est parfois / souvent opportun de poser en préalable à toute vanne la nécessité de  lancer un très, très lourd coucou ! Je vais en balancer une ! Si vous vous sentez visé, c’est parce que je suis un gros nul qui ne peut s’empêcher de dire des âneries, alors ne le prenez pas mal. C’est là un problème que je connais particulièrement bien puisque, je l’ai déjà dit ailleurs, mes élèves avaient un jour calculé que j’étais incapable de ne pas en ‘lancer une’ en moyenne toute les 1.5 à 2 minutes sur 1h30 de cours (avec pose café, merci :), je ne sais plus trop, et les billets de ce blog portent souvent des traces de cette indécrottable tendance. Si des preuves sont nécessaires à ce que je considère comme une nécessité,  je vous propose cet article qui explique aux blondes qu’elles ne sont pas stupides http://www.buzger.com/fr/c-est-scientifiquement-prouve-les-blondes-n-ont-pas-un-qi-inferieur.html ! Quand j’étais gamin des plaisanteries circulaient sur Ouiouin-le-Suisse. A l’époque de Coluche, c’étaient les Belges. Ont suivi les blondes. Mais y a-t-il un crétin qui l’ait été en suffisance –et qui l’est peut-être toujours- pour imaginer un instant que les Suisses, les Belges ou les blondes étaient des tarés authentiques !? Oui, j’ai malgré tout blessé des élèves. Plusieurs d’entre eux m’ont avoué que, les 6 premiers mois, ils ne pouvaient pas me voir en peinture, que les 3 mois suivants je les étonnais et que, par la suite, il n’y avait plus de problème. Je sais toutefois pertinemment que certains d’entre eux ont fait une allergie chronique au Canard. L’humour se perd et j’ai sans doute commis des erreurs, et même des énormités. Si je pouvais revivre ces instants de dérapages, agirais-je différemment ? C’est probable… mais selon toute probabilité, je commettrais d’autres erreurs. Restons-en donc là.  J’ajoute que jamais je n’ai pratiqué et ne pratique le blasphème, probablement par respect d’autrui, et s’il m’arrive de l’utiliser malgré tout, c’est alors dans l’intimité. Illustration : il m’a été offert un T-shirt représentant Jésus portant sa croix avec pour commentaire ‘Jesus was a freerider’ (pour illustration http://www.skipass.com/shop/streetwear/). La bulle est infâme, horrioble même, mais me fait sourire néanmoins.  Ce T-shirt, je le porte chez moi, éventuellement hors de chez moi mais alors toujours sous une chemise ou un pull, mais il ne me viendrait pas à l’idée de l’arborer dans la rue.

[ii] Il est bien évident que les liens mentionnés dans le texte sont donnés à titre illustratif ; bien d’autres sites que ceux référencés ont traité de ces sujets.

[iii] Mustafa Tossa, journaliste franco marocain, fait une constatation identique (émission TV, France 2, 19 janvier 2015, ‘Un œil sur la planète - Le monde de Charlie’, mn 47.45)

[iv] Le même Mustafa Tossa, parle de manipulations organisées par des « agitateurs extrémistes qui utilisent cette affaire de Charlie Hebdo comme argument pour retrouver un peu de main d’œuvre et de ressources humaines […] il faut bien utiliser quelque chose pour mobiliser, exciter, identifier un ennemi là, en l’occurrence, la France […]. Je trouve que les musulmans ne doivent pas réagir comme des taureaux devant les cornes de qui on montre un chiffon rouge, et dès que l’on montre le chiffon rouge, tout le monde fonce […] il y a d’autres réponses» (même émission qu’à la note précédente, mn. 46.15).

[v] Interdiction discutable, je l’ai écrit déjà, http://le-bosse-fort.over-blog.com/article-innocence-of-muslims-help-un-c-d-occidental-ne-comprend-pas-tout-110113795.html , mais nous n’allons pas en discuter de nouveau ici, puisque le monde musulman semble en avoir fait l’une de ses règles de principe contemporaines. C'est ainsi... point fin.

[vi] L’idée a souvent été émise bien que les chaînes TV se soient ingéniées à montrer qu’il y en avait. Dans quelle proportion ? Comment le savoir. En tout cas Jamel Debbouze semble croire à cette sous représentation puisqu’il a déclaré "On n'était pas assez nombreux. Il faut que l'on soit fiers de notre identité" http://actualite.portail.free.fr/people/18-01-2015/jamel-debbouze-la-france-c-est-ma-mere-on-touche-pas-a-ma-mere/. De son côté, Najoua Arduini-ElAtafani, Présidente du Club 21ème siècle (‘Des paroles et des actes, Après le choc’, France 2, 22 janvier 2015, horloge  2 :34) considère que « les personnes issues de l’immigration, cela représente 10%. Quand il y a 4 millions de personnes dans la rue, expliquez-moi comment vous voyez les 10% ? On aurait voulu, en tout cas dans l’inconscient collectif, que cette marche soit plus colorée qu’elle ne l’est. Mais c’est purement et simplement mathématique […]. Ils étaient là, nous étions là et il ne faut absolument pas continuer à mettre en avant ces espèces de rumeurs qui courent ».

[vii] La vidéo à laquelle renvoie ce lien ne rend pas compte de l’intégralité de ses propos. En effet, l’humoriste déclara également « la France, c’est ma mère, on ne touche pas à ma mère […]. La France de la différence, de la multiculture, de l'amour, de la tolérance, de la paix, un pays avec des valeurs nobles. […] Je suis Français, musulman, artiste […] marié à une chrétienne, journaliste.... très, très belle. Ça pour moi c'est la France ». Voir par ex. http://actualite.portail.free.fr/people/18-01-2015/jamel-debbouze-la-france-c-est-ma-mere-on-touche-pas-a-ma-mere/ 

[viii] Allusion est faite, bien sûr, à un ancien et classique dessin de Charb ; ceux qui ne le connaissent pas et souhaiteraint le voir peuvent le trouver sur https://www.youtube.com/watch?v=seFriE8kH9I mn. 9.05

[ix] Qui me contredit ? Qui connait une culture dans laquelle il n’y a (en principe) aucune limite à l’humour… 'En principe' car il y a quand même des Français de cilture judéo-chrétienne qui n’apprécient absolument pas l’humour Charlie Hebdo preuve en étant que, sauf erreur, l'hebdomadaire tirait aux environ sde 350 000 exemplaires et que le lire dans le métro pouvait –et peut sans doute plus encore à présent- s’attirer des regards hostiles.

[x] Oui, je sais… L’humour de Charlie Hebdo ne peut-être résumé à KK-prout, je te b*** ou t’en***. Ce n’est pas sans raison que j’ai ajouté ‘et beaucoup plus recherché si affinité’. Il demeure que désormais, lorsque je songe à cet hebdomadaire, l’image qui me vient immédiatement à l’esprit est le dessin de Louison (http://blog.scommc.fr/wp-content/uploads/2015/01/ils-ont-dessine-des-bites-partout-louison.jpg). Et les dessinateurs ayant souhaité rendre hommage aux disparus ne se sont pas privés de s’en donner à cœur joie avec des crayons dans le c*** des meurtriers et autres artifices analogues. Mais nous sommes bien d’accord, il n’y a pas que ce type d’humour. Pour un aperçu de ces croquis, voir par ex. http://positivr.fr/hommage-charlie-hebdo-dessins/  , http://focus.levif.be/culture/livres-bd/charlie-hebdo-des-dessins-pour-rendre-hommage/article-normal-360423.html , http://www.lepoint.fr/societe/charlie-hebdo-des-dessins-pour-l-hommage-09-01-2015-1895239_23.phphttp://blog.scommc.fr/je-suis-charlie-putain-de-croyance/ , etc.

[xi] Un éventuel retour à la lecture de la note 1 pourrait s’avérer utile.

[xii] Observer ici encore qu’il n’est pas fait allusion au n° 1178de Charlie Hebdo, mais au n° 1011

[xiii] .Emission TV, France 2, 19 janvier 2015, ‘Un œil sur la planète - Le monde de Charlie’ , mn. 50.30

[xiv] J’aime bien Desproges, mais ne suis pas un passionné. J’ai donc des lacunes et, depuis que j’ai mis en ligne le post dont référence infra, j’ai appris cette citation semble avoir été altérée (http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Pierre_Desproges) et que, peut-être, sa polysémie induit que  la signification que je lui donne ne correspond pas au sens.

Signification, sens ? Signification = ce que comprend celui qui entend ou lit le message ; sens = ce qu’a véritablement voulu dire l’auteur du message.  Si tout cela ne vous semble pas clair, faire un tour sur http://le-bosse-fort.over-blog.com/2014/11/dylan-et-don-t-think-twice-it-s-all-right-me-suis-je-fait-rouler-dans-la-farine.html et, plus particulièrement, les schémas. Vous y retrouverez tous les mots en caractères gras.

J’ai en effet relevé sur la Toile de savants débats sur le sens de cette phrase. Voir par ex. http://www.mortaurire.org/node/27  ,  http://www.acontrario.net/2013/09/25/desproges-coluche-humour-noir-second-degre-imposture/http://www.egalitariste.net/2013/04/21/lhumour-est-une-arme/  , etc. Je n’ai nulle intention d’entrer dans le débat. Je préfère me réfugier derrière ce que l’on peut considérer mon droit intellectuel à faire primer ma signification sur le sens (sur ce pseudo-droit, cf. le même billet  sur http://le-bosse-fort.over-blog.com/2014/11/dylan-et-don-t-think-twice-it-s-all-right-me-suis-je-fait-rouler-dans-la-farine.html). Pour ma part, en utilisant la phrase de Desproges, je n’entends nullement avoir recours à un argument d’autorité pour faire entendre que l’autre manque d’humour et qu’il fait honte au dieu du rire comme le propose http://www.acontrario.net/2013/09/25/desproges-coluche-humour-noir-second-degre-imposture/ mais, bien au contraire, que l’on peut rire de tout et de n’importe qui ou quoi… à la condition de s’être préalablement assuré que celui auquel est envoyée une bulle la comprendra et qu’il n’en sera pas fâché (et je reconnais en y réfléchissant vaguement, que je suis peut-être en contre-sens avec le sens).

[xv] Dois-je rappeler aux vénérables ex-élèves qui se promènent sur ce blog que le judaïsme remonte à Abraham (historiquement, peut-être des migrations de Ur à Harran dont on suit archéologiquement vaguement la trace vers 2 000 / 1 800 av. J.C.), à Moïse (allons-y pour les environs de 1 200 av. J.C.), voire à Salomon (admettons le Xe s. avant J.C.), lequel n’était pas encore franchement monothéiste puisque, outre le célèbre Grand Temple de Jérusalem, il fit bâtir des lieux de cultes à plusieurs divinités issus du paganisme mésopotamien ; que le christianisme fit suite à l’enseignement de Jésus supposé être né en l’an ‘O’ de notre ère (nous n’allons pas discuter ici de l’époque exacte / probable de sa naissance) ; que l’Islam dut attendre les révélations de Mahomet, lequel naquit l’ ‘Année de l’Eléphant’, soit 570 ou 571 de. n.è. et que, pour que la religion et le droit mettent en place leurs principes fondamentaux, il faudra attendre les Abbasides (750 – 1218 de n.è.)   En tout état de cause, nous sommes loin des millions d’années avancées par Samy Naceri. Quant aux lois interdisant les caricatures d’hommes politiques, vrai que de Gaulle tenta d’imposer une censure certaine, mais Samy Naceri  devrait donner au minimum un coup d’œil à la brève vidéo proposée par http://culturebox.francetvinfo.fr/expositions/patrimoine/vive-le-dessin-libre-les-caricatures-du-general-de-gaulle-a-colombey-132491  et, concernant Pompidou ou Mitterrand, feuilleter ne serait-ce que quelques numéros des époques correspondantes du Canard Enchaîné lui éviterait de lâcher des énormités devant des milliers de téléspectateurs.  Concernant enfin les représentations de Jésus, quelques informations sur la querelle entre iconoclaste et iconodoules et les visites d’une une église ou deux, d’un musée dédié à la peinture ou deux, seraient bienvenues.

[xvi] Est-ce une fausse idée de ma part ? Qui en connait une seule ? Et même dans les caricatures contemporaines, si l’on peut reconnaître le Dieu des Chrétiens, on ne voit guère le Prophète http://www.huffpostmaghreb.com/2015/01/08/charlie-hebdo-les-dessina_n_6435426.html

[xviii] Je pense par exemple au nourrain tirelire, le porc ayant été longtemps un symbole sinon de richesse, en tout cas d’abondance familiale. Et puis n'oublions pas toutes les expressions liées à cet animal (sale comme un porc, hurler comme un cochon que l'on égorge -pauvre bête !-). Sur un plan plus occidental, songeons par exemple aux célèbres Trois Petits Cochons de Walt Disney qui lui inspireront les personnages de papier que sont Naf-Naf, Nif-Nif et Nouf-Nouf avec le Grand Méchant Loup et 'P'tit Loup', etc !

[xix] C’est également de Marat. Je viens de trouver cette citation sur http://www.dicocitations.com/auteur/2921/Jean_Paul_Marat.php , alors que je cherchais à vérifier si celle qui la précéde était bien de Marat.

 

 

 CDI du Collège-Lycée Averroès - Capture d’écran. France 5, ‘C dans l’air’, vendredi 23 janvier, time 1:04:54 (illustration Carlos Latuff, voir infra pour références à l'original))

CDI du Collège-Lycée Averroès - Capture d’écran. France 5, ‘C dans l’air’, vendredi 23 janvier, time 1:04:54 (illustration Carlos Latuff, voir infra pour références à l'original))

 

Mise à jour 30 janvier.

 

François Hollande grimé en Hitler : "Liberté d'expression, chacun son tour !"

 

La ‘Une’ du journal arabophone marocain "Al Watan Al Ane" propose, dans son édition d’hier, jeudi 29 janvier, un photomontage qui présente François Hollande flanqué d’une moustache à la Hitler avec, au bras gauche, un brassard muni d'une croix gammée.

L’illustration reçoit pour commentaire "Les Français vont-ils faire renaître les camps de concentration d'Hitler pour exterminer les musulmans ?" (http://www.francetvinfo.fr/politique/francois-hollande/un-hebdo-marocain-compare-hollande-a-hitler-une-sonnette-d-alarme-pour-la-classe-politique_810733.html avec reproduction de l’illustration en cause).

 

Le directeur de la publication, Abderrahim Ariri, dit assumer la complète responsabilité de cette page.

 

Je ne vais pas entrer dans le débat sur le fond.

Notons simplement que, rebondissant sur des incidents diplomatiques entre le Maroc et la France ainsi que sur le fait que des actes islamophobes semblent se multiplier sur le territoire français depuis les attentats de Paris, comme cela a été souligné dans le billet ci-dessus, le journal entend reprocher, et frapper fort, sur le fait que le gouvernement français ne protègerait pas avec suffisamment d’égard les Français musulmans, alors qu’il le fait pour les Français juifs (notons en passant une possible pointe d’antisémitisme qui pourrait avoir son intérêt plus loin ; à noter également que cette comparaison avec la protection accordée au Juifs ne figure pas dans la référence au Monde donnée ci-dessus, pour la lire, voir par ex. http://www.20minutes.fr/medias/1529371-20150130-video-journal-marocain-grime-francois-hollande-hitler)

Je laisse à d’autres (... ou à moi-même si le coeur m'en dit, mais dans un autre billet) le soin de débattre du problème.

Le faire ici serait totalement hors sujet.

 

Inutile, non plus, d’entrer dans toutes les finesses d’un débat juridique entre diffamation et liberté d’expression. Observons rapidement que, à en croire Le Monde, Abderrahim Ariri pourrait tomber sous le coup de l'article 52 du Code de la presse marocain qui pénalise l’"offense commise publiquement" envers un chef d'Etat étranger (http://www.francetvinfo.fr/politique/francois-hollande/un-hebdo-marocain-compare-hollande-a-hitler-une-sonnette-d-alarme-pour-la-classe-politique_810733.html)

 

Ce qui, dans le cadre de ce post, a attiré mon attention est le photomontage pour lequel a été relevé le commentaire « liberté d’expression, chacun son tour ! » http://www.linternaute.com/actualite/politique/hollande-en-hitler-honteux-grotesque-ou-liberte-d-expression-les-reactions-contradictoire-0115.shtml

 

Je suis quasi persuadé (j'ai donc quelques doutes ; qui peut confirmer ou infirmer ?) que, dans le contexte de la culture du directeur de la publication, il n’y a aucune différence entre publier des caricatures du Prophète, personnage juridiquement immatériel selon l’analyse d’un Canard pur produit de la culture occidentale (quoi que, après plus de 10 ans passés en Orient, il y a ici et là de sérieuses brèches...), et transformer François Hollande, personne physique identifiable, en l’un des individus les moins recommandables de l’histoire, le tout quelque 48h après la célébration du 70è anniversaire de la libération d’Auschwitz par les Soviétiques, d’autant que sur une demande de l'Union des Etudiants Juifs de France [UEJF] et de l'Union des Déportés d'Auschwitz [UDA], François Hollande a déclaré qu’il souhaiterait supprimer du Web tous les sites négationnistes http://freetheinternetfromdenial.wesign.it/fr.

 

Louable intention de François Hollande d'une part, et remarquable provocation d'Abderrahim Ariri d'autre part, même si, occidentalement parlant, elle est d'un goût plus que douteux !

 

Occidentalement parlant seulement car, si l’on en croit Wikipedia (http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9gation_de_la_Shoah),  Robert Satloff a écrit dans un numéro Washington Post datant de 2006 qu'« une institution respectée spécialisée dans la recherche sur l'Holocauste a récemment rapporté que l’Egypte, le Qatar et l’Arabie Saoudite encouragent tous la négation de la Shoah et protègent les négationnistes de l'Holocauste" (http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2006/10/06/AR2006100601417.html).

En 2005, Mohammed Mahdi Akef, alors chef de file des Frères musulmans égyptiens, dénonce ce qu'il appelle « le mythe de l'Holocauste» et a apporté son soutien aux thèses négationnistes de l’ex-président iranien Mahmoud Ahmadinejad, lequel, soutenu par ce qu’il est convenu de nommer des 'historiens indépendants’, sans oublier, un peu plus tard, les interventions de Dieudonné (http://jssnews.com/2010/01/29/dieudonne-encore-a-teheran-retape-dans-le-negationnisme/) déclarait le 14 décembre 2005 « [les Juifs] ont fabriqué une légende sous le nom de massacre des juifs et placent cela plus haut que Dieu lui-même, que la religion elle-même, que les prophètes eux-mêmes. » (http://www.iran-resist.org/article1185.html).

 

Bref, ''pour le politologue Jean-Yves Camus, c'est « le monde arabo-musulman qui, en 2006, constitue la principale aire de déploiement du discours négationniste, où celui-ci est devenu vulgate officielle de […] forces clérico-politiques importantes''  (http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9gation_de_la_Shoah)

 

La situation a-t-elle changé depuis ?

 

On peut toujours y croire, on souhairait même que ce soit une réalité mais, dans le cas contraire, on peut facilement imaginer qu’Abderrahim Ariri adhère aux thèses négationnistes, d’où peut-être la possible pointe d’antisémitisme relevée précédemment : la France accorde aux Juifs ce qu'elle refuse au musulmans. Et l'allusion de la 'Une' concernant les camps de concentrations seraient alors à prendre au second degré... une simple boutade de négationniste.

 

Pour lui, il n’y aurait alors aucune différence entre ce qu’il analyse probablement comme le blasphème perpétré par les caricatures du Prophète de Charlie Hebdo et la bonne blague bien provocatrice, selon lui, d’un François Hollande en Hitler dans laquelle l’Occident voit un outrage sans borne, ce dont témoigne la presse occidentale d’aujourd’hui.

 

« Liberté d’expression, chacun son tour ! »…

 

Pour apprécier la pertinence de l’exclamation, tout est question de culture… (ajout du 4 février - peut être 'enrichissant' un coup d'oeil sur http://www.huffingtonpost.fr/2015/02/02/iran-charlie-hebdo-concours-caricatures-holocauste_n_6592576.html )

 

Mais après tout, avant d'aller chercher midi à quatorze heures comme je viens peut-être de le faire, depuis des siècles que dure le débat sur le respect que se doivent (... que se devraient !) mutuellement les populations orientales et occidentales, peut-être faut-il voir dans cette caricature une application extensive de la loi de Godwin, et peut-être convient-il de simplement sanctionner Abderrahim Ariri par l'attribution d'un point Godwin... (en cas de besoin, vous pouvez donner un coup d'oeil sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Godwin ou encore http://www.huffingtonpost.fr/2014/08/24/point-godwin-defininition-explication-theorie-reductio-ad-hitlerum_n_5703683.html avec reproduction d'un coupon illustrant le second sens du mot 'point').

Le blasphème : entre droit et devoir de réserve ?  Les mots justes de Jamel Debbouze
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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 08:31

Le 12 décembre dernier, je programme ma box pour qu’elle enregistre De l’Amour pour Noël.

 

Pourquoi ce film ? Tout simplement parce que j’avais décidé de faire une cure de navets mal cuisinés, de ces films (plus souvent téléfilms)  de haute niaiserie que nous proposent régulièrement les chaînes TV à l’occasion des fêtes de fin d’année.

 

Mes objectifs ? La simple curiosité dans l’art d’imaginer des histoires taille pois chiche creux et cousues d’avance qui ont néanmoins trouvé preneurs pour investissements dans des productions à échec garanti (quoi que… visiblement les droits doivent se vendre, la preuve !). Je souhaitais également tenter de déterminer le navet auquel je décernerai les pompons respectifs du moins et du plus QQ.

J’indique tout de suite que je n’y suis pas parvenu et que, sur la cinquantaine de films que j’ai visionné, je n’ai pas réussi à regarder jusqu’au bout une bonne moitié.

Mythe de l’esprit de Noël version bon enfant US, certes, mais dans le genre gnangnan, il y a quand même des limites !

 

Un thème récurrent dans ce qui a été proposé cette année : famille monoparentale à la suite d’un divorce ou d’un décès, le ou les enfants demandent au Père Noël d’amener un compagnon ou une compagne à celui de ses parents avec lequel il vit.

Ouaip… !!

Rien vu qui arrive à la hauteur du gros orteil de Nuit Blanche à Seattle, un classique du genre bleuette (ou bluette, c’est comme vous préférez), histoire mignonette pour les ‘cœurs bisounoursiens’ comme le mien. Il est vrai que ce film est servi par Meg Ryan et Tom Hanks (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=8649.html).

 

Bref, dans ce défilé de navets en tout genre, j’ai donc visionné De l’Amour pour Noël (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=217061.html), film de Michael Feifer (2013, c'est dire qu'il est postérieur à la fin de OTH). Il n’offre strictement aucun intérêt si ce n’est que l’héroïne n’est autre que Shantel Yvonne VanSanten… plus connue sous son nom ‘frères scottiens’ de Quinn.

Vous y êtes ?

Elle apparaît dans la saison 7.

Elle est la sœur de Haley.

Elle est photographe (originalité : persiste à faire de la photo argentique) et est la copine de Clay (Clayton) Evans, l’agent puis l’associé de Nathan, le ‘survivant’ des frangins Scott après le départ de Lucas avec Peyton et leur fille à la fin de la saison 6…

 

…Mais, comme je l’ai demandé en son temps, quel est le rigolo qui a traduit One Tree Hill par Les Frères Scott alors que les péripéties de l’action (et probablement ce que l’ « on » ne nous a pas dit) ont fait qu’il y a eu 3 saisons sur 9 où il n’y avait plus qu’un frère : Nathan !

 

Voilà Hervé (promo 2011 sauf erreur, le gigantesque blond aux yeux bleus qui, hiver comme été, avait et a toujours une écharpe autour du cou et qui était très actif au BDE ; vous y êtes ?... Sur que ces demoiselles le visualisent sans effort de mémoire :) ; es-tu satisfait ?

 

Et pourquoi cet aparté avec Hervé ?

 

Parce que nous nous sommes rencontrés par hasard, que nous sommes allés boire un K.wa, que nous avons parlé de tout et de rien et qu’au nombre de ces ‘riens’ figurait De l’Amour pour Noël car j’avais en tête qu’à la suite d’un exposé sur les mythes dans Les Frères Scott, il avait avoué avoir un penchant très net pour le sourire radieux de Quinn (… et c’est vrai que son sourire est radieux mais, ici comme ailleurs, chacun ses goûts :).

C’est lui qui m’a demandé de faire part à la communauté des mes ex-élèves qui passe me faire un coucou sur ce blog de la présence de Quinn dans un film postérieur à la saison 9 de OTH.

 

C'est fait :)

 

Comme toutefois je ne veux pas m’attirer l’animosité des ‘peytonniens’ et ‘bookiens’, je m’empresse d’indiquer que Hilarie Burton, alias Peyton, a également tourné un film noëlique d’une grande QQterie. La Liste du Père Noël (2012, http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=225707.html).

Devient-il un classique du genre ? Il a été programmé sur des chaînes TV pour Noël 2013 et 2014.

 

Enfin, concernant les ‘brookiens’, je ne connais aucun film noëlique avec Sophia Bush (si vous en connaissez un, faites suivre :), et je ne ferai pas l’affront d'apprendre auxdits 'brookiens', mais simplement de leur rappeler, qu’elle est l’une des héroïnes d’un série policière dont la diffusion vient de commencer chaque lundi soir sur TF1, Chicago P[olice] D[epartement].

J’ai tenu deux épisodes hier, et me suis endormi devant le troisième.

Pas très crédible ‘notre’ Brooke en policière… et la série me semble totalement manquer d’humour.

 

J’en reste là. Je ne vais pas entreprendre de lister les rôles ou simples apparitions que j’ai vus de chacun des ex-acteurs de OTH d’autant que mon chat m’appelle pour notre câlin matinal :)

 

Bien qu'elle ait très mal commencé, mes meilleurs voeux à ceux avec lesquels je n'ai pas été en contact par courriel, téléphone, skype, etc. depuis le début de l'année.

 

Bizs à tous.

P.S. Ouuuuuuuups ! Découverte de ‘nounou Carrie’ (Torrey DeVitto)  dans La plus belle Fête de Noël diffusé sur M6 le 1er janvier 2015  (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=234038.html) et, si j’en crois la filmographie de AlloCiné, elle avait déjà participé à un film noëlique (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=225711.html) que je ne connais pas.

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 06:04

Tristes et préoccupés par les événements de la semaine dernière, nous sommes nombreux à avoir totalement oublié que les fêtes étaient terminées et que l’heure était venue de décrocher les Père Noël, les boules et les guirlandes du sapin qui pendent lamentablement sur ses branches sèches.

 

Pire, si vous n’êtes pas un adepte de l’inodore Nordmann et de je ne sais plus quelle(s) autre(s) espèce(s), je crois qu’il y en a, notre pauvre sapin perd de plus en plus ses aiguilles que l’on traîne dans toute la maison ; que c’est une horreur tant il y en a partout surtout si, de surcroît vous avez un compagnon à quatre pattes qui se croit obligé de se coucher sous le sapin avant d’entreprendre une balade apéritive dans la maisonnée.

 

Alors, comme chaque année, la question revient : et si l’an prochain nous achetions (variante possible ; et si nous profitions des soldes pour acheter…) un sapin artificiel d’autant que, en prime, c’est plus écologique… ce qui est globalement FAUX, sauf si vous l’utilisez au moins 6 ans, ce qui ne sera pas.

 

Les sapins artificiels que les pingouins standards que nous sommes trouvent dans les circuits de la grande distribution pour une somme tournant autour de € 100, parfois un peu moins, n’ont un usage que de 3 à 4 ans. Pour dépasser cette durée, il faut en appeler au matériel de décoration professionnelle, tel mon coiffeur qui en a un tout blanc de fausse neige de l’ordre de 2m, qui est toujours impeccable alors qu’il vient de l’utiliser pour la cinquième année. Il l’a payé près de € 300 et, détail non négligeable, lorsqu’il le fait ‘étéiser’ (antonyme de hiberner comme chacun le sait :), il lui faut deux gigantesques cartons ; vous sauriez où les ranger, vous ??

 

Mais restons au niveau environnemental d’un sapin artificiel.

 

L’étude qui paraît faire autorité et va bien au-delà des quelques mots qui précèdent est ici https://www.dropbox.com/s/vhq9lmxnkudxuc0/Christmas-Tree-LCA-ellipsos.pdf?dl=0 , et si l’anglais vous perturbe vous pouvez trouver l’essentiel dans deux articles qui y font référence http://www.davidsuzuki.org/fr/modedeviecie/l-art-de-vivre-chez-soi/lequel-est-plus-ecologique-un-arbre-de-noel-artificiel-ou-un-vrai-sapin.php et  http://www.futura-sciences.com/magazines/environnement/infos/qr/d/eco-consommation-sapin-noel-naturel-artificiel-plus-ecologique-1037/.

Quelques éléments également dans  http://www.lesoir.be/731618/article/demain-terre/developpement-durable/2014-12-11/pour-un-noel-durable-naturel-ou-artificiel-sapin... et dans bien d’autres articles sur la Toile.

 

Si l’information selon laquelle un sapin de l’ordre de 2 m. a capté au cours de sa croissance de l’ordre de quinze ans une dizaine de kilos de CO2. devait vous interpeller, vous seriez sympa d’interroger votre entourage pour recueillir des explications, et si d’aventure vous rencontriez un interlocuteur qui se lance dans des explications aussi pertinentes que parfois complexes, c’est qu’il est probablement de la partie.

Soyez alors sympas jusqu’au bout,  et demandez-lui s’il ne cherche pas une collaboratrice… ou s’il ne connait pas quelqu’un qui est dans cette situation.

 

Rappel d’une demande d’aide destiné à mes tout gentils visiteurs (1).

Je connais très, très bien une jeune femme dynamique, compétente et brillante (normal, c’est ma fille :) sur la compensation carbone dont le projet initial était ou bien de collaborer en tant que salarié ou bien de préparer une thèse sur la base d’une convention CIFRE (http://www.anrt.asso.fr/fr/espace_cifre/accueil.jsp) avec l’ONG dans laquelle elle a effectué un stage l’été dernier sur la compensation carbone.

Ce projet semble tomber à l’eau.

Motif budgétaire.

Voilà une rengaine qui commence à devenir exaspérante surtout lorsque certains membres de notre gouvernement affirment régulièrement que les problèmes environnementaux sont une des priorités de la politique française et que le secteur est créateur d’emplois.

 

… Pour en revenir à nos histoires de sapin, il n’est peut-être pas inutile de préciser qu’il faut à tout prix éviter ceux en PVC, et ils semblent nombreux à l’être sans qu’il n’y ait la moindre mention sur la composition quelque part sur le carton utilisé par le fabricant http://www.davidsuzuki.org/fr/modedeviecie/l-art-de-vivre-chez-soi/lequel-est-plus-ecologique-un-arbre-de-noel-artificiel-ou-un-vrai-sapin.php.

 

Bref, jusqu’à preuve du contraire, le sapin artificiel n’est pas la solution et si l’on entend perpétuer la tradition du sapin de Noël, il est reste préférable de couper un arbre authentique, le Président de l’ AFSNN (association française du sapin de Noël naturel) expliquant comment ils sont produits car, bien évidemment, les conifères point central des décorations de fin d’année ne sont pas coupés anarchiquement dans des forêts http://www.fondation-nicolas-hulot.org/node/29676 .

 

Il demeure que pour la seule satisfaction de nos coutumes festives et pour notre seul pays, quelque  5,5 millions de sapins sont coupés par an (http://www.planetoscope.com/forets/491-nombre-de-sapins-de-noel-vendus-en-france.html) –(2)-, ce qui fait quand même beaucoup ; non ?

 

Serez-vous… Serai-je au nombre des 5,5 millions de consommateurs français à Noël prochain ?

 

 

  1. Toujours flatter dans le sens du poil :) !... Cela dit, le S.O.S. d’origine a été lancé ici http://le-bosse-fort.over-blog.com/2014/10/reparation-de-windows-microsoft-net-framework-et-publicite.html

  2. Selon la même source il se vend 1 million de sapins artificiels / an et 1 foyer sur 5 achète un sapin de Noël.

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 15:55

 

 

Je vous propose de lire ce post dans l’euphorie provoquée par l’espoir auquel permettent d’aspirer les manifestations d’hier, dimanche 11 janvier. Et, pour conserver la frite, je vous suggère de mettre en boucle les chansons que vous pouvez trouver sur les liens suivants https://www.youtube.com/watch?v=34QxDoQo6KI et https://www.youtube.com/watch?v=Xjv57gSE5gQ.

 

Y êtes-vous ?

 

Alors allons-y…

 

Je ne vais pas ironiser niaisement sur tous ceux qui ont manifesté alors qu’ils n’avaient jamais ne serait-ce que feuilleté un numéro de Charlie Hebdo et pour lesquels les noms des dessinateurs disparus n’évoquaient strictement rien ou, à défaut, très vaguement celui de quelqu’un de connu.

 

Je ne vais pas non plus me PTR XXXXXXXXXXXXL devant la participation aux côtés de François Hollande de certains politiques qui, en matière de libertés, et celle d’expression en particulier, feraient bien de commencer par faire le ménage dans leur propre demeure (heueu… l’observation ne serait-elle pas également valable pour la France où le même Charlie Hebdo a eu bien des démêlés tant avec des ‘notables’ –j’ai horreur de ce mot, mais il est pratique car fourre-tout- qu’avec la justice ?).

 

Malgré les contradictions flagrantes, voire des situations grotesques, j’opte pour un mutisme total et ne retiendrai de cette 'marche démocratique' qui faisait chaud à mon cœur de Bisounours qu’une gigantesque marée humaine qui, dans toutes les villes de France, demandait la fraternité entre les hommes et, plus spécialement sans doute, envers les musulmans, notamment ceux venus vivre en France, en Europe, en Occident.

 

Il me semble par contre difficile de taire l’information que j’ai trouvée alors que je surfais sur l’internet tout en regardant ces ‘marches démocratiques’ à la TV (1).

 

Pour « insulte envers l’Islam », un blogueur saoudien a été condamné, en mai 2014, à dix ans de prison, une amende d’un million de riyals (267 000 $) et 1 000 coups de fouet qui seront administrés à raison de 50 unités par semaine pendant 20 semaines. Le 9 janvier, il a reçu les 50 premiers coups, à la sortie de la prière très sainte du vendredi, devant la mosquée Al Djafali à Djeddah http://actualite.portail.free.fr/france/09-01-2015/cinquante-coups-de-fouet-en-public-pour-un-blogueur-saoudien/.

 

L’article étant peu explicite sur la cause de la condamnation, j’entreprends de la chercher et la trouve au moment où, sur l’une des chaînes TV, des commentateurs (désolé, incapable de dire sur quelle chaîne j’étais étant donné que je zappais sans retenu tout à ma joie de voir des êtres humains acceptant enfin de mettre en commun leurs différences –tiens ! si vous êtes lassés de Jean Yanne et des Bisounours, vous pouvez essayer https://www.youtube.com/watch?v=493R05ifNsI) entreprennent de dénoncer, une fois encore, le racisme français (traduisons : le racisme des titulaires d’une carte d’identité française non musulmans) à l’égard des Français musulmans.

 

Et quelle est la cause de la condamnation ?

Raïf Badawi (tel est le nom du malheureux) a été condamné pour apostasie car, pourtant bien dans la lignée des idées de ce dimanche 11 janvier en France et ailleurs, puisque partagées –en tout cas au niveau des déclarations officielles- par de très nombreux pays ayant ou non envoyé des représentants pour ces marches emplies d’un bel optimisme, il avait noté sur son blog que les musulmans, les juifs, les chrétiens et les athées étaient tous égaux.

 

Et alors ; où est le crime ?

 

C'est que le Coran, quant à lui, proclame que les musulmans forment la meilleure des communautés ; prétendre le contraire est renier sa religion et, en termes de Charia, l'apostat est passible de la peine de mort.

Et l’article de citer le verset de référence :

 

« Vous êtes la meilleure communauté, qu’on ait fait surgir pour les hommes. Vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez en Allah » (Coran, 3:110).

http://www.postedeveille.ca/2014/09/son-propre-pere-soutient-quil-merite-la-mort.html 

 

Comme ma mémoire avait totalement zappé ce verset, j’abandonne PC et TV et vais jusqu’à mon bureau pour m’emparer de l’exemplaire du Coran qui est en bonne place dans ma bibliothèque entre Paroles du Bouddha tirées de la tradition primitive, Le Livre des Morts des anciens Egyptiens, la Bible, ‘Zoroastre, Avesta, Le livre sacré des anciens perses’ et autres ouvrages du même ordre.

 

III-10…Nous y voilà.

La Famille de ‘Imran. « Ils (ce qui renvoie au verset précédent où il est écrit ‘tous ceux qui ont reçu les écritures’) croient en Dieu et au jour dernier ; ils commandent le bien et interdisent le mal ; ils s’empressent à pratiquer les bonne œuvres, et ils sont vertueux », me donne pour traduction Kasimirski (Ed. GF Flammarion n° 237, 1970… Oui, oui ! 1970 ! J’avais acheté un Coran alors que je commençais à séjourner régulièrement au Proche-Orient et qu’il m’avait paru élémentairement courtois et normal de lire le Livre Sacré ainsi que quelques Hadits qui sont les piliers culturels et cultuels de tous ces gens si amicaux que nous rencontrions en Turquie, Syrie, Irak, etc. -'nous' car j'étais avec ma compagne-).

 

Me tromperais-je de Sourate ou de verset pour avoir une telle différence de traduction (désolé, je ne connais que quelques mots d’arabe et suis donc bien incapable de lire le Coran dans le texte d'origine ; je le regrette d'ailleurs) ?

 

J’interroge l’internet et, que ce soit la traduction en anglais (par ex. http://quran.com/3/110) ou en français (par ex. http://www.mosquee-lyon.org/forum3/index.php?topic=34861.0 qui a retenu mon attention car ce site affiche dans son bandeau ‘Apprentissage de l’Islam dans le respect ! Solidarité et fraternité de la Oumma ! Paix et amour entre les peuples !’)  se trouve bien la traduction proposée par l’article de presse précité, et selon laquelle les musulmans sont supérieurs aux autres.

 

Pose.

Je me "recolle" un coup de Tout le monde il est gentil de Jean Yanne pour me remonter le moral et trouver l’énergie d’affirmer bien haut que je ne cherche pas ici à opposer qui que ce soit mais, bien au contraire, à profiter de ce moment d’euphorie entre TOUS les Français pour tenter de faire le point, pour essayer de percer quelques-uns des abcès qui détériorent les relations entre les citoyens de ce pays. Car j’ignore si le Français (version carte d’identité française non musulman déjà évoquée) est raciste envers son alter ego musulman, mais lorsque je lis le verset III-10 et que je consulte le dictionnaire, j’ai comme un trouble qui me perturbe.

 

J’emprunte la définition de base au TLF http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv4/showps.exe?p=combi.htm;java=no

 « Racisme : Ensemble de théories et de croyances qui établissent une hiérarchie entre les races, entre les ethnies […] »

 

Et maintenant, que fait-on de la belle euphorie affichée hier ?

Tous nos compatriotes musulmans qui défilaient hier en déclarant qu'ils étaient Charlie, qu'ils étaient les frères de TOUS les Français ont-ils bien conscience qu'ils sont des apostats en termes de jurisprudence coranique version saoudienne ? Opinion salfiste ? Oui, peut-être, mais il demeure...

 

Je souhaite en tout cas que tous répondent qu'ils n'ont strictement rien à faire de cette décicion (il est possible d'en douter en songeant par exemple aux 70 établissements scolaires, sur 6 000 sauf erreur, dans lesquels il y a eu quelques incidents lors de la minute de silence demandée par le gouvernement http://actualite.portail.free.fr/france/12-01-2015/video-najat-vallaud-belkacem-veut-promouvoir-les-valeurs-republicaines-a-l-ecole/... et notre Ministre de l'Education Nationale semble, comme ceux qui l'ont précédée, confondre le rôle des enseignants et celui des parents !).

Autrement, quel ouléma expliquera que le verset en cause... ainsi d’ailleurs que 'quelques' autres ne sont pas incompatibles avec la belle Fraternité célébrée au cours de cette journée idyllique ?

 

Faut-il en demander un commentaire éclairé à un sage de la sainte Mecque d’autant que l’Arabie Saoudite, dont est natif le malheureux Raïf Badawi, était présente à Paris pour participer à la ‘marche démocratique’. Vrai toutefois (nuance toute orientale ?) qu’elle n’avait envoyé qu’un représentant de second ordre http://www.lefigaro.fr/international/2015/01/11/01003-20150111ARTFIG00175-charlie-hebdo-le-qatar-et-l-arabie-saoudite-s-en-tiennent-a-un-soutien-discret.php

 

Je suis Mapomme (ce qui ne m’interdit en aucun cas d’être également Charlie) et cherche désespérément un crayon pour concrétiser un jour de puissante émotion et guider vers La Liberté, l’Egalité et la Fraternité le peuple de France… ainsi que de la planète toute entière quelles que soient les convictions de chacun (2)...

 

En attendant de le trouver (et si vous l'avez, faites le connaître, you welcome !), je propose de clore ce post comme nous l’avons commencé, c’est-à-dire en musique.

Je suggère en fond sonore https://www.youtube.com/watch?v=XLgYAHHkPFs avec une mention spéciale pour la deuxième strophe, quatrième vers…

… A moins que vous ne préfériez http://www.dailymotion.com/video/x2t9qv_hugues-aufray-dieu-est-a-nos-cotes_music quatrième strophe (3), car il me paraît évident que les djihadistes cherchent à provoquer un conflit entre les populations judéo-chrétiennes et musulmanes établies en Occident.

 

Il reste de l’euphorie d’hier la nécessité de trouver un modus vivendi acceptable par tous... et il conviendrait probablement de le trouver très rapidement.          

1. Désolé, je n’étais pas présent à la marche. Ceux qui me connaissent m’ont déjà vu le dos cassé en deux car mes bien peu copines L4 et L5 ont décidé de faire une partie d’osselets au lieu de rester gentiment à la place que la nature ou Dieu, quel que soit le nom que vous souhaitez alors lui donner, leur a attribuée. J’étais dans cet état il y a quelques jours et, en fin de semaine, j’étais allé consulter  l’ostéopathe  aux doigts de fée qui a la gentillesse de remettre en place ces fichues vertèbres. Après l’avoir fait une nouvelle fois, elle (oui, 'mon' ostéopathe est une femme) m’avait vivement  engagé à bouger le moins possible pendant une petite semaine. J’étais donc de tout cœur avec les manifestants mais, physiquement, assis le dos bien bloqué dans une insupportable ceinture de soutien.

2.En cherchant un crayon, je fais bien sûr allusion à cette étonnante photo http://vallscination.wordpress.com/2015/01/11/le-crayon-guidant-le-peuple-paris-11-janvier-2015/ qui n’a pas manqué d’être rapprochée du célèbre tableau de Delacroix (pour les archinuls http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/le-28-juillet-la-liberte-guidant-le-peuple). J’ai vu un tweet sur lequel le montage photo / tableau était proposé… je ne le retrouve plus.

MàJ du 13 janvier. Le montage (est-ce bien le même que celui vu précédemment ?) se trouve ici : http://www.slate.fr/story/96761/charlie-photo-delacroix

3. La ‘liberté’ que Hugues Aufray a prise dans sa traduction colle tout à fait à ma pensée, pas l’original de Dylan (septième strophe) qui , écrivant au cours de la guerre froide, envisageait un conflit avec les Soviétiques.

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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 16:50

Je crois que tout a déjà été dit sur l’horreur de l’agression dont vient d’être victime Charlie Hebdo.

 

Le silence me semble donc plus éloquent que des mots, bien que je ne puisse malgré tout m’empêcher d’assurer de toute ma sympathie les familles des victimes et leurs amis.

 

Adieu donc, particulièrement, à Cabu, Charb, Tignous et Wolinski ; merci de m’avoir fait sourire et rire bien des fois… en remettant à leur juste place certains problèmes.

 

Quelle réponse fournir à cette violence imbécile… d’ailleurs y a-t-il une violence qui ne le soit pas ?

 

Je cherche le gag que vous, les disparus, auriez proposé dans les colonnes de Charlie Hebdo en réponse à vos meurtriers,  et je pense l’avoir trouvé non dans ma cervelle pourtant généralement fertile en plaisanteries, mais –pardon de l’emprunt, je suis franchement sous le choc- sur http://www.lemonde.fr/societe/reactions/2015/01/07/attaque-au-siege-de-charlie-hebdo_4550630_3224.html ; ‘Azerty’ m'y paraît avoir eu une idée pleine d'un ironie que, me semble-t-il, vous n'auriez pas repoussée.

 

Je le cite :

« La meilleure réplique ? Peut être une grande campagne

d'abonnement à Charlie Hebdo. »

(Azerty 07/01/2015 - 15h40)

L’abonnement ? C’est ici, http://www.viapresse.com/abonnement-magazine-charlie-hebdo.html , mais comme le tarif n’est sans doute pas à la portée de toutes les bourses, regroupez-vous à 5, 10, 15, 20… pour réunir la somme nécessaire. Et surtout, ne redoutez pas trop d’être poursuivis pour de sordides histoires d’achat effectué à plusieurs au motif d’atteinte au copyright ou autre ficelle juridique coercitive. Charlie Hebdo est un peu l’enfant de Hara-Kiri dont l’une des devises était si vous ne pouvez pas l'acheter, volez-le…La porte est donc largement ouverte à toutes les combines.

 

Dommage toutefois que cette réponse soit soumise à un préalable : recomposer une équipe de la qualité de ceux qui nous ont quitté ; Charlie Hebdo est-il mort comme l'ont hurlé visiblement ivres de joie les assassins ?

 

Adieu à chacun de vous...

Il nous reste à reprendre votre flambeau car, enfin de compte, vous êtes morts pour nous.

Pour ces libertés que certains aimeraient voir disparaître pour imposer leurs valeurs criminelles.

 

Vive la liberté ! Vive l'humour sans limite ! Un coup d'oeil sur http://www.slate.fr/story/96543/unes-charlie-hebdo montrera aux sceptiques que Charlie Hebdo n'épargne aucune politique, aucune religion... aucun policier, même si certains tombent parfois pour défendre le respect de cette liberté et, face à ce carnage, je songe bien sûr à Franck* mais aussi à Ahmed**, le policier qui a été véritablement massacré par les agresseurs qu'il tentait d'arrêter alors qu'ils sortaient des locaux ensanglantés de Charlie Hebdo.

 

 

* Franck Brinsolaro http://www.metronews.fr/marseille/attentat-a-charlie-hebdo-a-marseille-l-emouvant-temoignage-du-frere-d-un-des-policiers-tues/moah!Qcu9n1xbo24Sw/  

** Ahmed Merabet http://www.metronews.fr/info/attentat-contre-charlie-hebdo-qui-est-ahmed-merabet-le-policier-tue-par-les-terroristes/moah!OUd0lrRYDJn9U/

 

M.à.J 8 et 9 janvier.

 

Emouvant, Patrick Pelloux a annoncé que Charlie Hebdo sortirait mercredi prochain. (voir par ex. http://actualite.portail.free.fr/france/08-01-2015/charlie-hebdo-patrick-pelloux-ils-ne-peuvent-pas-avoir-gagne/), et des mouvements essaient de se mettre en place pour que la pérennité  de la publication satirique soit assurée.

 

Bravo !

.... Et l'idée d'abonnements est donc relancée...

 

Il demeure, comme je le laissais entendre ci-dessus en filigrane n’osant pas l’écrire en clair, que «  je ne vois pas comment le journal pourrait survivre à ça. Charlie, c’était un journal de dessinateurs. Les rédacteurs comme moi sont interchangeables. Eux, non. Des Charb, des Tignous, des Wolinski, il n’y en a pas cinquante. Et si en plus il y a Cabu… »  (Patrick Pelloux, http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/attaque-au-siege-de-charlie-hebdo/survie-de-charlie-hebdo-on-va-l-ecrire-avec-nos-larmes-mais-on-va-l-ecrire_791289.html)

Charlie Hebdo : démocratie et liberté d’expression menacées.
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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 10:57

 

Je vous avais réservé un PowerPoint pour cette fin / début d'année(s) mais, pas doué le Canard, je n'arrive pas à le mettre en ligne.

 

A défaut, cliquez sur la première image et faites défiler ses petites soeurs en cliquant sur la mini flèche qui apparaîtra à droite.

 

A++

Joyeux Noël et bonne année !
Joyeux Noël et bonne année !
Joyeux Noël et bonne année !
Joyeux Noël et bonne année !
Joyeux Noël et bonne année !

P.S. Non, non ! Ce n'est pas Sa Blondeur qui se gamelle :)... incident qui arrive à des gens très, très bien :).

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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 12:06

 

 

A mon sens, la France est en train de devenir / est devenue le pays du j’m’en-foutisme-quasi-complet.

 

Lorsqu’il y a un problème, plus le temps passe, plus il y a de grandes difficultés à s’informer pour trouver une solution (voir par exemple la fabuleuse réponse faite par un contrôleur dans l’article dont il va être question dans quelques lignes) et, s’il y a une ‘mrd‘, il n’y a plus de responsable. Si par extraordinaire un est trouvé, un vrai, et non un pauvre bougre auquel on fait porter le chapeau, c’est ‘mdr’ que l’on vous ressert cette phrase désormais fameuse et bien fignolée par un pro de la ’com’ : responsable mais pas coupable (2)

 

Bref, la France va à vau-l’eau et, soyons cette fois-ci sans ambigüité, elle tend même à devenir un grand b***el ou un fichu m***ier, c’est comme vous préférez.

 

Ce matin, comme beaucoup de mes compatriotes, je prends les nouvelles de la brave planète qui a la gentillesse d’accueillir l’ homme parait-il sage, non en achetant Le Monde (snob à jamais... for ever snob :-) -3- !) comme je l’ai fait pendant des années presque chaque matin, mais en surfant gratos sur la Toile comme je le fais depuis que je suis connecté à l'internet (qui a dit chômage et difficultés de la presse nonobstant tous les autres secteurs, bien sûr ?). C’est ainsi que je suis tombé sur le fabuleux article de Frédéric Martel http://www.slate.fr/story/95735/cdg-aeroport. Il m’a d’autant plus amusé que j’ai été la ‘victime’, d’abord hilare, puis vociférant de ce qu’il conte.

 

Le plus grave de l’affaire est, me semble-t-il, que les débilités qu’il décrit avec délectation dans l’art de se rendre en transport en commun (vive le respect de l’environnement) de Roissy-Charles-de-Gaulle à Paris (ou en sens inverse) se retrouvent dans bien des domaines au niveau de l’organisation, de la gestion d’un pourtant bien joli pays nommé la France.

 

Et tout le monde s’en cogne ; vivement le week-end, les RTT et les prochaines vacances en attendant la retraite !

 

Ouaip.

Bien étrange pays que le mien.... que le nôtre.

 

Merci aux rares qui se prennent encore et toujours la tête pour que le 'système' tente malgré tout de tourner ; merci à ceux qui possèdent encore cette 'denrée' qui semble se faire de plus en plus rare aujourd'hui : le savoir réfléchir préalablement à toute prise de décision, à toute action afin d'éviter les âneries et, éventuellement, les gâchis en tout genre comme par exemple celui-ci http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/musee-des-confluences-a-lyon-record-de-france-du-gaspillage-d-argent-public-996179.

 

 

(1) Pour les nuls face aux bulles voir par ex. https://www.youtube.com/watch?v=AACYzE_VPus

(2) Ceux qui auraient un trou de mémoire peuvent par exemple donner un coup d’œil sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Georgina_Dufoix

(3) Pour ceux qui ne verraient pas cette nouvelle bulle voir, écouter plutôt, https://www.youtube.com/watch?v=Ds8IevHRPGM  (je donne cette référence car j’aime bien les images qui illustrent le clip). En cas de difficultés de compréhension, voir la tentative de traduction de Hugues Aufray (ici avec notre Jojo national, je ne vois pas Hugues Aufray seul) https://www.youtube.com/watch?v=VduWDlA5wwk

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 16:12

Nostalgie quand tu nous tiens…

 

Les fiches de cours que j’ai jointes à http://le-bosse-fort.over-blog.com/2014/11/dylan-et-don-t-think-twice-it-s-all-right-me-suis-je-fait-rouler-dans-la-farine.html semblent avoir réveillé en vous quelques souvenirs agréables, il va sans dire… mais mieux en le disant et plus encore en le répétant :) ! puisque vous me demandez de mettre en ligne le tableau récapitulatif que j’avais réalisé pour vous instruire en vous faisant sourire sur la contraception par 100% d’abstinence à l’époque médiévale.

 

Je rappelle que je ne suis pas médiéviste, que ce tableau a essentiellement été réalisé sur la base d’informations prises dans l’ouvrage de Jacques Marseille, Nouvelle Histoire de France (Perrin 1999, pp. 203, 208, 209), adjointes de quelques données que j’avais récupérées dans différents ouvrages (je ne sais d’ailleurs plus trop lesquels).

Cliquer sur le tableau pour l'agrandir

Cliquer sur le tableau pour l'agrandir

You know what, comme dit mon copain Droopy (à l’approche des fêtes, je fais toujours une cure revigorante de dessins animés, ceux de Tex Avery en particulier, d’où cette brillante citation :) ?

Si les sondages avaient existé à l’époque (et que la liberté d’expression aient été suffisamment affirmée), nous aurions pu avoir une approche sur le point de savoir qui, au juste, était croyant authentique ou simple superstitieux convaincu vivant dans la crainte des conséquences qu’il y aurait eu à ne pas ‘croire’, tant pour la vie terrestre que celle d’un Au-delà dont l’existence et l'organisation étaient propulsées dans les cervelles par un bourrage de crane d’autant plus aisé que les masse étaient intellectuellement d’un niveau bien inférieur à celui du ras-les-pâquerettes.

Le moindre des châtiments avait de quoi convaincre les plus réticents : exclusion de la collectivité ici bas ; enfers assurés après la mort, avec un vague adoucissement lorsque le purgatoire fut imaginé.

Côté châtiments maximum, l’incroyant, le parjure, l’apostat pouvait sur terre gagner les supplices hautement raffinés et variés de la Question avant une quasi certaine condamnation à mort tout aussi raffinée dans ses différents procédés d’application. Et inutile de se préoccuper du châtiment maximum au niveau du post-mortem, puisque les enfers s’appliquaient à la peine minimale, enfers dont il est possible de saisir l’horreur en constatant comment les artistes du temps ont laissé se déchaîner leur imaginaire dans les sculptures, fresques et mosaïques (1).

 

Pourquoi cette idée de sondage d’opinions et de statistiques sur les croyances médiévales ?

Parce qu’il est évident que la croissance démographique de l’époque montre que nos ancêtres ne se souciaient pas trop du ‘no sex’ imposé par l’Eglise sur plus de toute l’année.

 

Si vous en doutez, donnez donc un simple coup d’œil sur le schéma ci-dessous et expliquez l'accroissement démographique :)

Contraception d’antan… :)

Hé ! N’allez pas me faire dire plus que je veux signifier.

En aucun cas je ne cherche à démontrer que nos ancêtres étaient d’infâmes mécréants ne croyant ni en Dieu ni au diable.

Bien sûr que si, ils y croyaient sauf, sans doute, lorsqu’ils étaient dans l’intime chaleur (néanmoins relative à l’époque) de leur lit et que Priape ou Bes, les ithyphalliques de services, leur rendaient une courtoise et irrésistible visite leur faisant oublier que les temps, et donc le ou les dieux, avaient changé… et que madame n’avait vraisemblablement qu’à se soumettre aux ‘besoins’ de Monsieur…

 

Oui (à lire avec un ton dubitatif et perplexe)…

 

Puisque nous sommes dans des sondages et enquêtes anachroniques, j’aimerais bien également savoir ce que ces ancêtres penseraient de ce type de sondages

http://www.directmatin.fr/france/2014-12-02/sondage-direct-matin-csa-noel-cest-dabord-la-famille-695651

 

Ou encore de ce genre de réactions http://www.directmatin.fr/france/2014-12-03/interdire-les-creches-de-noel-dans-lespace-public-votez-695754 (en plus engagé http://www.aleteia.org/fr/societe/article/noel-ces-creches-que-lon-veut-interdire-6470909665738752 et,  en plus juridique,  http://www.francetvinfo.fr/decouverte/noel/ce-que-dit-la-loi-sur-les-creches-de-noel-dans-les-lieux-publics_764873.html#xtor=AL-54)

 

Autres temps, autres mœurs, dit-on, mais que ne donnerais-je pas pour utiliser une machine à voyager dans le temps.

 

Des années que je demande un tel chronoscaphe au Père Noël (avec service de réparation, pièces détachées et billet de retour de secours, SVP - Merci !) mais, selon l’évidence, il ne m’entend pas...

Sans doute que, même au Pays de Rëves noëliques, l'article n'est pas en rayon.

 

(1) J'envisage Occident et Orient chrétiens, en rappelant que, contrairement à ce qui a été longtemps enseigné, il a pu y avoir des fresques dans les églises romanes, comme il y en eut dans le monde byzantin. Les églises romanes ne furent très vraisemblablement pas toutes que des Bibles de pierres, expression devenue habituelle pour désigner les sculptures religieuses médiévales illustrant les principaux enseignements de la Bible afin d'instruire les masses.

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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 15:39

Vous me demandez très régulièrement qui passe sur mon blog sous-entendant, bien évidemment, quels sont les anciens qui y jouent les followers et, sans doute sous-entendant également, serait-il possible de retrouver par l’intermédiaire de votre blog des anciens de promo que l’on a perdu de vue ?

 

Comme je n’ai pas grand-chose à cacher sur ce point comme sur tant d’autres d’ailleurs… et même sur Tout, je puis vous répondre que je reste en contacts assez réguliers par mail / SMS / téléphone avec environ 25 d’entre vous, ce qui n’est pas énorme si l’on considère que, chaque année, j’ai vu passer environ 250 nouveaux élèves.

Ce blog ayant été ouvert en novembre 2007, soit pilepoil 7 ans, on peut considérer que quelque   1 250 d’entre vous (je ne compte pas les nouveaux qui sont entrés en cours de parcours, par contre, je calcule sur 5 ans, puisque je suis parti à la retraite depuis 2 ans) ont eu connaissance directement, ou indirectement, de son existence :)

25  / 1250, cela ne fait pas bézef… environ 2 %  :(

 

Oui. Certes… si j’étais resté en activité, j’aurais connu 500 belles âmes de plus avec, j’en suis intimement convaincu ;), parmi elles des followers acharnés :).

 

J’ai profité de la fin de ce mois de novembre 2014, où ce blog souffle donc sa 7eme bougie, pour faire des captures d’écran des statistiques proposées par Overblog.

J’ai bien sur sélectionné celles concernant le nombre de visiteurs et, par curiosité, celles portant sur le nombre de pages ; je place cette dernière à la fin du billet.

Ne pas oublier de cliquer sur le graphique pour l'agrandir... Oui ! Le résultat n'est pas terrible

Ne pas oublier de cliquer sur le graphique pour l'agrandir... Oui ! Le résultat n'est pas terrible

Vous observerez que, si l’on fait abstraction du pic des 28 et 29 novembre (?? que s’est-il passé !?), ce blog reçoit globalement 50 visiteurs / jour. Il me semble l'avoir dit ailleurs.

 

Qui sont-ils ?

Je crois savoir que j’ai une ‘vingt-cinquaine’ ;) de parents, relations, amis et ex-collègues, ces derniers pouvant également entrer dans la catégorie 'amis'… ou pas :(, qui passent assez régulièrement par ces pages soit, au total, avec mes 25 ex-élèves fidèles, une cinquantaine de visiteurs réguliers à peu près identifiés.

 

Comme il est impensable que ces 50 pingouins ;) passent chaque jour ici, la question s’impose : qui sont ‘mes’ visiteurs ?

 

Puisque c’est finalement l’objectif n°1 de ce post, les anciens qui se baladent sur ce blog et avec lesquels je ne suis pas en rapport seraient sympas de s’identifier ou bien dans les commentaires qui sont à leur disposition en-dessous de cet article, ou bien en me passant un courriel par le biais d’Overblog si, bien sûr, ils n’ont aucune de mes adresses électroniques personnelles.

Je dresserai une liste et la ferai suivre, par courriel personnel, à chacun d’entre vous.

Vous verrez ainsi si vous y retrouver de vieilles ‘potesses’ et de vieux potes.

Le message est lancé.

A vous de faire.

 

Combien peuvent-ils être, ces anciens non identifiés ?

Dix, quinze… allez, soyons généreux en ces périodes d’avant fêtes, et allons-y pour une vingtaine.

Cela porte le total à environ 70.

Pour le reste des mes visiteurs, j’avoue n’en avoir aucune idée…

Le blog du Canard est du type confidentiel (et il l'est -l'était ?- d'autant plus que je rappelle qu'en tout cas au tout début de son existence, bien peu d'entre vous en connaissaient l'existence. Cela m'a même été reproché car j'y ai parait-il donné des indications pour des expos ou dossiers et que je faisais du favoritisme. Puis la rumeur s'est répandue dans les couloirs. J'ignore d'ailleurs quelle a été son ampleur exacte ; je sais seulement qu'à la veille de mon départ à la retraite, plusieurs élèves n'en avaient jamais eu vent).

Quelle est donc cette foule qui s'y balade ?

Bien sûr qu’elle est la bienvenue, mais c’est agaçant de ne pas savoir qui vous rend visite et de rester sur une note de mystère :) d'autant que rares sont ceux qui me passent un message ou laissent un commentaire.

 

Puisque j’ai placé ces statistiques sous vos yeux, je passe rapidement en revu chacun des 10 billets les plus visités en novembre –les seuls désormais inventoriés par Overblog- et rappelle le lien conduisant au texte en cause à la fin de chaque paragraphe.

 

  1. 1212 visiteurs pour les grands yeux de Milla Kunis et d'Alexandre. 

...!? Alors là !?!!!?? Et re !!???

Vous observerez en tout cas que mon ‘addendum’ du 18 octobre (http://le-bosse-fort.over-blog.com/article-les-yeux-vairons-de-milla-kunis-et-d-alexandre-le-grand-109684689.html) indiquant que ce billet attirait quelque 200 visiteurs / mois depuis sa mise en ligne est parfois très loin du compte, particulièrement ici.

Mais qui sont tous ces touristes !?

 

  1. 245 visites pour le post n°1 concernant les capsules rechargeables compatibles Nespresso ; il y a 2 autres billets sur le sujet, mais les ‘visiteurs’ semblent ne pas trop s’y rendre. Ils ont tort. Ils auraient peut-être des surprises ; il y a des liens à la fin du billet n°1, puis du n°2 et je les ai rappelés ci-dessous.

J’ai ma petite idée sur ce ‘score’.

Peu après avoir mis en ligne ce billet, j’avais été en contact avec un revendeur de ce type de capsules. Fort gentiment, il m’avait proposé de faire une remise de 5% à ceux qui commanderaient chez lui en venant de ma part. Je lui avais fort courtoisement répondu qu’avec ma moyenne de 50 visiteurs / jour sur l’ensemble des articles, dont très peu sur ces capsules, ce n’était pas mon blog qui allait lui amener foultitude de clients et donc la fortune.

Je n’ai jamais eu de réponse, mais je veux bien croire qu’il se serve de ce billet (a-t-il refilé le lien à des copains ?:) pour répondre à ceux qui lui demandent si ses capsules fonctionnent.

Bref, je gage sur une page de pub involontaire…et gratos en prime :(

http://le-bosse-fort.over-blog.com/2014/05/nespresso-et-les-capsules-rechargeables-les-boules.html  

Les deux autres billets sont : ici

Le coût : http://le-bosse-fort.over-blog.com/2014/06/nespresso-et-les-capsules-rechargeables-2-le-cout.html

Nouveaux problèmes : http://le-bosse-fort.over-blog.com/2014/06/nespresso-et-les-capsules-rechargeables-3-les-boules-de-nouveau.html

 

  1. 139 visites pour la chanson que chante Michel Blanc lorsqu’il est perché sur son télésiège dans Les Bronzés font du ski… Logique, la saison de ski va ouvrir. Certains, qui se veulent peut-être originaux :), doivent  chercher à mettre à jour les sonneries de leur téléphone / Smartphone et tombent par hasard sur cette page qu’ils lisent… ou pas.

http://le-bosse-fort.over-blog.com/article-les-bronzes-font-du-ski-etoile-des-neiges-quand-te-reverrai-je-101876256.html  

 

  1. Là, c’est l’inconnu : 109 connexions avec la page d’accueil du blog.

En théorie, cela devrait signifier que je me suis connecté 109 fois (près de 4 fois / jour !... en prime, au mois de novembre, je suis resté environ une semaine sans liaison avec l'internet ce qui donnerait plus de 5 fois / jour) sur mon propre blog…

Oui ! Il m’arrive d’y aller bien sûr pour mettre en ligne un nouveau billet, faire une mise à jour ou encore car un copain (ou l’un d’entre vous) me signale que je n’ai pas été clair ici ou là, qu’il y a une Henormous faute d’orthographe là ou ailleurs (rappel : sur l'orthographe, voir http://le-bosse-fort.over-blog.com/article-l-orthographe-aaaaaaah-117945447.html et http://le-bosse-fort.over-blog.com/article-l-orthographe-et-le-francais-aaaaaaah-2-120221548.html ).

Mais n’étant pas narcissique, je ne vais pas contempler ma prose à longueur de journée...

Pour expliquer ce chiffre, je suppose donc que j’ai des followers qui ont mis ma page d’accueil en raccourci sur leur bureau. Mais qui m'aime à ce point !? :)

Quelle autre solution ?

http://le-bosse-fort.over-blog.com/ 

 

  1. Intitulé codifié qui renvoie à un vieux classique (j'entends que le billet est très régulièrement consulté) : les montres Yves Camani… dont les prix affichés ont plus que sensiblement baissé depuis la rédaction de ce billet en juillet 2009.

Lors de sa mise en ligne, il avait essentiellement pour but de répondre à votre curiosité devant la montre un peu ‘bling-bling’ que je m’étais offerte :) –oui ! oui ! elle fonctionne toujours et encore-. J’imagine qu’aujourd’hui ce sont des surfeurs du Net (c’est moins fatiguant que sur les vagues ou sur la neige:) qui cherchent des informations sur les produits de la marque.

http://le-bosse-fort.over-blog.com/article-34287060.html

 

  1. Mes élucubrations sur Bob Dylan et son Don’t Think Twice it’s All Right ont drainé 75 curieux + 45 (voir § 10)

Etonnant. Dylan est donc toujours dans la course.

120 visites depuis le 11 - 25 novembre où le billet a été mis en ligne. Je n’y aurais jamais cru.

http://le-bosse-fort.over-blog.com/2014/11/dylan-et-don-t-think-twice-it-s-all-right-me-suis-je-fait-rouler-dans-la-farine.html  

 

  1. Le Père Noël et sa tenue rouge faussement attribuée à Coca-Cola est de retour dans les statistiques.

Normal ; c’est de saison :)

http://le-bosse-fort.over-blog.com/2013/12/p%C3%A8re-no%C3%ABl-et-coca-cola.html  

 

  1. Encore le Père Noël.

Essai avorté sur le ‘mensonge’ perpétré par les parents qui font croire au Père Noël à leurs enfants.

Pourquoi avorté ? Parce qu’un Canard, c’est futé et que bien que mes enfants aient cru au Bonhomme, je ne leur ai jamais menti.

Recette sur http://le-bosse-fort.over-blog.com/article-pere-noel-pour-ou-contre-62801787.html

 

  1. Dylan de nouveau, mais cette fois-ci avec la célèbre pochette de Free Wheelin’ sur laquelle il a été photographié avec Suze Rotolo, image qui a été ‘relue’ dans le film Vanilla Sky.

56 visiteurs pour un 'post' mis en ligne il y a peu. Ils confirment de nouveau que Dylan est bien toujours dans la course.

http://le-bosse-fort.over-blog.com/2014/11/pochette-de-free-wheelin-bob-dylan-et-sa-relecture-dans-vanilla-sky-jeu-cherchez-les-erreurs.html  

 

  1. Intitulé codifié qui renvoie à http://le-bosse-fort.over-blog.com/2014/11/dylan-et-don-t-think-twice-it-s-all-right-me-suis-je-fait-rouler-dans-la-farine.html. J’ignore totalement -et m’en moque un peu ;)- à quoi correspond cet intitulé différent de celui, en clair, du § 6, mais vous comprendrez pourquoi j’ai ajouté 45 visiteurs à ce billet.

 

 

Voilà, les pitchounettes et pitchounets.

 

A++ et si vous avez des observations futées sur ces 'states', ne vous gênez pas je suis toutouille ou tout ouïe, comme vous préférez :)

 

 

Si la curiosité vous motive, voici les secondes statistiques annoncées.

Ne pas oublier de cliquer sur le graphique pour l'agrandir

Ne pas oublier de cliquer sur le graphique pour l'agrandir

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 05:16

 

 

Mise à jour du 16 novembre.

 

Désolé pour ceux qui sont passés sur cette page et qui ont lu le billet que j'avais mis en ligne le 11 novembre.

Je viens de le supprimer, car il contenait une gigantesque erreur... donc ne pas colporter ce que vous auriez pu y lire, et repasser sur cette page d'ici quelque temps.

Quand ?

Je l'ignore.

Il faut que je reprenne le texte, et cela risque d'être long. Je pars demain en Ardèche et puis, surtout, la neige arrive et j'ai les spatules qui me démangent :)

@++

 

 

Voilà, c'est fait - billet mis en ligne le 25 novembre 2014

(j'ai été rapide ; non :) !?)

.

C’est trop mignon ;)

 

Il n’y a que des femmes (bonjour les filles ! Ravi d’apprendre que Marie a eu un bébé ; bizs à toi et au bambin, courage au papa pour te supporter au quotidien :), quant à toi, Sophie, bonne chance pour tes projets professionnels, et bizs également)  pour avoir assez de sensibilité et relever que Bob Dylan avec son Don’t Think Twice it’s All Right est décidément trop vachard avec son ‘ex’, qu’il est incroyable que moi qui suis un ‘gentil’ (sic ; si, si ! :) puisse affirmer que c’est la plus belle chanson d’amour que je connaisse et que mon récent et éventuel revirement fait plaisir à constater. Et de s’amuser comme de petites folles de leurs observations.

 

Je reprends plus doucement pour ceux qui se seraient perdus en cours de route.

 

Dans un post déjà un peu ancien, ‘Bob Dylan et Carla Bruni (bis)’ –(1)-,  http://le-bosse-fort.over-blog.com/article-bob-dylan-et-carla-bruni-bis-39002303.html, j’avais tenté d’expliquer pourquoi cette chanson me semblait être l’une des plus belles (LA plus belle ?) chanson d’amour que je connaissais.

 

J’y vois et y entends plus encore les cris acerbes de l’amoureux largué comme une vieille chaussette trouée par sa copine réelle ou imaginaire (je vais y revenir) qui, désespéré, mal dans sa peau, avec des nœuds acides et brûlants dans un coin de l’estomac et dans son âme toute entière laisse ses paroles déborder sa pensée en lui lançant et en lui déversant tout et n’importe quoi, à commencer par des vacheries à répétition alors qu’il aurait tout simplement voulu lui crier un ‘je t’aime’ qu’elle ne veut plus entendre… puisqu’elle l’a quitté  même si, dans le texte, c’est lui qui dit partir, probablement dans un sursaut de vantardise imbécile et d’orgueil mal placé d’amoureux meurtri ... When your rooster crows at the break of dawn, Look out your window and I'll be gone, You're the reason I'm trav'lin' on… (en cas de problèmes tant au niveau de la connaissance du texte que de sa signification, vous pouvez bien évidemment vous connecter sur le site de Dylan  http://www.bobdylan.com/fr/node/26063 et, pour une traduction, donner un coup d’œil par exemple sur  http://www.bobdylan-fr.com/trad/dontthinktwice.html )

 

Dans son Bob Dylan, Dictionnaire, Jérôme Pintoux (Camion Blanc Ed., 2013) insiste pour juger sans rémission que ‘c’est une chanson de rupture des plus machos’ (p. 90, et autres répétitions probables –(2)-).

Machisme ?

Où ?

Ma foi, chacun son opinion, mais a priori , j’y vois plutôt une outrance verbale d’un rare cynisme provoquée par une souffrance qui se transforme en une méchanceté bien affutée, bien ciblée et non dépourvu d’humour pour frapper là où elle fera mal : I once loved a woman, a child I'm told, I give her my heart but she wanted my soul

Ouf ! C’est joliment tourné, mais il n’y va pas avec le dos de la cuillère le Bobby, même s’il est possible / probable que tout cela soit à prendre non au premier degré, mais au second et que l’expression parfois proche de la haine signifie en réalité, je me répète à dessein, reviens, je t’aime toujours.

 

A mes yeux, ce texte est beau dans le désespoir de l’amant délaissé qui, pour ne pas pleurer et étaler sans pudeur sa souffrance, préfère hurler comme un chat écorché vif (quelle horrible expression pour laquelle je préfère rester dans l’ignorance de l’origine exacte… surtout si elle correspond à ce que j’imagine !) une douleur parfois proche de la haine.

 

La haine ; l’amour et la haine ont ici ou là parfois des points communs et peuvent entraîner des passions romantiques (… ou pas !). Dylan n’est-il pas ici qu’une illustration de la célèbre phrase de Henri-Frédéric Amiel pauvre cœur, que d'illusions t'ont bercé, que d'espérances t'ont caressé, pour finir par la haine  (dans son Journal Intime à rallonge –plus de 16 000 pages !-) ?

Son texte me rappelle également un peu les rapports conflictuels d’Edevard Munch avec Tulla Larsen qui feront dire au peintre alors que, sauf erreur, il présentait une toile assez torturée (La Mort de Marat, me semble-t-il…), ce combat entre l’homme et la femme que l’on nomme l’amour (pas de références, je suis bien incapable de me souvenir où j’ai lu cela, mais la phrase m’est restée en mémoire sans déformation je l’espère).

Dylan métamorphosé en un Munch de la littérature, ma foi, de temps à autre, pourquoi pas… mais alors avec un désespoir qui n’est pas dépourvu d’humour noir et qui, en tout cas, a l’incommensurable mérite de ne pas vouloir faire rimer amour avec toujours. Il est vrai que ce n’est pas facile en anglais ; il n’y a que le français qui, m’a-t-on dit (je ne peux le vérifier n’ayant aucun don pour les langues), offre ce bien étrange privilège :).

 

D’ailleurs, il le lui dit ce je t’aime toujours, reviens. Mais, bien évidemment compte-tenu de la teneur générale du texte, il en profite pour glisser une nouvelle rosserie : Still I wish there was somethin’ you would do or say To try and make me change my mind and stay.

En prime, il imagine qu’elle l’appelle effectivement, qu’elle le supplie presque même, mais, nouvelle vacherie, c’est lui qui ne veut plus d’elle ; contradiction de l’amoureux qui souffre et ne sait plus exactement où il en est : It ain’t no use in callin’ out my name, gal Like you never did before It ain’t no use in callin’ out my name, gal I can’t hear you anymore.

Je pourrais poursuivre pudiquement et énigmatiquement en indiquant que, pour des raisons personnelles, cette chanson me toucha particulièrement. Mais du fait de mon grand âge (oui… j’en ajoute une couche, vous me connaissez, j’adore l’outrance ironique et/ou provocatrice :), le papy que je suis peut bien à présent livrer à la cantonade l’un de ses souvenirs sentimentaux (est-ce là une initiative qui laisse entendre une ‘papyisation’ de plus en plus galopante ? :(.

 

Don’t Think Twice me toucha d’autant plus qu’à l’époque où la chanson envahissait les ondes et le pseudo-diamant de mon Teppaz, qui n’en était d’ailleurs pas un, il était beaucoup plus perfectionné :)…

... ‘Elle’ avait de longs cheveux blonds soyeux et si doux à caresser ou à s’amuser à coiffer avec ces gigantesques peignes gags qui étaient alors à la mode…

… ‘Elle’ était jolie comme une fleur de mai (l’expression consacrée est plutôt ‘fleur d’avril’, mais je préfère mai ; il y fait plus chaud et il y est plus facile de cueillir un bouquet de 101 roses :)…

… ‘Elle’ était d’une vivacité d’esprit rare, pleine d’humour et, en matière de vannes, je n’avais strictement rien à lui apprendre, c’est même elle qui parfois me clouait le bec ; si ! si !! Et haut la main encore :) !

Elle devait avoir un peu plus de 18 ans, je venais tout juste d’en avoir 17 et ‘cela’ durait depuis environ un an.

Tendrement, nous nous sommes dit au revoir. Je partais pour un stage linguistique de plusieurs semaines à Oxford (toujours aussi snob ; hein ? :).

Situation significative, au fil des jours, la réception de ses lettres (le téléphone cellulaire n’existait pas encore) s’espaça et, lorsque je revins en France, ce dont je me doutais un peu (beaucoup ?) se confirma. Ce traitre de rooster avait chanté : elle m’avait trahi (3) et ne voulait même plus me voir pour quelques mots d’explication. De toute manière, à quoi bon. Elle m’avait trouvé un successeur qui était bien plus âgé que moi, et selon toute vraisemblance, beaucoup plus mur.

Tout était dit sans le moindre mot.

 

Hé oui ! Dans l’art de la drague je ne connaissais pas encore http://m.youtube.com/watch?v=XM_oUJAhKsI. Ne manquez pas d’aller voir ; c’est fabuleux ! :). Le célèbre piège à filles, le truc tabou de Jacques Dutronc est à côté de la roupie de sansonnet,  et je suis certain que si je lui avais présenté cette botte secrète pour la reconquérir, je l’aurais au moins fait rire.

Pour le reste, j’en doute.

Donc, finalement, point de regrets d’autant que la vie a mis sur ma route une compagne avec laquelle j’ai partagé amour et quotidien sans doute beaucoup plus original que ce que j’aurais connu avec ‘Elle’.

 

Au jeu des probabilités il est bien peu vraisemblable que tu passes par ces pages, mais si cela était, t’es-tu reconnue ?

 

Ainsi va la vie…

 

Fin du paragraphe souvenirs nostalgico-romantiques ‘papyèsques’ canardesques.

 

Transfert de ma situation sur celle exprimée par Dylan dans son Don’t think twice  ?

C’est évident, et est également une évidence que tout ceci me conduisit à chérir cette chanson, et sans doute plus encore, à l’idéaliser quitte à la déformer ici et là pour m’y retrouver. Oh ! Ce n’est pas d’une grande originalité, « lorsque nous lisons un texte, qu'il soit contemporain ou ancien, nous relions son sens à notre expérience, nous lui donnons une valeur hors de son contexte d'origine », note avec pertinence Antoine Compagnon (Le démon de la Théorie, Littérature et sens commun, Seuil, coll. La couleur des idées, 1998, réédité en 2014, Poche, Points Essais, pp. 88-89 de l’édition de 1998). Et ce n’est pas là un scoop. Ainsi, le grand helléniste que fut Moses Finley a souligné que, dans l’Antiquité, lorsque les bardes chantaient Homère, il y avait un phénomène d’identification de la part des auditeurs ; ils vivaient les aventures des héros mythiques ‘par procuration, écrit-il avec usage de cette jolie formule (la barbe,  pas de références sur ce coup ! Il faudrait que je farfouille dans ma bibliothèque pour les retrouver ; vous vous contenterez des souvenirs que me livre ma mémoire,  ce doit être dans Le Monde d’Ulysse, 1954, rééd. Paris, Le Seuil, « Points-Histoire », 2000).

 

Les années se sont écoulées.

Comme on ne renie pas ses classiques, j’ai continué à écouter épisodiquement Don’t Think Twice en mettant un peu plus chaque jour entre parenthèses, jusqu’à presque les oublier, les valeurs personnelles que je lui avais attribuées.

 

Puis est venue l’heure de la retraite, l’heure qui permet enfin de faire ce que l’on a pas eu le temps de réaliser avant.

 

C’est ainsi que, curiosité qui allait faire ressurgir une partie du passé, j’ai pris le temps de lire Le Temps des Possibles, Greenwich Village les années 1960, de Suze Rotolo (Naïve, 2009) –je vous rassure, j’ai parfois des lectures plus sérieuses, quoi que ! :)- et que j’ai également pris le temps de regarder Vanilla Sky puis de poser un billet sur ce blog où il est question tant de Suze Rotolo que du film de Cameron Crowe ainsi que de la célèbre photo de la pochette de l’album Free Wheelin’ Bob Dylan  http://le-bosse-fort.over-blog.com/2014/11/pochette-de-free-wheelin-bob-dylan-et-sa-relecture-dans-vanilla-sky-jeu-cherchez-les-erreurs.html.

 

A la note 4 de ce post j’observe que Suze Rotolo, bien qu’elle se souvienne avec émotion de la passion partagée qu’elle connut avec Bob Dylan, n’en est pas moins lucide et, à ce titre, ne manque pas d’être critique (en ajoute-t-elle un peu ?).

Ainsi, évoquant les rosseries qu’elle adresse à son ‘ex’, j’écris (navré de faire une autocitation, ce qui est un peu prétentieux, mais c’est le plus simple pour la compréhension de ce billet) : « je vous recommande les pp. 270 - 271 où elle lance (et même balance) : " Ce n'est pas parce qu'ils sont extraordinaires dans leur domaine de prédilection que les artistes que l'on admire sont forcément des êtres exemplaires. Ce qui appartient au public, c'est leur art, et rien d'autre" (observation tout à fait similaire à sa p. 262)... Et vlan ! Prends cette flèche pleine de fiel dans ton cœur d'infidèle, car cette pique a pour cadre le récit (très pudique) de sa rupture avec Dylan, un passage (attention ce qui suit est FAUX) qui fait un peu office de réponse à Don't think twice it's all right, ma chanson d'amour préférée... bien que je ne sache plus si elle l'est toujours depuis que j'ai lu Suze Rotolo :(. »

 

Et nous voici au cœur du problème : que vient faire Suze Rotolo dans cette affaire ? Qu’ai-je trouvé (en réalité, ai cru trouver, voir plus loin) dans son livre capable de me faire éventuellement changer d’avis ?

 

Avant de répondre, il me semble opportun de procéder à un  rappel, à vous particulièrement Mesdemoiselles… pardon, Madame et Mademoiselle mes ex-étudiantes (oui, je sais : administrativement, il n’y a plus de (Ma)-Demoiselle, mais je m’en moque, je ne suis pas l’administration :), car nous en  avions abondamment parlé en cours d’histoire de l’art.

 

Rappel de cours pour mes Miss et mes ex-élèves.

En simplifiant au maximum (suivre éventuellement avec le schéma ci-dessous), il est désormais traditionnel de considérer que lorsqu’un destinataire reçoit d’un destinateur un message grâce à un canal quel qu’il soit (peinture, parole du quotidien, traité de philosophie… et même ‘horreurs’ dylaniennes :), cela se fait avec la connaissance généralement incomplète (ben oui ! il faut être franc et réaliste !) du destinataire (et parfois même du destinateur) vis-à-vis du créateur du message et du contexte dans lequel il vit ou a vécu. De plus, cette réception se fait avec la sensibilité du destinataire  laquelle, en prime, peut varier selon son humeur et la vitesse du vent :). Cela correspond à un référent comportant un sens dénoté et un sens connoté, afin de déboucher sur une appréciation… disons, un code qui permettra un retour (feedback)

 

Un peu simpliste ma présentation diront probablement certains.

Certes, mais on s’en contentera et en resterons là.

 

Si le schéma ci-dessous que j’extraits d’un PowerPoint de l’un mes cours peut aider à la compréhension (voilà qui vous rajeunira, les filles :), je le livre bien volontiers ; il correspond à la schématisation de la théorie de Jakobson, une allusion à un vieux problème de sémantique et de sémiologie, plus particulièrement, de polysémie.

Dylan et Don’t Think Twice it’s All Right : me suis-je fait rouler dans la farine ?

Ce schéma permet de réaliser aisément (enfin je l’espère :) que face à un message il peut y avoir différentes perceptions et, s’il y a une pluralité de destinataires, les récepteurs sont susceptibles de ne pas tous entendre la même chose ; le sens connoté de chacun peut provoquer tellement de bruits que chaque destinataire est capable de se jouer sa symphonie ou son vacarme personnel :).

 

C’est là un problème que connaissent bien tous ceux qui usent beaucoup de la parole et Don’t Think Twice peut être entendu au premier ou au second degré. Les deux solutions coexistent ; c’est l’évidence. De ce fait une nouvelle interrogation s’impose : qu’a voulu dire Dylan ? Lors de sa création, l’auteur entendait-il son texte un premier ou au second degré ?

 

Comme  l’a noté Antoine Compagnon (loc.cit, pp. 88 - 89.) les œuvres d'art transcendent l'intention première de leurs auteurs et veulent dire quelque chose de nouveau à chaque époque. […] Si une œuvre peut continuer à avoir de l'intérêt et de la valeur pour les générations futures, alors son sens ne peut pas être arrêté par l'intention de l'auteur ni par le contexte originel.

 

Il y a plus de 50 ans que Dylan a écrit Don’t Think Twice. La chanson est toujours écouté non seulement par des mamys et papys qui ‘nostalgisent’ éventuellement en l’entendant, mais également par des jeunes, une partie des jeunes pour être plus exact, exactement comme il y a 50 ans où seule une partie de la jeunesse écoutait Dylan et l’entendait avec la même double perception, la même polysémie.

 

Dylan passera-t-il à une postérité plus, voire très lointaine ?

Qu’en sais-je ? Ladite postérité répondra vraisemblablement en fonction des critères dégagés par Antoine Compagnon.

Dans l’immédiat, je pense que certains de ses textes (comme certains de ceux de Léonard Cohen) résisteront au temps du fait qu’assez souvent guidé par le talent (le génie ?) son inspiration puise dans des mythes bien classiques et donc bien pérennes dans la littérature, musicale ou non ; idéal de justice, trahison, etc.

 

Jérôme Pintoux, avec pour entrée ‘Textes forts’ (loc.cit., p. 282), a tenté de sélectionner les poèmes dylaniens  qui lui semblent les plus puissants. Seront-ils ceux qui passeront à la postérité ? Possible, mais j’y ajouterais alors au moins le désormais classique, mais toujours aussi bien formulé (simplicité et efficacité apparente, ce qui ne signifie pas, comme chez Brassens par exemple, que cette simplicité n’a pas exigé un lent travail de réflexion lors de l’écriture) Blowin’in the Wind et, bien sûr, Don’t Think Twice… pris au premier ou au second degré. Toutefois comme prise au premier degré la chanson n’offre finalement que très peu d’intérêt, je suis quasi certain que ceux qui nous suivront entendront dans Don’t Think Twice la douleur d’un amant exprimée avec de puissants et remarquables appels notamment à l’hyperbole et l’antiphrase, autrement dit à un sens au second degré, faute de quoi la chanson tomberait dans le cul-de-basse-fosse des ruines du château en Espagne de la ‘zik’.

 

Mais qui a raison, qui a tort dans ce débat sur la divergence d’interprétation du message ?

 

Deux nouvelles pages de PowerPoint d’un ex-cours ; de ces pages qui vous faisaient sourire, les filles. Et je peux bien le dire à présent : si souvent mes montages étaient spontanés, il demeure que j’ai parfois dû me creuser un peu les méninges pour réaliser des enchaînements qui vous amuseraient et capteraient, peut-être, vos esprits vagabonds…

Dylan et Don’t Think Twice it’s All Right : me suis-je fait rouler dans la farine ?
Dylan et Don’t Think Twice it’s All Right : me suis-je fait rouler dans la farine ?

Notez en passant que le ‘qu’a voulu dire l’auteur ?’ n’est pas tout à fait de moi.

 

J’en avais piqué l’idée à Antoine Compagnon (loc.cit., p.15) qui semble sourire de ces questions le plus habituellement lancées par le prof. de français ou de philo (ce qui en aucun cas n’exclut à 100% le prof. d’histoire ! :) et qui ont hanté des générations de potaches. « Comment comprenez-vous ce passage ? Qu'est ce que l'auteur a voulu nous dire ?...». Et j’engage tous ceux qui n’étaient pas du tout, mais alors du tout et plus encore d’accord avec l’une des interprétations donnée par un enseignant à aller jeter un coup d’œil à ce qu’il explique.

Ils tiendront leur vengeance :), même s’ils ne peuvent plus l’exprimer devant l’enseignant en cause :( car il y a longtemps qu’ils ont quitté les bancs de l’école :).

 

Cela dit, quelle réponse à la question ?

 

Aujourd’hui de manière (quasi) unanime, il est traditionnel de proclamer haut et fort que c’est la signification qui prime, autrement dit ce qu’entend chaque lecteur / observateur (et auditeur, bien sûr) : chacun interprète selon sa propre perception de l’œuvre selon le sens dénoté et son sens connoté personnel… Retourner au premier schéma si besoin :).

 

Bien évidemment, la réponse de principe n’interdit en aucun cas de s’intéresser au sens, à la pensée du créateur, et les enseignants (et les chercheurs plus encore) peuvent donc, a bon droit, persister à poser la sempiternelle question à leurs élèves :).

 

Je puis donc la poser ici sans être un diplodocus passé par l’une Portes des Temps Oubliés : à qui et à quoi pensait Dylan en écrivant  Don’t Think Twice ; bref, qu’a voulu dire l’auteur ?

 

Réponse sans ambiguïté : aucune idée… bien qu’il y ait des indices, mais comme ils sont fragiles, laissons tomber.

 

Réponse pleine d’ambiguïtés : probablement (ce n’est donc pas une certitude !) à Suze Rotolo, son grand amour de jeunesse, non lors de leur rupture définitive (comme je l’ai écrit à tort dans la version 1 de ce billet qui a été en ligne sur Overblog du 11 au 16 octobre),  mais alors qu’il était resté seul dans son appartement de West 4th Street, ce qui n’exclut pas bien sûr des déplacements, notamment pour des concerts, et que Suze Rotolo était partie pour plusieurs mois faire des études en Italie.

Précision : en aucun cas ils n’étaient fâchés ; ils étaient simplement séparés par quelques milliers de kilomètres et s’écrivaient régulièrement (Suze Rotolo donne pudiquement quelques extraits de ces courriers dans son Temps des Possibles, pp. 175 et s. avec en illustration une enveloppe et une lettre de son Bobby chéri)

 

En effet, selon ce que l' « on » croit savoir, Don’t Think Twice it’s All Right fut écrit en 1962, alors que Suze Rotolo était à Pérouse. Dylan, pris sans doute d’un coup de cafard, sombra dans un moment de masochisme romantique et s’imagina qu’elle l’avait quitté… A moins qu’il n’ait totalement imaginé et la jeune-femme, et la rupture ; à âme de poète rien d’impossible.

A observer : les notations faites plus haut selon lesquelles la chanson était destinée à une ‘ex’ imaginaire ou réelle dissimule une réalité assez confuse.

La chanson peut avoir été destinée à une ‘ex’ réelle ou totalement imaginaire, il semble bon d’insister lourdement sur ce point, mais l’on peut, avec assez de vraisemblance, supposer qu’elle s’adressait à une jeune femme qui en aucun cas était une ‘ex’, puisqu’il devrait s’agir de Suze Rotolo. Mais alors, la situation de rupture, elle, est totalement imaginaire.

 

A ma connaissance (si quelqu’un a des ‘infos’, me les faire suivre, ce serait sympa), jamais personne n’a pu faire définitivement pencher la balance en faveur de l’une ou l’autre des solutions  (4).

 

Alors qu’elle était en Italie, Suze Rotolo (loc.cit., p. 177) fait part à ses lecteurs d’une lettre de Dylan dans laquelle il lui dit avoir écrit et enregistré six nouvelles chansons, et il lui précise « tu es dans deux ». Il mentionne Bob Dylan’s Blues et Down the Highway, là où il lance (voilà qui fera plaisir à celles qui pensent que Dylan n’est qu’une grosses brute sans cœur avec ses copines) « Hé vous les filles à deux ou trois balles qui n’avez rien dans la tête, j’ai une vraie nana que j’aime et que j’aimerais jusqu’à la mort, alors dégagez… » (observons en passant l’agressivité, voire l’humour agressif, comme dans Don’t Think Twice, me souffle mon ressenti, mieux : ma signification).

Puis, dans le même courrier, il lui indique qu’ ‘elle est’ également dans une autre I’m in te Mood for You.

Pas de chance, pas un mot sur Don’t Think Twice.

 

Demander la solution à Dylan ? On peut toujours rêver…

Dylan, le mystérieux, il faut d’abord réussir à l’approcher, puis il faut capturer son attention et, même si ces deux conditions sont remplies, selon toute probabilité il ne répondra pas ou lancera une vanne à la Courbet présentant L’Atelier du Peintre : donner des explications assez nébuleuses et terminer par un ‘devine qui pourra’ ! C’est un peu le sentiment qui se dégage de la présentation que fit Dylan de Don’t Think Twice. Il déclara en effet que c’était « une affirmation selon laquelle on peut peut-être se dire à soi-même de mieux se sentir [...] comme si on se parlait à soi-même ». http://fr.wikipedia.org/wiki/Don%27t_Think_Twice,_It%27s_All_Right. Bref : cette chanson serait une sorte de souffle libérateur de son humeur mausade, de son mal être affectif. C’est soit évident, soit confus, pour ne pas dire 'ésotérique', mais cela ne fait guère avancer le Schmilblic.

A moins que, sait-on jamais, jouant les papys-bavards  (il est né fin mai 1941, il a donc 73 ans), il raconte comment un jour un 'people' lui avait adressé un clin d’œil un peu ambigu, qu’il avait avait traduit en mots ce message et avait considéré « qu’il me l’ait dit ou non n’a pas d’importance. C’est ce j’ai cru comprendre qui compte […] », reprenant alors un souvenir rapporté dans ses Chroniques (Fayard 2005, p. 54).

Ce que j’ai cru comprendre : voilà qui ramène à la prééminence de la signification sur le sens. Dylan considère-t-il qu’il faut appliquer cette solution à ses textes ou se sent-il trahi si l’on applique le principe de la suprématie de la signification ?

A défaut d’une réponse certaine, il faut donc tenter une approche par des moyens détournés.

 

Don’t Think Twice  reposerait sur une ligne mélodique que Dylan aurait empruntée à Paul Clayton. Sauf erreur, il s’agit de Who's Gonna Buy You Ribbons (1960). Il y a sans doute une vague inspiration, mais la mélodie de Dylan est au final bien différente (pour comparaison, la chanson de Clayton se trouve sur http://www.youtube.com/watch?v=k6vxyTM3fO4 ).

Par contre, il est vrai qu’il y a des emprunts au texte du même Clayton, et les trois premiers vers ont un parfum de Bien-Connu. Jugez vous-même “It ain’t no use to sit and sigh now, darlin’ And it’ ain’t no use to sit and cry now, It ain’t no use to sit and wonder why, darlin…”

 

Dylan plagiaire ?

Non, ce ne serait jamais tout au plus qu’une relecture, une adaptation.

 

Si je rappelle cette probable influence de Clayton sur Dylan, c’est que mon imagination m’a toujours incité à me projeter en imaginatio-vision un Dylan tout triste, tout désemparé par l’absence de cette chose la plus érotique qu’il n’avait jamais vue, selon sa formulation qui a fait fortune pour qualifier Suze Rotolo (Chroniques, pp. 280 – 281) et, 100% en mal d’amour de la femme aimée, prendre sa guitare, commencer à jouer Who's Gonna Buy You Ribbons et de se dire mais !!… Mais ?? Et la musique passablement transformée et les paroles lui sont venues en tête sur la base de It ain’t no use to sit and wonder why non pas darlin’, mais babe.

 

Se la joua-t-il alors romantico-agressif avec humour ou romantico-nostalgique cherchant à faire pleurer lui et la jeune femme visée ?

Approuvait-il véritablement ce qu’il écrivait ou s’amusa-t-il avec les mots que lui amenait son vague à l’âme ?

Avait-il à l’esprit Suze Rotolo, une femme imaginaire, une ex-copine… ou que sais-je encore ?!

Bien malin qui pourra répondre.

 

Il demeure que, au cours des jours suivants, il dut interpréter son Don’t Think Twice à son entourage, alors que Suze Rotolo était toujours en Italie. Et cet entourage perçut son mal être car Don’t Think Twice est peut-être / assez probablement visée par ce que rapporte Suze Rotolo.

 

Lors de son retour d'Italie (pp. 191 - 192), elle apprend en effet par des amis communs combien Dylan avait souffert de son absence. « Accusateurs, ils me chantèrent des chansons qu'il avait écrites, qui parlait de sa peine de cœur, et d'autres ballades qui disaient la cruauté d'une femme aimée. Les insinuations malveillantes lancées à mon encontre via des chansons et des paroles par les folkeux du village me blessèrent ».

 

Sauf erreur, je ne vois que Don’t Think Twice qui puisse répondre à sa mention « d'autres ballades qui disait la cruauté d'une femme aimée ».

Il reste qu’elle parle de ‘balladeset que dans les enregistrements de l’époque je ne vois pas non plus d’autres chansons dans lesquelles il est question de la cruauté de la femme aimée. Si elle a noté un pluriel, c’est ou bien que ses souvenirs la trompent (avec simplicité et franchise elle envisage elle-même plusieurs fois cette possibilité dans son ouvrage) et qu’il n’y en avait qu’une, ou bien qu’il y en avait effectivement plusieurs dont certaines qui n’ont jamais été enregistrées. Dans cette dernière éventualité, il devient alors impossible d’identifier avec une relative certitude la présence de Don’t Think Twice dans les chansons qui lui firent mal. Mais si elle en faisait partie, cela laisse entendre qu’elle l’entendit au premier degré puisqu’elle fut blessée… Voilà qui vous satisfera, les filles :).

 

Compte-tenu de la fragilité des hypothèses, il paraît inutile de tenter d’aller plus loin.

 

Demander des explications à son ‘Bobby d’amour’ (je plaisante car je pense que Suze Rotolo n’était pas assez niaise pour nommer ainsi le Bobby en question) était pour elle momentanément impossible puisqu'il était alors en Angleterre et 'quand il fut de retour, écrit-elle, ... nous rattrapâmes le temps perdu".

Point fin, épisodes suivants suggérés et censurés :), Suze Rotolo n'en dit pas plus, et c'est bien dommage non pour les épisodes en question, mais pour les chansons d'un Dylan en mal d'amour.

Elle ajoute simplement (ibid.) qu'elle était très secrète et qu'elle ne sut pas trop comment gérer cette intrusion dans sa vie privée.

Puis elle passe à autre chose car, selon l’évidence, elle était  beaucoup plus intéressée par les nouvelles ‘chansons engagées’ de son chéri, comme Masters of War, que par Don’t Think Twice.

Peut-être lui avait-il ‘traduit’ les paroles en les mettant au second degré, et peut-être même au troisième si le texte inclut des allusions que seuls les deux tourtereaux pouvaient comprendre.

 

Quoi qu’il en soit, Dylan enregistra Don’t Think Twice le 14 novembre 1962 (http://en.wikipedia.org/wiki/Don%27t_Think_Twice,_It%27s_All_Right?oldid=155185582)  et Girl of the North Country, une autre relecture dans laquelle il faut peut-être/ probablement  identifier Suze Rotolo avec ses  « hair hangs long If it rolls and flows all down her breast », l’Italie devenant un lointain pays du nord, qui à l’image de son cœur, était perdu dans un froid glacial,  le 24 avril (http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Freewheelin%27_Bob_Dylan).

Et la photo de la pochette de l’album qui s’en suivit, Free Wheelin’ Bob Dylan, rendit hommage, cette fois-ci sans le moindre doute, à Suze Rotolo http://le-bosse-fort.over-blog.com/2014/11/pochette-de-free-wheelin-bob-dylan-et-sa-relecture-dans-vanilla-sky-jeu-cherchez-les-erreurs.html (5).

 

Ils restèrent ensemble jusqu’en 1964 (http://en.wikipedia.org/wiki/Suze_Rotolo). Il est toujours possible de se livrer à des pirouettes intellectuelles sans fin pour tenter de savoir si cette chanson imaginant une rupture en 1962 correspondra à une réalité de 1964, lorsque sonnera l’heure de leur vraie rupture, deux ans plus tard.

Mais comment le savoir et puis, quel intérêt… ?

Voilà, les filles…

 

Voilà, visiteur de passage sur ce blog.

 

Je ne me suis pas fait rouler dans la farine par Dylan ; je n’avais fait que l’envisager un instant, dans la note 4 de  http://le-bosse-fort.over-blog.com/2014/11/pochette-de-free-wheelin-bob-dylan-et-sa-relecture-dans-vanilla-sky-jeu-cherchez-les-erreurs.html alors que j’avais cru, à tort (d’où la disparition de la version 1 du présent billet), que Don’t Think Twice avait été écrit à la suite de sa rupture avec Suze Rotolo, ce qui donnait une toute autre dimension à la chanson du fait que Suze Rotolo fournit quelques éléments sur ladite rupture ; ces éléments  m’étaient apparus comme une sorte de réponse à Don’t Think Twice et Dylan, de même que sa chanson,  n’y apparaissaient alors pas toujours à leur avantage ! 

Je m’étais planté ; je n’ai en conséquence rien dit, rien écrit.

Il y a eu méprise de ma part car la vie des ‘pipeules’ me passe bien au-dessus de la tête et, sur ce coup, j’avais totalement zappé quelques notions élémentaires de la vie intime de Dylan, notamment au niveau de la chronologie.

 

 

Que répondre au final à mes deux ex-étudiantes, deux inséparables dans les amphis comme dans la vie, celles dont il est question dans l’ ‘intro’ de ce billet et qui explique son côté un peu hermétique ?

 

Leur répondre que "la façade d'un immeuble n'appartient pas à son propriétaire mais à celui qui la regarde", phrase qui est citée dans nombre d’ouvrages sur les arts pour signifier que l’observateur a toute latitude pour comprendre ce qu’il ressent face à une œuvre, sans se soucier de la pensée du créateur (6).

 

Après tout, lorsque je contemple une œuvre de Rembrandt, Monnet, Klimt ou Braque, je ne suis pas suivi par un camion de 30 tonnes transportant une bibliothèque (merci les Smartphones, ils sont quand même plus légers et maniables, mais le contenu de l’internet qu’ils véhiculent est-il complet, et les ‘bons’ ouvrages sont-ils accessibles ?) pour tenter de comprendre l’œuvre par le biais des motivations créatrices du peintre, et il est évident que, ici ou là, comme pour la chanson de Dylan, je me suis déjà extasié au-delà du raisonnable devant une toile, une sculpture, ce que je n’aurais peut-être pas fait si j’avais eu à l’esprit toutes les connaissances nécessaires pour juger en connaissance de cause, j’entends l’œuvre dans le contexte de sa création.

 

Mais ce type de jugement spontané, même s’il trahit la pensée créatrice de l’auteur, fait partie du jeu dans l’appréciation personnelle d’une œuvre d’art.

 

Qui me dira quelles étaient les pensées intimes du sculpteur de la Vénus de Milo, du créateur du buste de Néfertiti (surtout s’il s’agit d’un faux !) ou de Shakespeare écrivant Hamlet ?

Le premier choisit-il une coiffure en chignon retenue par un ruban car il rêvait de manger un œuf de Pâques en chocolat :), le second décida-t-il de lui donner des lèvres pulpeuses car il avait pour fantasme d’embrasser la jeune femme si le buste est authentique, ou d'embrasser les $ ramassés s’il est faux, et le troisième songeait-il au décès prématuré de son fils, Hamnet, en écrivant Hamlet ?

 

Et si cette réponse ne satisfait pas, il est toujours possible d’appliquer à la perception de Don’t Think Twice ce que disait sur les comportements pas toujours très cohérents de Dylan un autre des ses amours « j’ai été suffisamment intelligente pour comprendre que je ne le comprendrais jamais ».

Il s’agit de Joan Baez (Joan Baez dans ‘C à vous’ du 16/05/2014, La5 avec Anne-Sophie Lapix ; si besoin était, j’ai dans mes archives un enregistrement de l’émission car le replay encore en ligne http://www.france5.fr/emissions/c-a-vous/videos/dailymotion_x1vm0q7 ne comporte pas l’interview)

 

Bref, concernant Don’t Twink twice it’s All Right (et quelques autres textes d’ailleurs…), il est toujours possible de se répéter don’t think twice it’s all right… et d’en rester là, sans écouter la suite :).

Ne pas y penser car tout est bien ?

Cela rappelle un peu Voltaire et sa culture du Jardin de Joccupe-mon-esprit-pour-ne-pas-y-penser… Avec Dylan, il convient de cultiver le vide de l’esprit en se répétant que tout baigne.

 

 

En dernière analyse, il est à noter que j’ai attribué à Dylan une sorte d’humour, assez souvent noir et même black de ches Black.

Mes référents me le font ressentir dans plusieurs de ses chansons, dont, je l’ai dit plus haut, Don’t Think Twice.

A la réflexion, je me demande si ce n’est pas ma signification de plusieurs de ses textes car, en lisant ses Chroniques déjà citées, je n’ai vu que bien peu d’humour...

 

Vous savez quoi, les filles ? Je me demande si au niveau du sens, vous n’avez pas raison et si Dylan n’a pas écrit Don’t Think Twice en l’entendant au premier degré…

 

Ma foi, c’est comme vous le sentez ; c'est comme je le sens.

A chacun sa signification d'un texte.

 

 

P.S. Je profite de ces propos hésitants qui touchent la polysémie pour rappeler à mes vénérables ex-collègues (je sais que quelques-uns se promènent parfois sur ce blog) de faire très attention aux libellés des exercices qu’ils donnent à leurs malheureux élèves désorientés, car momentanément privés de leur préoccupation Number One : leur Smartphone :).

La polysémie, ou plus modestement ici la ‘bisémie’ :), bref le double sens possible d’un sujet proposé par un enseignant, est toujours possible et c’est généralement en corrigeant –et en constatant la multiplicité de ce qui apparaît au début comme des ‘hors sujet’- qu’on le réalise… lorsque l’on est pas trop borné (salut certains ex-collègues !!! :)

L’aventure m’est arrivée deux ou trois fois.

Je m’en suis sorti en pratiquant la solution la plus simple… et la plus formatrice : présenter la situation aux élèves et en profiter pour dire quelques mots sur la polysémie en question en l’introduisant par le biais des travaux de Ferdinand de Saussure.

Voilà un nom que les élèves n’oublieront pas de si tôt et, procédant du même niveau intellectuel que la lune qui n’est pas un satellite de la terre (si ! si ! après Nabilla et sa guerre mondiale de 78 – pour ceux qui auraient zappé http://www.youtube.com/watch?v=oHCz4ERTsO0 -, ne pas manquer ce tout dernier scoop bien caractéristique de la culture de ce premier quart de XXIème S. version génération Smartphone http://www.spi0n.com/ch-tis-w9-lune-satellite/), certains pourront demander si ce M. Chaussure est un parent de Mme ou M. ‘Sarenza(.com)’ (non ! non ! ce n'était pas de l'humour, si seulement cela avait été !...  et un enseignant n’invente pas des bulles aussi Hénaurmes, certains élèves particulièrement brillants s’en chargent pour eux ! = :) si vous avez de l’humour, autrement un très sérieux :( !!).

Hé ! C’est un fait établi : il faut toujours relier une connaissance nouvelle avec les acquis de son savoir.

 

(1) ‘bis’, car peu avant j’avais avant mis en ligne ‘Carla Bruni chante Bob Dylan, un scandale selon le Times’, http://le-bosse-fort.over-blog.com/article-34329936.html

 

(2) Je ne vais pas me transformer en critique littéraire, mais avant de l’acheter, j’avais pensé que ce Dictionnaire devait être un peu à l’œuvre de Dylan ce que le Brassens, poète érudit de Bertrand Redonnet http://le-bosse-fort.over-blog.com/article-georges-brassens-une-re-decouverte-par-un-gros-nul-119109651.html  est à celle de Georges Brassens. Déception. Ce Dictionnaire mérite d’être feuilleté au titre de la curiosité (non américano-anglophone, et même ‘dylanophone’ s’abstenir :), mais je suis grandement resté sur ma faim. De plus, il est bourré de répétitions (d’où la mention ‘p. 90, et autres répétitions probables’, car il est probable -je n'ai pas encore tout lu dans le détail- que l’auteur doit y revenir ici ou là ; exemple de répétitions ? Voir ‘Joconde’, p. 156, même texte sur près de 2 pages p. 258, et cette illustration est loin d’être la seule). De plus l’ouvrage est un peu fouillis du fait que les entrées du dictionnaire n’ont pas été, à mon sens, préalablement déterminées avec suffisamment de rigueur. On note également des oublis dont un qui m’a un tantinet chagriné. En France, lorsque l’on pense Dylan, une association avec Hugues Aufray s’impose instantanément ; il a largement contribué à faire connaître le poète américain dans notre pays, notamment en osant tenter des traductions –souvent avec Pierre Delanoë- dès 1965 (Aufray chante Dylan, http://www.huguesaufray.com/index.php/styles/33t/394-1965-barclay-80-289-s-33t ), tentative reconduite plus récemment avec Trans Dylan. On peut aimer ou sourire de New Yorker (2009 http://www.huguesaufray.com/index.php/styles/cd/321-2009-532-279-8-new-yorker-cd ), de son introduction, de certains des duos ainsi que du buste de Dylan que Hugues Aufray entreprend de sculpter dans un bloc d’argile sur la pochette du CD (assez reussi, non ?), mais le fait demeure : Dylan et Aufray sont intimement liés. Or, dans le Dictionnaire, se trouve une ‘entrée’ pour ‘Cabrel adapte Dylan’ (p. 64), mais aucune pour Hugues Aufray. Jérôme Pintoux évoque certes Aufray à plusieurs reprises dans son ouvrage, le plus souvent pour critiquer en bien ou en mal ses tentatives de traduction, tout en lui rendant hommage (ex. pp. 90-91), mais cette absence d’entrée à Hugues Aufray me 'chagrine' un peu malgré tout au nom de la réalité dylanienne dans notre pays.

 

(3) J’allais écrire ‘oublié’, mais j’ai préféré ‘trahi’ car cela me permet d’observer que je me suis toujours demandé si, en faisant chanter un coq au lever du jour (When the rooster crows at the break of dawn…), Dylan, dont les textes pullulent de références bibliques, entendait faire une allusion à Pierre et à sa trahison avant que le coq n’ait chanté (pour les nuls du niveau de nombreux candidats de Money Drop, v. par ex. l’Evangile de Matthieu, 26. 69). Ce qui m’ennuie un peu dans cette interprétation est que dans ce cas Dylan s’assimile à Jésus… Oui ! Pourquoi pas… Serait-ce une bulle entre la destinataire de la chanson et lui dont il nous manquerait les ‘clés’ pour la comprendre ?

 

(4) Comment savoir en effet ! Free Wheelin’ Bob Dylan  contient différents titres en rapport avec l’amour et les pistes sont bien brouillées. Ainsi en reprenant Corrina, Corrina entend-il s’adresser à une ‘ex’, à une copine imaginaire, à Suze Rotolo… à moins encore qu’à défaut de sa chose la plus érotique non disponible pour cause de séjour en Italie, il avait trouvé un ersatz ainsi prénommé pour s’occuper… à moins encore qu’il ne lui ait manqué un titre pour boucler l’album !

 

(5) Désolé ! Dans le billet http://le-bosse-fort.over-blog.com/article-bob-dylan-et-carla-bruni-bis-39002303.html  (j’y ai ajouté une correction) j’avais noté qu’elle avait été écrite à l’occasion de sa rupture avec Joan Baez. Confusion inadmissible ? Tout à fait, et en prime, c’est une évidence compte tenu de la chronologie des amours dylaniens (et ‘joan-baeziens’). Mais je dois avouer que je n’ai jamais été intéressé par les histoires de cœur et d’ 'ailleurs' des ‘people’, d’où ma confusion. Reprenons pour ceux qui sont dans mon cas : la jeune femme qui s’accroche au bras de Dylan sur la photo de la pochette de Free Weelin’ Bob Dylan. Quand à celle contre laquelle se déchaîna Dylan dans Don’t Think Twice it’s All Right poursuivre ou reprendre la lecture de ce billet :).

 

(6) J’avais toujours lu que cette phrase était attribuée à un critique artistique dont, curiosité, le nom n’était jamais précisé. Si j’en crois mon bon copain Mister Google, il s’agirait en réalité d’un proverbe chinois. http://cyberdilou.canalblog.com/archives/2010/10/08/19278181.html  ; http://lacoumette.over-blog.fr/article-la-fa-ade-d-une-maison-n-appartient-pas-a-son-proprietaire-mais-a-celui-qui-la-regarde-50520944.html . J’ignore ce qu’il faut en penser ; un critique artistique, a-t-il un jour repris ce supposé proverbe ?

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